23.04.2012

Je voterai Hollande comme j’ai voté Chirac en 2002

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Sans état d’âme, sans concession, sans adhésion.

Sans état d’âme, l’objectif prioritaire est clair : virer Sarkozy.

Sans concession : je ne demande rien au PS, en contre partie il n’aura QUE ma voix le 6 mai, rien ensuite.

Sans adhésion : cf les 2 premiers points. Que le PS ne vienne pas se glorifier d’avoir fait l’union, si il gagne (ce qui reste à faire) il n’aura réussi que par l’union des opposants, pas sur son projet.

Un projet qui ne se démarque pas de celui de Sarkozy, qui lui ressemble trop, en plus soft, mais sur le fond pas de différence entre les deux : oui à l’austérité, oui à l’europe libérale, oui aux sacrifices.

Ceci explique en bonne partie un vote de rejet porté sur le front national, un vote sans conscience, un bras d’honneur au système.

Ce bras d’honneur, il aurait pu  être porté par le Front de Gauche, nous avons le programme pour : pour une europe sociale, libérée du marché, pour une résistance aux banquiers, aux lobbys de toutes sortes. Mais cette résistance a eu le malheur de déplaire aux éditocrates en place, qui ont consacré plus d’énergie à dézinguer notre programme et son candidat, que le Front national.

Comme cette Une de Libération qui titrait « le danger d’un 21 avril », sans plus d’arguments. Combien d’articles, de photos, d’interviews d’experts contre Mélenchon et « l’Humain d’abord »? Les experts, contre le Front National, ils ont fait profil bas.

Mais cette campagne nous aura permis de prendre nos repères.

Sur nos capacités de mobilisation. Les meetings de La Bastille, Toulouse, Marseille, et tous les autres, ont bel et bien existé.

 Les 11 % qui se sont portés sur le candidat FDG l’ont fait de manière consciente, éclairée, durable. Sur ces 11 %, on pourra construire.

A contrario, et quoiqu’on pense de leur geste, les 18 % du Front National sont éphémères, volatiles, un vote protestataire dont on ne sait pas s’il se prolongera aux législatives, aux municipales, etc…

Sur le rôle de la presse : ils ont sorti l’artillerie lourde. Leur positionnement est apparu clairement à tous ceux qui nous suivaient, nous devrons en tirer les leçons, non pas pour entrer dans leur jeu, mais pour les contrer. Dans la logique d’éducation populaire qui a fait l’originalité de cette campagne, il est temps l’aller plus loin et de porter à la connaissance du plus grand nombre le travail des chiens de garde, les collusions et les non-conflits d’intérêt entre la presse, le pouvoir politique en place et la finance.

Alors oui, je voterai Hollande, comme j'ai voté Chirac, parce que je suis un citoyen de gauche, fermement. Ce n'est ni un ralliement, ni un calcul, juste la volonté d'en finir avec cinq années horribles, mais avec le sentiment que les cinq années à venir vont nous demander de redoubler d'énergie militante. Et parcequ'on vise plus loin que cette péripetie présente.

A la fin, c'est nous qu'on va gagner!

 

15.04.2012

Un "hurluberlu" au meeting de Marseille.

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"Hurluberlu" et autres épithètes joyeuses, c'est ainsi que la presse bien pensante ( une grosse majorité) désigne ceux qui participent aux meetings du Front de Gauche. Moi, je dis participe, pas assistent. Bien sûr nos portes paroles officiels dénoncent ces appellations, il me semble utile de livrer le témoignage d'un de ces anonymes venus témoigner par leur présence de leur participation.

Marseille, gare Saint Charles, 12h40.

A la sortie de la gare, on échange quelques mots, des sourires complices avec les autres voyageurs, discrètement badgés Front de Gauche, porteurs de drapeaux, de pancartes. Je rejoins ma fille, 23 ans, et son copain, même age. Elle est en CDD, il termine ses études en informatique. Ils ne sont pas là par tradition familiale, parce que je suis au Parti de Gauche, mais après de longues discussions, des questions auxquelles je ne savais pas répondre de prime abord. C'est avec eux que j'ai découvert nos positions sur ACTA, dont j'ignorais jusqu'à l'existence, c'est un échange de Mélenchon sur le monde de l'Internet qui a emporté leur décision, et sûrement d'autres élèments qu'ils ont longuement soupesés. Et qu'ils continuent d'analyser. Chaque prise de position nouvellement mise en lumière est interrogée, commentée, étudiée. Bref, des électeurs exigeants.

Il fait doux, on a le temps. Le temps d'un couscous à côté de la Canebière, une bonne adresse que mes jeunes ont pris d'une ... allemande qui a vécu à Marseille. Effectivement, le coucous est bon, la viande garantie hallal, mais ça n'a aucune importance. Et le prix des plus raisonnables.

Canebière, 14 heures.

Il fait toujours doux, on a toujours le temps, on décide de s'offrir le voyage à pied, par la corniche. Au vieux port, on pique à gauche, puis à droite, le bourguignon que je suis s'en prend plein les narines de senteurs, on apprécie la balade, même si la marche est un peu soutenue ( 5/6 kilomètres à avaler, en un peu plus d'une heure). La mer s'agite un peu, le vent est plutôt calme, on se fait une balade en famille en appréciant le moment présent. Bref, on est bien.

Secteur du Prado, vers 15h15.

On est "sur zone", police (discrète), affiches, autocollants, drapeaux, barrières. On ne situe pas encore l'espace du meeting, des gens affluent, toujours tranquillement. Détour obligé par le monument à la mémoire de Rimbaud. Je m'étonne, mais mon aficionados de fille me rappelle à l'ordre :  IL est mort à Marseille". Oups, désolé, je ne maîtrise pas la biographie du poête ardennais.

Le drapeau qu'on a récupéré claque tout seul au vent, il faut bien le tenir.

Puis on repère la scène, les écrans géants, la sono. On arrive par la plage, les gens ne sont pas tassés, ils profitent eux aussi du temps clément, ça discute tranquillement en attendant les orateurs. On passe la barrière symbolique qui définit la zone du rassemblement, on arrive sur l'herbe. une famille termine son pique nique, couverture à terre, les enfants somnolent. Tout le monde leur laisse une place suffisante, respecte leur espace. Pas de bousculade, d'entassement. ils remballeront tranquillement quand Clémentine Autain apparaitra sur scène.

Le Prado, 15h30.

Clémentine est lancée, on écoute, mais on apprécie aussi l'ambiance, le lieu de réunion. Etude comparée de la Bastille et du Prado. La Bastille, pavés, humidité, ici herbe, soleil, vent marin. Mais le son porte moins bien, pas d'immeubles pour renvoyer les slogans, l'espace ouvert rend plus difficile l'estimation du nombre. Mais on est moins tassés. Avantage Marseille!

Mélenchon, 16 heures passées.

Pierre Laurent a été très bien. Pendant que les deux premiers orateurs prenaient la parole, le nombre s'est accru, on s'est un peu reserrés, mais ça reste très confortable, Je peux sans problème m'accroupir pour soulager ma sciatique ( on devient vieux dès 50 ans!). Derrière nous, une autre famille, deux enfants avec leurs vélos retournés, ils ne sont pas compressés. A ma droite, un jeune couple, il faut juste que je fasse attention quand je baisse mon drapeau : avec le vent, il claque bien, mais j'évite de décoiffer la demoiselle quand je le descends. Une technique à prendre, pour simplement respecter l'autre.

L'écoute est attentive, mais critique. Quand Mélenchon s'envole un peu trop, des commentaires se font sur le ton gaullien qui surgit tout à coup. On comprend très vite qu'il est parti pour un discours d'une heure:  "il" a compris qu'on est bien installés, alors "il" en profite. Mais on ne va pas bouder ce plaisir.

Les réactions sont codifiées et spontanées.

Codifiées : "résistance", on applaudit, on lève les drapeaux aux passages clés. Ralliement aux luttes ouvrière, la foule se lance dans un "tous ensemble" qui a du mal à se synchroniser. Fichu problème de son qu'on n'avait pas à la Bastille ( au contraire, on avait des probèmes d'écho).

Spontanées : la citation d'Homère, le retour sur la mythologie grecque, ça bruisse doucement de satisfaction. Nous savons que nous avons aussi droit à notre quart d'heure d'éducation populaire ( et donc que ça va être plus long qu'à Paris).

Quand il évoque la révolution espagnole, "El pueblo, unido, jamas sera vincido", part de notre gauche (normal) se propage à travers la foule. Alors qu'autour de nous on se tait, pour écouter la suite, on entend le slogan qui continue d'être repris de l'autre côté.

L'auditoire n'est pas figé, ébloui par l'orateur. Par petits groupes, ça commente, ça réagit. Lors du passage sur les " arabes et les berbères", on se lâche. " La Marine, elle va pas aimer". Sourires amusés autour de nous.

Quand les youyous démarrent, je suis étonné par ma fille, une 50 % polak, qui maîtrise l'exercice. On est au delà du métissage, c'est le brassage total.

Boulevard du Prado, 18 heures.

La manif, annulée, semble commencer. Les gens quittent le meeting, regonflés mais calmement, qui pour regagner son bus, qui pour rejoindre le métro, la gare. Nous découvront le long stationnement des bus ( il y en aurait 200 selon les organisateurs) et pendant plus d'une demi heure, nous remontons cette file. Toujours la présence discrète de la police qui assure la circulation. Les fonctionnaires ont l'air détendus, plus qu'habituellement lors des manifs syndicales. Lorsqu'un premier bus commence à sortir, et remonte le cortège, les gens s'auto disciplinent, s'écartent pour le laisser passer.

Un groupe de niçois s'en prend à Estrosi avec force slogans, on entend chanter "El pueblo, unido...", "Bella ciao".

 A mesure que nous avançons, la foule s'éclaircit, nous rejoignons la gare par les boulevards, dernier coup d'oeil sur Marseille la bigarrée, et retour  tranquille sur la Bourgogne. A la faveur d'un retard important ( j'apprendrais plus tard que c'est dû à un incident avec un train privé...) dernières discussions avec ceux qui étaient au Prado.

Voilà, le récit d'un "huruberlu", un "va de la gueule" que la presse se plait à décrire.

Le texte de Ferrat cité par Jean-Luc colle assez bien à l'ambiance de la journée que j'ai vécue ce samedi, texte plutôt méconu que j'ai découvert ce samedi.

01.04.2012

Présidentielles : les politocrates trouvent la campagne morose, nous non!

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C'est une serie d'articles du Monde qui donne le ton ( et ) : on s'ennuie dans cette campagne selon les politocrates. Cette caste auto proclamée reine de l'analyse objective et deséthérée, regrette "une campagne qui ne tient pas ses promesses" , ou " Quand on la regarde (la campagne), on ne sait pas comment la saisir".

C'est vrai que si ils voulaient du sang, de la sécurité à la une, ils ont été bien déçus. L'affaire de Toulouse a fait un flop magistral, le thème sécuritaire, malgré les efforts notables de Sarkozy et le Pen, n'a pas pris.

Difficile aussi de mettre en avant les différences entre les deux favoris des médias : rigueur de droite contre rigueur de gauche, c'est compliqué à expliquer.

Parce que ce qui reste le point d'intérêt central des français, c'est le chômage, la crise, et tout ce qui va avec.

Côté communication, c'est plutôt terne, des affiches de campagne propres sur elles, de quoi rassurer le bourgeois et le financier.

Et pourtant tout le monde ne partage pas cette morosité. Côté Front de Gauche, c'est plutôt la grosse bonne ambiance, festive, conviviale, et  tout le toutime.

Grisés par les sondages, diront les grincheux. En partie oui, parce que les sondagiers sont obligés de reconnaitre la poussée du programme porté par Mélenchon, mais ça a commencé bien avant.

C'est une effervescence qui est montée continuellement, de meetings remplis en vidéos militantes, d'assemblées citoyennes en actions de rue....L'imagination s'est mise au service de la campagne.

Mais les politocrates ne sont pas dans ces endroits là, il s'en tiennent à leurs articles écrits en boucle, se commentant les uns les autres, découvrant attérés des sondages, LEURS sondages, qui ne collent pas avec leur réalité virtuelle.

Quant à ce qui ce passe dans le vrai monde...faudrait-il déjà qu'ils aient conscience que ce monde existe, celui de la caissière de supermarché, du smicard, du salarié qu'il soit ouvrier, maîtrise ou cadre.

La morosité existe, elle est dans le camp des deux poids lourds promotionnés par les médias, l'UMP et le PS.

L'UMP sent bien que son candidat aura du mal à repasser ( et c'est tant mieux).

Le PS s'appuie sur des cabinets d'experts pour piloter sa campagne : stages de formation des militants au porte à porte ( un mois avant le scrutin...) stand up de personnalités...un marketing sans âme, qui ne s'appuie sur aucune force militante, sur aucun dynamisme populaire.

Pour être concret, je vous propose de comparer deux types d'action, cherchez la joie et l'enthousiasme, vous aurez compris.


Stand-up d'Arnaud Montebourg à Cachan par PartiSocialiste

par Mélenchantons!

30.03.2012

Pour contrer le Front de Gauche, Hollande sort ses marionnettes "de plus à gauche".

 guignol1.jpg   Avec des pronostics à 14 % pour la gauche radicale, le staff politique de François Hollande se dit qu'il faut faire quelque chose. Pas question de modifier un discours qu'ils ont eu du mal à construire (rassurer les marchés et conserver une apparence socialiste), ni de répondre à l'offre de débat faite par Jean-Luc Mélenchon depuis plusieurs mois.

Alors on met en avant les cautions morales de la gauche du parti. La chose est simple : on les fait parler en début de meeting, intervenir dans quelques médias, balancer quelques grandes phrases qui n'engagent pas le candidat, et le tour serait joué.

C'est d'abord à Montebourg de s'y coller. Ainsi à Nice, il a chauffé la salle, proposant, audace suprême, de "réarmer la République". Et notre député " aux souliers crottés" (c'était son appellation fétiche il y a quelques années) de qualifier son chef de file de "candidat étincelant". Le soleil de la côte d'Azur a dû l'éblouir, lui qui est plus habitué aux brumes bressannes : on peut attribuer certaines vertus à François Hollande, sûrment pas celle d'éblouir.

Accessoirement le tribun de service a oublié qu'il proposait lui même, il y a peu, de passer à la 6ème République, tout comme le demandaient les 120 000 personnes réunies à la Bastille le 18 mars. Proposition perdues dans les couloirs de Solférino, semble-t-il.

Puis vient le tour d'Henri Emmanuelli, autre figure de proue de la gauche du PS. A Mont de Marsan (Emmanuelli est chez lui), il en appelle au "rassemblement de toutes les gauches". Ça de mange pas de pain, mais c'est un peu court.

Dans les deux cas, l'impétrant socialiste fait ensuite un discours terne, sans autre ambition que d'être le premier au soir du 22 avril. Il semblerait que les français aient d'autres attentes, mais si on devait écouter le peuple....

Quand le Monde l'interroge sur la percée de Jean-Luc Mélenchon, il se garde bien de répondre  quoi que ce soit, acte de la colère du peuple, et enchaine sur des phrases creuses :" ma responsabilité, c'est de gagner l'élection, et réussir à changer la politique de la France, et donner une autre direction à l'Europe".       

Faudra ce contenter de ça, on peut y mettre ensuite ce qu'on veut en terme de contenu politique.

Il lui reste encore à sortir du placard Benoit Hamon, sagement rangé derrière le micro de porte parole du Parti (pas du candidat), et la bouillonnante Marie-Noëlle Lienemann, mais elle est plutôt incontrôlable, et son appel a durcir la campagne du futur vainqueur auto déclaré ne semble pas avoir été entendu par les caciques du parti.

Autant dire que ces marionnettes n'attirent pas le populo qui assiste avec amusement au numéro de Grand Guignol qu'on lui sert. Pas de problèmes pour donner des coups de bâton au méchant de service, mais pas question pour autant d'avaler la bouillie insipide qu'on pretend lui servir.

Et après on va s'interroger sur le fait que sa campagne n'a pas de dynamique...Etonnant, non?

Pour finir, la chanson de campagne du Front de Gauche, celle qui nous donne le "la" :



28.03.2012

Autun (71) un dissident PS en manque d'arguments

autun


Alors forcement, c'est la faute à Mélenchon et au Front de Gauche.

Rémy Rebeyrotte, candidat dissident du PS, fait flèche de tout bois, mais surtout du bois mort.

Dans un communiqué, il donne quelques arguments pour le moins spécieux pour appeler au vote "utile" au premier tour des présidentielles :

Premier argument : attention au 21 avril bis....

Faut lire les sondages, camarade, le danger s'éloigne.

Second argument : pour s'en sortir, Sarkozy n'a qu'une solution, faire monter Mélenchon...

a) : pourquoi cette stratégie, si on risque un 21 avril?

b) faut surtout pas prendre les électeurs du Front de Gauche pour des canards sauvages : la "montée", on se la fait nous même, pas besoin de Sarkozy et des ses valets..

Pour se diviser, les socialistes n'ont besoin de personne, pour preuve cette circonscription d'Autun où ils sont deux à viser le siège.

Quand il dit par ailleurs : "C’est d’autant plus facile que les thèses d’Arnaud Montebourg et de son mouvement Rose-Réséda ont promu et banalisé parmi nous les idées des extrêmes de toute nature." comment faut-il l'interpréter?

- Montebourg dit n'importe quoi ( les extrèmes, c'est plutôt mal vu au PS) ou

- " notre sauveur local (Rebeyrotte est vice président de Montebourg au Conseil Général) a trouvé la solution géniale, en créant la semaine dernière (ou presque) un super nouveau génial mouvement embryonnaire qui absorbera les thématiques du Front de Gauche?

Et puis " les extrêmes de tout nature"...je serais Montebourg, ça me vexerais ( mais je ne suis pas Montebourg)!

Cerise sur le gâteau, il conclut en baptisant François Hollande " candidat du rassemblement de la gauche", alors que ce dernier et ses proches ( Chahuzac en tête) affirment qu'il n'y a rien a discuter entre les deux tours.

On a vu des argumentaires mal ficelés, Rémy Rebeyrotte vise un podium dans cette catégorie.

25.10.2011

Parti socialiste de Saône et Loire : ça sent le rififi (encore).

tours_11_18713x1.jpg  Ambiance pré législatives dans le département du chevalier blanc de la gauche, Arnaud Montebourg. Mettons quelques élèments bout à bout.

Épisode 4 : le canard local fait le point sur les futures législatives.Le dauphin de notre Don Quichotte bourguignon "pourrait" être en concurrence avec la dauphine du strauss-kahnien/hollandiste local, Christophe Sirugue, ci devant député maire de Chalon/Saône. On pressent sa première adjointe pour viser la place.

Episode 5 : le même canard fait état, très courtoisement,  d'une occupation par la dite adjointe d'un logement HLM. L'article est soft, les commentaires, nombreux par rapport à l'habitude, le sont beaucoup moins.

Episode 6 : la dame quitte son logement HLM.  Est entré en jeu le président de l'Opac, vice-président du conseil général, plus proche de Arnaud que la dame, encore que pas du premier cercle ( il faut rajouter un fabiusien dans ce tableau, c'est compliqué). Ce gentil garçon a diligenté deux enquêtes, pas moins, interne et externe, pour "y voir plus clair". A l'instar de Montebourg qui s'est "fait" Frêche et Guérini, il y avait un petit gibier à coincer, il n'y a pas de petit profit.

Pendant ce temps, silence étourdissant de la droite chalonnaise, qui participe au concours de la droite la plus bête du monde, en général, et  qui là ne semble avoir rien vu venir. On se demande alors qui a bien pu prévenir un journal qui ne brille guère pour ses qualités d'investigation en général.

Alors moi, je dis ça, je dis rien, mais suivez mon regard....ça commence à dézinguer sévère chez les socialos du rénovateur en chef. Bien sûr, Lui n'est au courant de rien, et ça risque d'être vrai. Des sous lieutenants, des caporaux chefs du courant majoritaire dans cette fédération sont aux manettes.

Comme pour la guerre des étoiles, je vous ai numéroté les épisodes à partir de 4, les 3 premiers, on les connaîtra (peut-être) plus tard. Pour la préhistoire de cette saga, voir mes billets antérieurs sur ce blog, l'ambiance est déjà posée.

Sur le fait qu'elle occupe un logement HLM, ce n'est pas le problème de fond: c'est vrai qu'il y a beaucoup de F4 libres, mais ça, c'est aux responsables de l'Opac qu'il faut en faire le reproche ( dont le gentil garçon cité plus haut). La dame étant vice présidente, elle peut en assumer une part de la responsabilité politique.

Et pour que ce soit clair : je connais bien "la dame", pour l'avoir vue grimper les échelons politiques, depuis ses premières armes associatives, jusqu'à la mairie de Chalon. On s'entend si bien qu'elle m'a supprimé de ses amis face book...même pas mal. Mais quand je sens un coup fourré, j'aime bien le signaler, et là, à mon avis, elle est dans le collimateur, sévère. Alors pas d'apitoiement, juste un sourire ironique sur l'ambiance au sein du parti majoritaire sur le département (et la région). Il fait bon vivre en Bourgogne, si tu ne fais pas de politique.

Illustration : destruction d'une tour dans le quartier des Prés Saint Jean à Chalon.

31.08.2011

L’agence de notation Fitch n’aime ni les syndicats, ni la contestation populaire.

   crise de la dette, strauss-kahn,agence de notation, fitchSuite à un article du Nouvelobs, qui annonce sans surprise que l’agence Fitch soutient le plan d’austérité, j’ai eu l’idée saugrenue d’aller faire un tour sur le site de la dite agence.

Après avoir constaté qu’elle note plusieurs instances publiques : régions, poste, SNCF, on s’interroge alors sur sa méthodologie.

Laissons de coté le jargon technico-financier, pour s’attarder sur des élèments de notation qui touchent à la démocratie et à l’expression des salariés.

Ses critères sont simples : moins les salariés peuvent s’exprimer et se défendre, moins le peuple peut dire son mot sur les affaires qui le concerne, meilleure est la note.

Fitch étudie l’évolution des dépenses ainsi que la capacité de l’émetteur à procéder à des ajustements lors du processus budgétaire annuel et durant l’exercice fiscal. La stabilité attendue de chaque grand poste de dépenses est également prise en compte. Par exemple, un émetteur dont la structure de coûts est essentiellement fixe ou dont les employés sont fortement syndicalisés aura généralement plus de mal à tailler dans ses dépenses qu’un émetteur qui a peu de dépenses fixes ou une main d’oeuvre plus flexible. Par ailleurs, dans certains pays, les fonctionnaires bénéficient d’un statut protégé qui prive l’émetteur de la capacitéà réduire ses effectifs en vue de diminuer ses charges de fonctionnement.

L’analyse porte également sur les tensions possibles en matière de financement, notamment les litiges en cours. La capacité (y compris par délégation) à mettre en oeuvre rapidement, à l’échelon central, des réductions de  dépenses pour maintenir l’équilibre est un facteur positif pour la notation

Donc : pas de syndicats, un minimum de fonctionnaires. Quant aux syndicats de fonctionnaires, ça doit être l’abomination suprême !

Plus loin :

Tout signe de mécontentement des contribuables à l’égard du niveau de l’impôt ou des services publics est un facteur négatif pour la notation dans la mesure où la capacité de l’émetteur à s’atteler efficacement à la réduction des déficits budgétaires s’en trouve diminuée. La capacité des électeurs à organiser des consultations publiques ou des tentatives législatives visant à limiter la capacité juridique du gouvernement à augmenter les recettes constituent un cadre défavorable à cet égard, en particulier dans les pays facilitant les consultations électorales. De même, un climat social tendu peut limiter les choix budgétaires.

Relisez ça lentement, en respirant bien ! Vous avez une idée de la conception de la démocratie selon Fitch ( et je pense qu’on peut généraliser à toutes les agences de notation).

Moins on demande leur avis aux électeurs, mieux on se porte !

C’est devant cette philosophie que le gouvernement Sarkozy se couche ( là, pas de surprise) mais aussi pour plaire à ces officines que la majorité des socialistes veut revenir à 3% de déficit public !

On comprend que le bon docteur Strauss-Kahn ait ses nostalgiques au parti qui ose encore se réclamer de Jaurès.

Lequel écrivait :

« Il a surgi dans ce pays des institutions financières et capitalistes qui se sont emparées des chemins de fer, de la banque, des grandes entreprises… Je dis qu’au moment où on fait une constatation semblable, qu’au moment où l’on voit qu’un État nouveau, l’État financier, a surgi dans l’État démocratique, avec sa puissance à lui, ses ressorts à lui, ses organes à lui, ses fonds secrets à lui, c’est une contradiction lamentable que de ne pas entreprendre la lutte contre cette puissance qui détient les chemins de fer, les banques, toutes les grandes entreprises. »

Chambre des députés, 8 février 1893