29.11.2009

6 mois après

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Étonnant, mon dernier billet date du 5 juillet, mais la fréquentation de ce blog est en hausse.

D'août à novembre, visiteurs uniques : 192, 178, 198, 231.

Visites mensuelles : 809, 973, 1374, 1488.

Je  ne cherche pas à comprendre, le web à ses raisons que la raison ignore.

5 mois sans rien écrire ici, parce que je "poste" plus, ( ici pour ceux qui n'ont pas l'adresse), que je facebouque un peu ( j'ai testé : si on y est, c'est bien, si on n'y est pas, pas grave...).

5 mois pour me désintoxiquer du PS 71, et prendre un recul astronomique : je compte en années lumières. Autant dire que je n'ai plus aucun ressentiment à l'égard de ce microcosme égomorphique, juste un regard amusé sur les scories médiatiques nationales, voire locales, des luttes intestines que se livrent les caciques, barons et seconds couteaux du parti social démocrate, pour le seul enjeu qui en vaille la peine à leurs yeux : la lutte des places.

L'avant pré-campagne a compté son lot de morts au combats, d'expulsés manu militari des listes de postulants, de coups tordus et musclés. Car bien sûr j'ai encore quelques antennes à l'intérieur, mais de moins en moins. Tout ce que le PS 71 comptait de rénovateurs, de militants très à gauche, est mis à l'écart, stigmatisé. D'où des fuites, avec éclats, ou sans bruit, mais certaines.

Au final, ne reste que deux clans : un agrégat montebourgien, ou l'obséquiosité le dispute à la vénération du chef. En face, une nébuleuse siruguienne ( tendance DSK), qui attend, les mains croisées sur le ventre, que le fruit pourrisse juste assez pour lui tomber entre les mains ( le fruit, c'est la fédé PS).

Voilà, c'était la rubrique "astronomie" de ce blog.

Côté parti de gauche, ça démarre plutôt fort, presque trop d'ailleurs. plusieurs chantiers à mener de front..

1) Les régionales, avec la volonté de faire l'union PC/NPA/PG/CUAL (CUAL, ou FASE : organisation dont j'ignorais tout il y a peu).

2) La création du comité sur la première circonscription. On est passé sans effort de...3 à 12 adhérents. 400 % d'augmentation ! Au delà de ce constat trop simpliste, on sent bien une grosse attente de nombreux sympathisants de "l'autre gauche" à notre égard. Sympa, la pression des copains, mais on n'est pas des surhommes ou des surfemmes. On fera ce qu'on pourra.

3) Enfin, la construction d'un programme dont les grandes lignes sont tracées, mais qu'il faut détailler, thème par thème.

Celà étant, ça fait plaisir de retrouver des collectifs où on peut parler politique sans arrière pensée, être en désaccord sans être en guerre, voire même ne pas avoir de réponse immédiate à une question donnée.

Ca fait plaisir d'avoir des rencontres avec d'autres partis, où on met d'emblée sur la table ce qui pose problème, où on trouve une solution honnête et franche.

Bon, aujourd'hui, c'est un peu compliqué avec un PC bourguignon dont le vote n'est pas clair, et qui ne sait pas encore si il va ou pas avec le PS au premier tour.

Alors tout n'est pas idéal dans la gauche anticapitaliste, et écologiste ( là, il me faudra des formations...) mais bon sang, quelle sérénité, quel plaisir à retrouver les fondamentaux. Tout est à faire, tout est à inventer, pour adapter à la société actuelle la seule philosophie qui s'oppose à la loi du plus fort, autre nom du capitalisme. Cette philosophie, c'est celle de la solidarité, de l'humanisme, qui dans l'histoire de la civilisation, constitue une avancée par rapport à l'individualisme forcené.

Là, c'était la rubrique " zénitude dans l'action".

Pour finir, un classique qui colle bien à mon humeur.

05.07.2009

Le PS, la rénovation et internet

1201628773_f.jpg Une des raisons qui ont précipité mon départ du Ps est la conception différente que nous avions de l'utilisation d'internet.

Si on refait mon historique au sein de la section de Cluny, c'est déjà la raison qui m'a fait postuler au secrétariat de section. La secrétaire d'alors (on était en 2007) filtrait tous les mails à la section.Rien ne passait sur la toile sans son aval.

Alors lorsque j'ai voulu transférer une information relative à une entrave au mariage d'un couple mixte (française/étranger sans papier) peu flatteur pour le maire PS de Dijon, et relayé par les Amoureux au Ban Public, je n'ai pas eu l'imprimatur. "C'est pas radio corbeau, ici", et mon mail n'a pas été transmis à mes petits camarades. Autant dire que j'étais un peu furax (c'est signé...).

Mais il faut croire que j'avais attrapé un virus malsain, type RESF, et j'ai continué, par différents moyens, d'alimenter la toile. Ce blog, d'ailleurs, est un des avatars de cette grogne.

Et j'ai vite entendu l'argument massue : internet n'est pas la démocratie. on ne débat pas par mail, on ne décide rien sur la toile.

Un peu diplomate (ça m'arrive) j'ai concédé que la section était le lieu de décision. C'est vrai qu'on se retrouve à...au moins 7 ou 8, quand on touche 50 personnes par mail. Mais admettons, il faut savoir arrondir les angles parfois (là, soit on me le reproche, soit on me dit que j'en suis incapable...c'est pas les mêmes qui disent ça. Pour la Nomenklatura, je suis trop anguleux...).

2007, donc, début de ce blog. Il avait eu un petit frère avant, mais trop de boulot, trop destroy aussi, et trop reservé aux initiés. Je le garde quand même dans mes archives, pour le plaisir.

Je vous passe 2008, 2009, mon regard navré sur le site désespérement inerte de la fédé du PS 71, son absence totale de mise à jour. A tel point que, gag suprême, le lien vers le site de Montebourg envoie, encore à cette heure (dimanche 5 juillet 2009, 18h56) vers un lien mort...

On a là un crime de lèse Nono premier, dirait une mienne connaissance.... Le site s'est un peu ravigoré, c'est un hymne au sus nommé Montebourg, qui se met à rivaliser avec Sarkozy, mais comme ce site est le seul média à sa disposition, on est tranquille.

J'en viens au dernier avatar interneto-socialiste, qui traduit à lui seul ce que fut l'ambiance de 3 mois de campagne pour le congrès, de 6 mois au bureau fédéral.

Or donc, un beau soir, il y a une quinzaine à peine, mon conseiller général préféré, celui là-même qui est maire de mon village, m'appelle pour me dire, en gros :

"ON m'a fait un copié collé de ce que dit Flo de chambé sur sa page Facebook, c'est pas tolérable, de dire des choses pareilles, la citation est passé par le premier fédéral, qui me l'a transmise. Tu te rends compte, si on dit tout ça sur internet, c'est n'importe quoi, tout le monde peut lire..."

J'avais quitté le parti, autant dire que le problème m'affectait peu.

Ce genre de discours, si je ne l'ai pas eu dix fois, je ne l'ai jamais eu. Le premier féd est un expert en la matière.

" On m'a transmis un de tes mails," " tu aurais écrit que..."" tu dis n'importe quoi dans ce mail..." chaque fois que je lui demandais de me transférer, en l'anonymant si il voulait, le mail ou la citation avancée, silence radio. Car bien sûr, tout cela se faisait au téléphone (comme mon conseiller général l'a fait).

J'ai l'impression d'avoir affaire à des hémyplegiques de la communication, des gens qui ont des oreilles, mais pas d'yeux pour lire, pas de doigts pour utiliser un clavier.

Car enfin, on n'est pas trop bête, on sait bien quand on écrit un mail, un billet, qu'il risque de circuler, d'être lu par tout le monde et n'importe qui. C'est même un peu fait pour.

Alors ces allures de conspirateur pour dire "on a intercepté une de tes communications mail", ça laisse pantois. Pour "eux", Internet reste un outil diabolique, dont on mesure mal les effets. Ils en ont la même approche que la presse papier : c'est écrit, les gens vont y croire, forcement.

Oh, camarade, c'est pas de l'encre, c'est des pixels. Les internautes, même de base comme moi, savent bien que tout comme la parole, Internet n'est pas d'or, qu'il faut vérifier et croiser les sources, que ce qui est mis en ligne, c'est bien souvent d'abord une opinion, un regard personnel sur le monde, pas une vérité vraie.

Alors eux, ils lâchent de la prose d'énarque, de l'info dûment validée par le parti. Les francs-tireurs qui créent des listes, des blogs, s'aventurent sur Facebook pour d'autres raisons que d'avoir un max d'amis, sont trés trés mal vus (et c'est un doux euphémisme).

La rénovation ne passe pas que par Internet, mais ce qui est sûr, c'est que sur cet axe, le PS, et le PS 71 en particulier, est à mille lieues des collectifs citoyens, voire même de quelques syndicats qui ont franchis le cap et lâchent la bride à leurs militants.

Cet outil reste étranger à leur culture, qui est faite surtout de prise de pouvoir, de blocage de la parole, sur un fonctionnement vertical : du haut vers le bas.

Internet, c'est du fonctionnement horizontal, de l'échange et de l'info, brute ou déformée, à vérifier, à confronter, bref, de l'outil à faire réfléchir le militant de base. Et au PS comme à l'armée, réfléchir, c'est commencer de désobéir.

Donc aujourd'hui que je suis porté déserteur (on ne m'aurait pas encore classé parmi les traîtres), je me fais plaisir en sortant quelques secrets de familles, quelques élèments d'ambiance. Et qu'on ne m'accuse pas de cracher dans la soupe : j'y ai pas goûté, à cette soupe, à laquelle vous tenez tant.

Et je conclus avec un artiste que je rate le moins possible, tout en restant bien pour une fois, dans le ton du billet ci dessus.

Post scriptum : j'ai tout lieu de croire (espérer?) que quelques membres de la majorité fédérale suivent ce qui s'écrit sur ce blog depuis quelques temps. N'ayez pas zonte, camarades, laissez un message...

24.06.2009

Depuis que j'ai quitté le marigot, j'en perçois chaque jour mieux la turpitude.

croco.jpgC'est par cette phrase que je commence un commentaire sur le post de ma copine Flo de Chambé.

La pauvre postule au secrétariat de section de Cluny, ce à quoi je l'ai encouragée, je l'avoue. Elle a les compétences, le dynamisme, la connaissance du parti, une vraie envie de changer les choses. Bon, elle est royaliste, mais ça, on lui pardonne. Je suis de loin ses mésaventures, on a beau avoir quitté un port, on ne l'oublie pas du jour au lendemain. Mais je ne regrette pas d'avoir largué les amarres. Elle est en train de vivre ce que j'ai vécu : des coups bas, des attaques sur sa personnalité, ses petits défauts, on la soupçonne d'être mal dans sa peau, un peu dérangée, les méthodes habituelles, quoi. Et comme "ils" n'ont personne à mettre en face, un groupuscule suspend le processus électoral et met la section sous tutelle.

Au demeurant, hormis l'amitié que je porte à Flo et à quelques camarades de la section (ça diminue vite en nombre), je m'en moque un peu. C'est leur problème, si ils ne respectent pas leurs propres statuts ( ça, c'est 6 mois de bagarre au niveau fédéral) et si la chasse à la place est renforcée par les édiles locaux : conseiller général, adjoint à la comm de Cluny en premier. Il est urgent de préserver les pouvoirs en place. On m'avait toléré (avouons que j'ai quelques heures de vol à mon actif et une petite notoriété locale), elle on va l'achever.

Et ceux là même qui ont souffert du système s'y plient, sans le remettre en cause, sans vouloir le réformer, même un tantinet. C'est que, quand on tient un poste, faut plus le lâcher.

Ce qui me dérange vraiment, c'est le peu de cas que fait la fédération du PS 71 de la plus élémentaire humanité. Entendez par là qu'on est prêt à piétiner, massacrer, lapider, déchiqueter -moralement, sans doute - tout opposant n'ayant pas un baron dans sa manche. Une certaine conception du socialisme que je n'ose pas qualifier plus, mais dont on devine les dérives possibles, il suffit de rajouter un préfixe nominal (ça existe, facteur?) et on passe dans l'horreur.

Vraiment, allez lire la prose de Flo, ça vous donnera une juste idée de la vie au sein du PS 71.

Pendant ce temps là, au plan national, le PS respire : ouf, pas de transfuge dans le nouveau gouvernement Sarko. C'est un progrès.

En interne, le " président de conseil général/député/secrétaire nationale du parti à la rénovation/chef de fait du PS 71" (excusez le non-cumul) nous pond un superbe rapport sur la rénovation qui fait tousser au sein même de son parti. Je m'y attarde un peu, parce que depuis que je ne suis plus au PS, j'ai l'impression de faire plus -et mieux- de politique, et de gauche. Et comme ce rapport concerne toute la gauche, voyons ce qu'il propose.

Selon le Nouvel Obs :

"faire émerger un candidat légitime,

des primaires seraient "ouvertes" à l'ensemble des partis de gauche,

une campagne qui doit être "longue et compétitive" afin de faire émerger "le meilleur",

permettre "la réunification de tous les partis et militants" derrière le gagnant

signer une déclaration de principes, se dire sympathisants de gauche et s'engager à voter pour le vainqueur des primaires."

Bon, j'aurais bien quelques critiques moi aussi (notamment sur le dernier point), mais admettons.

Alors comme je ne veux pas être que le mauvais coucheur empêcheur de penser en rond, j'apporte mon soutien à mon ex-camarade Arnaud : ne te laisse pas impressionner par ces médisants, et pour leur prouver que c'est possible, organise toi-même ces primaires lors des prochaine cantonales en Saône et Loire.

Dans ce département semi rural, pas besoin de s'inquiéter des infiltrations du Modem : on les connait tous les 4...

Quant aux sympathisants de gauche, dans nos cantons, on les connaît aussi, on a fait assez de campagnes (électorales) ensemble : municipales, cantonales, etc...Pas besoin non plus de louer des chapiteaux, comme j'ai lu quelque part. On trouvera bien des mairies sympathisantes pour prêter des salles.

Inutile d'attendre les présidentielles, les primaires ouvertes à gauche, c'est demain, aux cantonales, en 71. Il paraît qu'on a de la marge en nombre d'élus, et part deux grandes villes (Mâcon et Chalon) acquises à Rénover Maintenant, tout le département, et donc la fédé en premier, te suivra comme un seul homme.

Et pour finir, on va me demander : maintenant que tu es parti, pourquoi tu critiques encore le PS? C'est exact et judicieux. Mais comme je le dis plus haut, on ne rompt pas du jour au lendemain, et politiquement, ce parti reste incontournable dans la structuration des gauches françaises. Si on ne lui dit pas ce qu'on lui reproche, de l'intérieur comme de l'extérieur, si on n'essaie pas de faire passer quelques messages pour qu'il joue vraiment un rôle fédérateur, sans hégémonie, on ne travaille pas à l'union de ces gauches.

Mais je peux me tromper...

Et on continue dans mon panthéon musical, la vidéo n'est pas top, allez vite acheter l'original, ou faites vous le prêter (et à mort hadopi...)

Dick Annegarn, Bruxelles

06.06.2009

De la communication interne, externe, ou pas...

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La dernière fois, je vous ai parlé de la sociologie du parti. On va aborder un peu le thème de la communication interne, et de ses conséquences diverses.

Comme dans toutes structures, il y a un temps plus ou moins long entre le départ d'un membre et le moment où il ne reçoit plus d'infos de l'organisation. Je reçois donc encore les revues et les mails du département, du national, de la section.

Enfin, quand je dis : je reçois, avouons que  les mails du parti et de la fédération n'encombrent pas mon disque dur. En pleine campagne électorale, alors qu'il y a quand même un peu le feu au lac... les mails aux secrétaires de sections se comptent sur les doigts de la main droite.

Entre le 22 mai et le 3 juin, pas un seul mail du PS 71. Rien le 23, rien le 24...ça reprend le 3 juin, soit onze jours de silence radio sur la toile. Et le 3 juin, message politique fort : on cherche des assesseurs pour les bureaux de vote. 2 mails sur ce sujet.

Depuis (nous sommes le 6) pas d'autre message. Trop d'info tue l'info, l'info au PS n'est donc pas morte.

J'avais par ailleurs informé de ma démission du parti par un mail le 29 avril, à 21h38 (oui, je conserve quelques mails...). Je remercie au passage les amis qui m'ont demandé pourquoi, au moins ça prouve qu'il s'intéressent un peu à moi (et plus de 50 mails en retour, ça flatte mon égo).

Il fallait donc que la fédération organise une élection pour pallier à cette défection. C'est là aussi classique dans toute structure fédérée.

Rien ne se passait, il semblait que cela inquiétait quelques militants. Perso, ce n'était plus mon problème, mais je comptais ironiquement les jours qui passaient, avec une section sans secrétaire, en pleine campagne, avec des tracts à distribuer, des invitations probables à des réunions, etc... Enfin bref, le B. A. BA des campagnes.

Il a fallu un article de presse (à la demande du journal : La Renaissance) évoquant ma démission, avec interview de votre serviteur, pour que ça bouge un peu dans le Landernau.

Alors là, panique à bord. Le conseiller général de la section, qui se targue de "ne pas se mêler de ce qui se passe à la fédé", se scandalise de cet article, la veille d'une élection, et lance aussitôt une procédure d'élections, sous couvert du premier fédéral.

Premier fédéral qui m'avait :

1) laissé un message sur mon portable le 30 avril pour savoir de quoi est-ce qui se passe?

2) interpellé au Creusot le 9 mai (j'y étais pour RESF 71) pour savoir si j'étais vraiment en colère contre lui  (je ne vous résume pas notre conversation).

9 mai, 6 juin, il n'avait pas bougé. On se demande bien à quoi servent les secrétaires de section.

Mais un article dans un hebdomadaire local, plutôt bien lu par chez nous, et vlan, on déclenche les grandes manoeuvres. Sûr que si le PS fait un mauvais résultat, ça va être de ma faute. C'est trop d'honneur.

Quelques commentaires un peu perfides, maintenant, je peux y aller, la discipline ne joue plus.

Sur le premier fédéral : son seul souci est son image. Au Creusot, j'ai bien compris qu'il voulait savoir quelles vacheries je pouvais balancer sur lui. Je n'en ai pas vraiment, il est trop inconsistant pour qu'on s'y arrête vraiment. Si il n'est pas cité dans l'article de presse, ce n'est pas une fleur que je lui fait, mais les hommes de paille n'ont pas de nom, juste un chapeau de la même matière,  qu'ils doivent manger de temps en temps.

Et sur notre brave conseiller général, qui est certes un bosseur, ce qui l'empêche d'ailleurs de déléguer, et dont le caractère carré, utile dans son travail sur les dossiers, l'incite trop souvent à accepter les arguments d'autorité (et surtout, on ne critique pas l'Autorité), on peut s'étonner qu'il n'ait pas pris plus tôt l'initiative de lancer la procédure de vote.

Une section, c'est bien utile pour les cantonales, les régionales, les municipales. C'est vrai que pour les européennes... il n'est pas candidat, alors.

Mais là, dans Le Journal...c'est l'image de la section de Cluny, donc la sienne, qui va en prendre un coup. Vite, agissons.

Bon, j'arrête là, certains vont me croire aigri, d'autres vont l'affirmer. Non, c'est sans rancoeur, ni amertume, ces petits évènements me confortent dans le choix que j'ai fait de quitter ce parti archaïque, où les coups de couteau dans le dos valent arguments. Quand on n'utilise pas les termes d'hystérique, arriviste, aggessif (ve), etc... pour décrire les petits camarades. Saine ambiance, je vous dit.

Pour parfumer un peu, et aérer la pièce, et parce que je veux ME faire plaisir, une ch'tite chanson nostalgique de mon top 50 perso.


05.05.2009

Avant que je n'oublie.

solferino3.jpg Pendant que c'est encore frais dans mon esprit, je me propose de vous décomposer un peu le fonctionnement d'un parti. Je vais prendre mon vécu, donc on s'appuiera sur le Parti Socialiste. Considérons que tous les partis fonctionnent peu ou prou sur le même mode.

On mélangera la sociologie de base, en s'appuyant sur une petite typologie, succédané de la socio classique, et l'éthologie, l'homme étant un animal social, ça me parait pertinent.

Notez déjà que je conserve de mon immersion dans le milieu le vocabulaire propre à ce milieu, c'est un moyen de reconnaissance : il ne faut pas parler trop simplement, on s'exclut du groupe.

Or donc, on partira d'une typologie simple qui se décompose (comme le parti) en quatre grandes composantes à l'échelle d'un territoire départemental.

- les adhérents

- les groupies

- les apparatchiks

- la noblesse du terroir.

On laissera de côté la noblesse de cour, qui sévit à Solférino (dans l'exemple étudié), et dont les moeurs sont régulièrement étudiées dans vos journaux préférés.

Les adhérents.

C'est la grande masse du parti, celle qui fait nombre, et pas l'ombre, les petites mains qui collent les enveloppes, distribuent les tracts, font les tournées des boîtes à lettres, votent régulièrement lors des consultations internes. Notons au passage que les partis politiques affichent entre 150 et 250 mille adhérents individuels, et se proclament ainsi représentatifs. Plus représentatifs que la première fédération de parents d'élèves, la FCPE, 300 mille familles, plus que les syndicats, dont les deux premiers -CGT et CFDT- oscillent entre 700 et 900 mille salariés syndiqués chacun.

Si on rapporte ça aux prospects potentiels : tous les français majeurs pour les partis, seulement les familles ayant des enfants scolarisés pour la FCPE, les salariés pour les syndicats, on peut estimer que ce critère de représentativité est erroné.

La différence se fait bien sur par : les financements des différentes campagnes électorales, les couvertures médiatiques (vous vous souvenez de celle des prud'hommales ?) les enjeux en terme de pouvoir.

Attention à ce mot, c'est un concept clé de la sémantique non verbale et du positionnement individuel dans la schématique sociale des groupes politiques. Si là, j'ai pas jargonné comme il faut...

Dans la vie du groupe, l'adhérent paye sa cotisation, appartient à une section, dont la taille définira le rang du secrétaire de section dans l'appareil (voir plus loin),  vote pour un clan de temps en temps (tous les trois ans environ au PS) et donne ainsi aussi du poids à son clan.

Voilà résumé le fonctionnement du groupe social, qu'on appelle "démocratie interne".

L'adhérent ne s'individualise pas. Dès lors qu'il le fait, il passe dans une des catégories suivantes, que nous allons décrire selon la hierarchie du groupe.

Les groupies

C'est un adhérent idôlatre, le premier stade de la conscience politique pour certains, le dernier pour d'autres. Dans le domaine du Show bizz, ça donne ça :

La (le) groupie a choisi son mâle (sa femelle) alpha. Tout ce qui qui émane de lui est vérité révélée, saintes écritures auxquelles nul ne peut s'attaquer.

La phase "groupie" est soit le premier stade d'une évolution dans l'appareil, soit le stade final. Un groupe de groupies est toujours utile dans un meeting, une campagne interne, ou pour booster une section un peu atone.

La groupie offrira son corps, drapeau au vent, poitrine ouverte comme chez Delacroix, pour protéger son hérault adoré contre les perfidies de l'ennemi intérieur. Car l'ennemi est toujours " de l'interieur".

Second  concept à intégrer : l'ennemi. A la différence de l'adversaire, auquel on s'oppose dans le respect des usages et des règles démocratiques en vigueur dans notre pays de droit, et qui est d'un autre parti, l'ennemi est du même parti. Dès lors tous les coups sont permis pour l'anéantir et le "tuer politiquement".

Les apparatchiks

Tout d'abord, otons aux communistes le monopole de ce mot : ils les ont juste rendu un peu plus visibles.

Cette catégorie est mal aisée à décrire, tant elle est protéiforme, ses individus ont des origines diverses, leurs profils sont aléatoires, ils sont surtout réunis par la place centrale qu'ils occupent dans l'appareil. Ils sont sur les premiers échelons du pouvoir. Quelques grands types.

- La groupie qui a réussi. Elle est devenue secrétaire, de section, fédérale, élue sur une liste quelconque. Son adoration s'est teintée de réalisme (quelques couleuvres à avaler), elle a diversifié ses techniques. La Marianne de Delacroix a appris quelques astuces chez Lucrèce Borgia et connait quelques potions et filtres plus discrets pour protéger son hérault et démolir l'ennemi.

- Le men in black est le plus facile a repérer. Il travaille pour le maire d'une grande ville, pour le président d'un conseil général, pour  un député. Avec son costume gris foncé ou gris clair, son attaché case, son téléphone portable, trois pas en arrière du chef de clan, il règle sa vie quotidienne, filtre les appels, octroie quelques passe droits (je lui en parlerai...). Elevé au grain dans une grande école (pas d'élevage en batterie comme chez les militants) il porte son bac plus beaucoup avec discrétion au  service du grand homme.

A noter que tous les men in black ne sont pas encartés, du moins officiellement, ce qui complique encore notre typologie.

- La groupie men in black est une groupie embauchée par le chef. Variante de la groupie qui a réussi, elle a professionalisé son ascension, ce qui fait qu'elle peut être aussi groupie qui a réussi, en dehors de ses heures de travail.

- L'élu est l'élu de base. Il est dans la meute, simple conseiller municipal, adjoint, conseiller général, mais ne dirige pas la meute. Le chef conscent à écouter parfois son avis (pas le suivre, l'écouter). Selon qu'il est élu dans une majorité ou une minorité (municipale, par exemple) son poids sera différend.

Notons que certains élus, encartés, restent à l'écart de l'appareil. Encartés, ils ne prenent pas de fonction dans le parti, se contentent de faire ce pour quoi ils sont élus. On les regarde souvent avec un peu de condescendance, eu égard au peu d'avenir potentiel qu'ils ont au sein de l'appareil.

- Le responsable politique va du secrétaire de section option groupie (ils ne le sont pas tous) au secrétaire fédéral (une tripotée : éducation, environnement, trésorerie, adhésion, vie militante, relation avec les syndicats, parce que tu es mon copain, etc..)

- L'homme de paille enfin se rencontre à tous les niveaux. Quand un chef de meute (ou un mâle béta) ne peut assumer toutes ses prérogatives, il installe un(e) groupie à sa place. L'efficacité s'en ressent: son rôle n'est pas de faire mieux fonctionner l'appareil mais de garder la place au chaud pour le mâle dominant.

Ces grands types se mélangent à souhait, il existe bien sûr d'autres variantes, mais ce groupe mériterait une étude plus approfondie. Ce qui ne serait pas sans risque eu égard au climat particulier qui règne au sein de cette population : issus de milieu très différents, aux aspirations très complexes, assis sur des sièges éjectables, avec des pouvoirs limités et très contrôlés par les mâles alphas des différentes meutes, ses composantes sont très anxiogènes.

C'est dans cette population qu'on trouve le plus haut niveau de violence directe. Les coups de dents et de griffe, au delà de leur aspect purement défensifs ou aggressifs, sont autant de preuve de la loyauté envers le dominant, et la promesse d'une meilleure place auprès de lui. Le taux de mortalité dans cette catégorie est surement le plus élevé de tous.


- la noblesse de terroir domine tous ces groupes. Composée d'un nombre trés restreint d'individus, ces mâles (femelles) alpha ont dompté leur aggressivité naturelle en la transférant aux apparatchiks, auxquels ils laissent le soin d'exécuter les besognes les plus fastidieuses. Eux se réservent les combats contre l'adversaire (voir plus haut), déclarent ne pas avoir d'ennemis dans le parti (seuls les apparatchiks ont des ennemis), et combinent le raffinement des joutes oratoires, dans lesquelles ils brillent bien souvent, et la gestion des grandes affaires locales, voire nationales quand ils sont admis à la cour parisienne du Parti (pour mémoire : Solférino dans notre étude).

A la fois clés de voutes et moteurs du système, ils perpétuent un mode de reproduction sociale, dont Bourdieu se serait délecté, en affichant généralement une volonté farouche de tout rénover.

Cette population est difficile à observer, car outre sa rareté, ses moeurs sont souterraines, de cabinets feutrés en couloirs discrets, sans oublier les coups de fil " à qui tu sais"... et laisse peu de trace de son activité réelle. Elle produit des monceaux de déclarations, propositions de loi, de projets locaux, départementaux, régionaux, etc..., souvent prédigérés par les men in black ( et toujours finalisés par eux), mais ce n'est là que la partie diurne de leur activité.

Pour reprendre la théorie freudienne, l'instinct de mort étant prévalant, ils consacrent un maximum d'énergie à rester en vie, et donc à entretenir l'appareil ci dessus décrit en état de fonctionnement.


Cette esquisse n'a d'autre but que d'éclairer le béotien sur le monde malconnu de nos amis les politiques.

Il faut savoir les aimer, les traiter avec respect, comprendre leur différence, et ne pas les abandonner au bord des routes lors des départs en vacances.

Et la virgule musicale qui s'impose :


 

02.05.2009

Et logiquement...

carte barrée_WEB.jpg A la lecture de la précédente note, certain(e)s l'avait deviné: il ne va pas rester longtemps, le gars.

Effectivement, depuis le 29 avril très exactement, j'ai quitté le parti auquel j'avais adhéré en 1997. Aucun regret, aucun état d'âme, juste un énorme soulagement. Ne plus avoir à se poser la question : "quel sera le prochain coup foireux?", ne plus s'énerver sur une comm' interne ni faite ni à faire (des mails sans objet particulier, avec toute l'info en pièce jointe, des annonces de réunion départementale qui arrivent deux heures avant, dont le lieu est erroné, etc..), ne plus réflechir trois jours avant de pondre un communiqué de presse évident contre les barons de la droite locale, enfin bref, ne plus militer à la petite semaine en zigzaguant entre les envies de carrière des un(e)s et les prés carrés des autres.

Avouons que ça va me poser un problème nouveau : pour la première fois depuis 97, je vais devoir lire mieux les programmes des partis - de gauche, faut pas abuser non plus - et aller à l'isoloir libre de toute discipline. J'ai même cette liberté de ne pas aller dans l'isoloir. Mais ça, ce serait dommage pour tous ceux qui se sont bagarrés, et plus, pour qu'on ait cette liberté.

J'ai d'un coup libéré aussi plusieurs soirées dans mon agenda, des réunions qui s'annonçaient chaudes, les régionales étant démarrées. Ce sera sans moi.

Alors quelques regrets, c'est sûr, pour les ami(e)s de la section, du courant, mais pas de remord. De toutes façons, on se retrouvera dans les différentes luttes qui s'annoncent. Pas parce que le PS y sera très présent, mais parce qu'ils (elles) en seront.

Et comme je ne suis même pas rancunier, je ne vais pas balancer les noms des ex-petits camarades pas sympa, incompétents, carrièristes, etc....

Çà serait rompre la sérénité que je viens juste de retrouver, alors restons zen...

La virgule musicale colle trés bien à mon état d'esprit :



14.04.2009

Fatigant, trés fatigant !

ange-aux-fleurs-chagall.jpgDans une vie de militant, on ne gagne pas toujours. Je dirais même qu'actuellement, pour les militants tendance humaniste, on gagne de moins en moins, les coups sont de plus en plus rudes.

Et pourtant, on continue. Parce que dans les luttes se créent des solidarités, des amitiés, une certaine fraternité, issues du combat commun, des déconvenues communes, et encore meilleur, de chaque petit bout de victoire, acquis plus ou moins facilement. Cette fraternité, j'ose le mot, ne se créé pas au regard de l'issue, en fonction du résultat, mais dans les réunions, les échanges, même si ils sont parfois un peu vifs, dans la découverte du respect mutuel, dans les accords et les désaccords assumés et surmontés pour aller vers un objectif commun.

Enfin ça, c'est ce que j'avais vécu pendant quinze ans, que je vis encore dans certains mouvements militants, où il n'y a rien à gagner, que des coups à pendre, qu'un idéal à défendre.

Dès qu'il y a un panier garni au bout du champ de course, une carotte au plus méritant, ça change tout.

C'est ce que j'ai découvert au PS. Encore que je le soupçonnais bien un peu, mais là, je le vis, c'est du concret.

Là où, ailleurs, on se met d'accord sur une action, on s'organise, on informe, on mobilise, au parti, on fait pareil, et on attend de savoir comment les gens du parti vont dégommer votre action.

Parce qu'il faut bien comprendre plusieurs règles du parti.

1) L'action pour l'action, c'est inutile. Agir, réagir parce que, tout simplement on n'est pas d'accord avec une loi, une déclaration, ça ne sert à rien. il est urgent de s'abstenir.

2) Toute action doit être pensée en fonction de la victoire à venir (ou en tous cas l'élection prochaine).

3) Donc celui qui agit a des visées électorales inavouées (ou avouées, mais c'est plus rare).

Partant de ce sophisme de bon aloi, dès que tu bouges dans le parti, tu es un candidat potentiel à une élection. on ne sait pas laquelle, mais comme "ils" sont tous en quête permanente, ils savent pour toi.

Et comme les places sont rares et chères (fameux sophisme : un cheval bon marché est rare, ce qui est rare est cher, donc un cheval bon marché est cher), donc ces places sont très convoitées, dès la défaite encaissée, on vise la prochaine fois, ou c'est sûr ça va passer...Mais pas question de se laisser piquer cette place.

Et comme il est plus facile de descendre d'abord ses voisins que l'adversaire, première étape : dégommer dans son entourage tous ceux qui ont les mêmes ambitions. On les reconnaît facilement : ce sont ceux qui "agissent".

Retour à la case départ.

Alors toi, tu viens tout bêtement faire ce que tu fais depuis, pfuitt, quelques années, mais ailleurs, et là, tu ramasses.

D'abord, on t'explique que tu n'as de leçon à donner à personne, ce qui est une façon subtile de dire : nous n'avons de leçon à recevoir de personne. Mais admettons, j'avoue que j'ai encore beaucoup à apprendre.

Ensuite, on te dit que ton idée, là, c'est bien, on est d'accord, mais...

Et alors là, le grand déballage : c'est pas coordonné au plan départemental, régional, inter régional, c'est pas ce qui a été décidé, dans une réunion ou tu n'étais pas invité, c'est contre productif, etc...

Tu redécouvres la langue de bois, celle qu'on te sers sur les plateaux télé des grandes campagnes, tu la retrouve, bien dure, pour un petit tract, une petite réunion, une mini initiative lors de laquelle tu risques d'être un peu mis en valeur, et donc devenir dangereux.

Résultat final : j'avais appris à passer du temps dans les préparations d'action pour souder les énergies, les fédérer, se doper à l'adrénaline du groupe, je passe aujourd'hui mon temps à éviter les croches pieds des camarades, les coups de surins amicaux dans le dos. C'est fatigant.

Je parle du PS, à droite ils font pareil, mais là, ça me gêne mois, j'y suis pas.

Alors pour vous reposer de ce billet, lu en trois minute, je vous propose 15 minutes de pur bonheur, un texte peu connu du gigantesque Nougaro, un texte de poésie totale, un texte de sérénité dans ce monde de...(complétez à votre guise).