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14.04.2008

Le mandat unique a son nouveau héraut

1594163693.jpgLa politique, comme la nature, a horreur du vide. C'est peut-être leur seul lien commun.

Le mandat unique a perdu son chevalier, celui qui boutait  les cumulards hors de la bien-pensance de gauche, très vite un autre fougueux aventurier est sorti du rang pour le remplacer.

Enfin, fougueux, aventurier, disons plutôt un vieux cheval de retour qui sait voir les trous dans la défense  adverse, comme au foot ces fameux voleurs de ballons, qui ne font rien pendant une demi-heure et surgissent soudain de nulle part pour marquer un but...(26 rdb me donnera bien quelques noms).

Fin du suspense, je vous donne son nom : Jack Lang !! Si, si... Je l'ai entrevu dimanche, sur une chaîne cryptée, défendant ce principe, s'étonnant que le bureau national du parti ne l'ait pas proposé  dans le cadre de la commission de réforme constitutionnelle qu'il vice-préside avec Balladur (on sent d'emblée que ça va être musclé, comme réforme).

Info reprise par le Nouvel  Obs en ligne

"On a le sentiment que le Parti socialiste enfin, ses dirigeants plutôt, pas ses militants renonce" sur la question du non cumul des mandats, a déclaré Jack Lang sur Canal+, interrogé sur la réforme des institutions."

"C'est parce que je suis pleinement socialiste que je demande que parmi les propositions qui figureront dans les demandes socialistes (sur la réforme des institutions) il y ait la demande du non cumul des mandats et des fonctions", a-t-il ajouté.
"La France est le seul pays démocratique au monde où on accepte qu'un parlementaire soit autre chose que parlementaire, et qu'un ministre puisse aller passer trois jours par semaine dans sa commune ou sa région"

Lui, il n'est que député de Sangatte, enfin de cette région, et il n'est plus maire de Blois (il s'est fait sortir), il peut donc prendre cette posture avantageuse, bomber le torse et défendre une position qu'il a plus subie que choisie. Vous êtes priés de bien vouloir défendre l'idée sans croire le bonhomme... 

01.04.2008

C'est pas nous qu'on est bon, c'est eux qui sont mauvais, et inversement

2005723832.jpgGaétan Gorce, cité dans un précédent billet, attribue à la faiblesse de la droite la forte poussée de la gauche...On n'est pas bon, ce sont eux qui sont mauvais...

Cela va dans les deux sens. Quand on est mauvais, il est facile à l'adversaire d'être bon.

Pour preuve, lors de la première séance  du Conseil Général de Saône et Loire, sous la nouvelle présidence du nouveau conseiller général, nouveau cumulard, Arnaud Monteboug, Maître Perrault, anonyme conseiller général de Cuisery, notaire de son état, maire Divers droite de la Genette (vous avez là tout son CV...) a connu son heure de gloire.

En témoigne cet extrait d'article dans la Renaissance, notre hebdomadaire très local.

Jean-Pierre Laveder, rédacteur en chef du journal, conclut la séance d'installation par un paragraphe titré :

M. Paul Perrault brocarde le "baron de province" 

  "(.. ) le chef de file des non inscrits, M.Paul Perrault, s'est fait un malin plaisir de rappeler à Arnaud Montebourg quelques une de ses déclarations antérieures qui s'accordent mal avec sa position politique actuelle : " en 2001, à Mâcon, lors de la campagne des municipales, vous déclariez : - je cite : "lorsque je rencontre un cumulard, je me demande qui il méprise le plus, quel électeur il trahit le mieux."

Je vous retourne cette question aujourd'hui. Le chevalier blanc (note de poirier Bouchot : là, il m'a piqué mon texte) qui allait au combat contre tous les cumuls a remisé son panache et cédé aux tentations carriéristes. A moins qu'il ne veuille travailler plus pour gagner plus! Vous venez sans vergogne de tirer profit de l'opportunité qui s'offrait  à vous d'empiler les casquettes. Votre "grandeur d'âme naturelle" et votre "éthique du désintéressement" en ont pris un coup.

Ce ne sont pas les girouettes qui tournent, c'est le vent, disait Edgar Faure. Je pense que vous avez bien senti le vent, Monsieur le président... vous qui venez de prendre les rênes d'une collectivité que vous décriviez, il n'y a pas si longtemps, comme "une structure devenue archaïque, inutile, coûteuse, souvent anti démocratique". pour vous, les Conseils généraux étaient "des collectivités opaques et incontrôlables".

Vous voilà désormais un "baron de province", un féodal du suffrage universel. Mes félicitations, Monsieur le président."

Il faut reconnaître que c'est bien tourné... Et c'est bien dit aussi, avec cette pointe d'accent bourguignon qui fleure bon son terroir, si cher à notre député aux "souliers crottés"... Vous pouvez le voir et l'entendre sur la vidéo du conseil général, allez directement à la minute 53 (et trente secondes) si vous ne voulez pas vous taper tous les discours...
Gaétan Gorce, Maître Perrault, je sens que je vais ratisser large si un jour je me lance... 

Et puisqu'on est dans la facilité, mais avec un peu de talent quand même ... c'était inévitable :