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21.06.2008

le ps expliqué aux nuls

pour les nuls.jpgJe me lance dans un exercice audacieux : expliquer comment c'est que ça marche, au ps. Je laisserais de côté ceux qui répondent "mal, tout simplement", pour m'essayer à un petit texte didactique : procédures et calendrier de préparation du congrès. Notez que je me mets à niveau du vocabulaire ps : si on n'a pas un ou deux mots compliqué  par phrase, on est déjà hors jeu.

D'abord, tout le monde croit qu'il suffit de faire un article dans la presse nationale pour dire : je veux premier secrétaire, candidat au présidentielles, pour lancer un congrès. Que nenni, camarades, ça n'a rien à voir... 

Déjà, notez bien la date de la grande cérémonie : du 14 au 16 novembre, congrès national. Avant, il y aura la fête annuelle à la Rochelle, mais ça, c'est tous les ans. 

Alors comment qu'on fait?

Notre premier secrétaire national préféré à commis la circulaire numéro 1362 (oui, moi aussi je découvre qu'on a nos propres circulaires), qui nous dit tout bien comment.

Les grandes lignes :

A partir du 17 juin, jusqu'au 2 juillet, dépôt des  contributions générales et thématiques. Dans les deux cas, il faut au moins un membre du conseil national qui signe le texte.

7 juillet : envoi des contributions générales chez les militants, mise en ligne des contributions thématiques.

23 septembre : conseil national de synthèse. C'est un truc à nous, la synthèse, on va la tenter plusieurs fois. Là, c'est le premier tour, ou les porteurs des contributions disent : ben non, on n'est pas tous d'accord.  Alors on continue.

29 septembre : envoi des motions chez les militants. Alors là, suivez bien, je ne répéterais pas. On n'est pas tous d'accord (voir 23 septembre) mais il y en a qui sont moins pas d'accord entre eux que d'autres. Donc ils disent : ok, on roule ensemble. On met nos textes dans un mixeur, on touille bien, et ça devient une motion. C'est magique.

Ceux qui n'ont pas trouvé de copain pour mélanger leur contribution la transforme direct en motion. Il faut avoir du vocabulaire au ps, je vous avait prévenu. Et on parle bien sûr des contributions générales, les thématiques, on les case où on peut...

6 novembre : vote dans les sections. Super, camarades, on va enfin dire ce qu'on pense... Parce que vous l'avez bien noté, pour l'instant tout se fait à Solférino : les motions générales sont faites par les équipes des cadors du parti, forcément signées par un membre du conseil national (des fois qu'un trublion qui n'a pas le niveau s'immisce là dedans...) la synthèse est faite au niveau national, et on redescend tout ça vers la brave masse militante. 

7, 8 et 9 novembre congrès fédéraux. En français, ça veux dire : congrès départementaux. Notez en passant que dans chaque département les ténors locaux se sont rangés sous telle ou telle bannière, se déclarant "porteurs" de la motion A, B,C ou 1, 2, 3, etc.. Si cette année on pouvait changer l'appellation des motions, leur donner des noms de fleurs, ou d'animaux, ou des prénoms, ça nous changerait..

Alors les braves militants votent pour les motions. Et ça nous fait les délégations départementales pour le congrès national.

14, 15 et 16 novembre, c'est l'apothéose, LE CONGRES !!! On y est, ça vient de toute la France, les nouvelles (ou pas nouvelles) délégations départementales, les représentants des motions, les journalistes, la télé (très important, ça, la télé). Et ça discute tous azimuts, ça parlemente, ça négocie, on re synthèse ou pas, on place ses pions, on compte ses voix, pour être le mieux placé dans la course à l'échalote. 

20 novembre votations tous azimuts : pour le secrétaire de section, le secrétaire fédéral, le secrétaire national.

Ouf, on a à peu prés fini... 

Résumé : on vote sur la base de textes cautionnés par des membres du conseil national, puis sur des équipes départementales alignées sur ces textes, enfin on vote tout d'un coup : secrétaire local, départemental, national... Et je vous ai fait court...Si tout se passe comme les fois précédentes, les militants seront abreuvés de textes aussi mal mis en page que possible, écrit tout petit, avec plein de mots compliqués. Ce qui comptera pour beaucoup, c'est qui signe quoi.

Aujourd'hui on est lancé, les premières contributions générales circulent, ça discute dans tous les couloirs.

Bon courage camarades, on va avoir de la lecture pour les vacances...

Pour la plage, préférez quand même un bon polar... il y a plus de suspens! 

13.06.2008

Silence dans les rangs, laissez parler les grands

cgt.jpgJe n'aime pas mélanger les casquettes, mais quand elles se mélangent d'elle même, il faut bien en tenir compte.

Or donc, ce jeudi 12 juin je recevais un des mensuels de mon syndicat préféré, diffusé à 600 000 exemplaires. La BD de Charp en page 10 ne peux pas laisser indifférent : quelle image peuvent avoir du parti les salariés, les syndiqués, quand un des dirigeants nationaux du ps est ainsi écharpé? Car pour le commun des non socialistes, Valls, Filoche, Hollande, Royal, Délanoë et les autres, c'est à mettre dans le même sac.

Et on se retrouve avec un parti complice des patrons,  et je ne peux pas leur en vouloir de penser ainsi.

Restons sur le cas "Valls". Oui, il l'a écrit, Libération du 20 septembre 2007

"Il est donc nécessaire de sortir d’un discours dogmatique et compassionnel pour construire les bases d’une politique de gauche efficace en matière d’immigration."

 "il ne faut pas craindre d’aborder la problématique des quotas même si cela nécessite une révision de notre Constitution. Pour garantir l’insertion sociale et économique des immigrés, il est indispensable, d’abord, de donner la priorité à la qualification et à la formation de celles et ceux qui arrivent sur notre sol."

"Seuls une harmonisation des politiques de contrôle et un renforcement des politiques européennes de codéveloppement pourront canaliser, sur la durée, la pression migratoire." Sur ce sujet, je vous invite à cliquer sur le lien "contre la directive de la honte", pour voir ce que ça donne, l'harmonisation européenne!

Sur son blog, pas d'hésitation : " Moi, je veux aider à concilier la gauche avec la pensée libérale" (interview au Point, billet du 26 avril 2008).

"Aujourd'hui, on vit plus longtemps, et il est probable que nous allons devoir travailler plus pour vivre mieux" (entretien France Soir, 19 mai 2008)

On pourrait ainsi enfiler les perles à satiété. Mais c'est un goût amer qui nous resterait dans la bouche, alors j'arrête là.

D'autant que mon propos n'est pas tant d'accabler le sus nommé Valls (encore que...), mais de m'étonner que d'un côté, les dirigeants nationaux se commettent dans de telles dérives, s'attirent les réactions des "partenaires historiques de la gauche" (voir dessins de Charp) et dans un même temps, on nous dit, à nous militants de base : silence dans les rangs, de la discipline, camarade, le temps du congrès va venir, là vous aurez la parole.

Et pourquoi la parole, je ne l'aurais pas aujourd'hui, comme les camarades Valls, Royal, Délanoë - un autre néo socialo libéral, celui là- et autres "grandes figures"?

Parce que, pour faire court et ne pas dévoiler le débat passionné, voire passionnel, que nous avons eu en section hier, c'est un peu ce que j'ai entendu. Après une série d'échanges de mails qui allaient crescendo, sans modération, le message des "officiels" du parti a été clair : on ne change pas nos méthodes, on ne se remet pas en question sur notre fonctionnement, pour apaiser le débat et parler enfin politique : un calendrier a été fixé par Solférino, on va la jouer à l'ancienne, abreuver le parti de contributions, laisser mariner ça dans les coulisses de la Rochelle, de Reims, et fiers de nos victoires récentes, (dont Valls lui même dit quelles sont plus dues à un rejet de Sarko qu'à une vraie rénovation de notre projet), vous allez voir ce qu'on va voir !!! Bref, on ne change pas une équipe qui gagne et une méthode qui a fait ses preuves

Or,  il y a un malaise dans la section, et dans la circonscription, mais c'est la faute à...

Moi, la chasse aux sorcières ne m'a jamais intéressé. Ce que je veux savoir, c'est comment on s'en sort, qu'est ce qu'on propose?

Des propositions existent, des camarades en ont fait, j'en ai quelques unes en stock. Pas de recettes miracles, mais qu'au moins on puisse en débattre, proposer ICI ET MAINTENANT un autre fonctionnement sans attendre les révolutions de palais à Solférino ou rue Gloriette.

Remettre la section en ordre de marche, dans le respect de la diversité, dans un nouveau contexte, où la gauche est majoritaire sur le canton, où des camarades ont des fonctions électives, ce qui nous  pose une question qui n'est pas nouvelle : quels rapports entre les militants et les élus, comment jouer notre rôle de force politique sans se laisser manoeuvrer ni plomber leur travail? Cette simple question mérite déjà en soi un débat, physique ou par mail si c'est bien géré. Pour info, la section compte 59 membres, dont 7 non connectés. Nous étions 12 hier... Je vous laisse cogiter ça...

Quant au fait que je mette ça en ligne, donc sur "la place publique" (une petite place, je vous rassure) tapez dans un moteur de recherche: Mélenchon, Valls,Lang, Filoche, ou plein d'autres...Vous trouverez leurs sites ou blogs.

Je fais comme eux, c'est tout.

Pour finir, une petite vidéo pas musicale (j'ai retrouvé Daily motion, désolé...), mais qui fait plaisir, pour celles et ceux qui n'ont pas vu Filoche à Mâcon récemment, 6 minutes de gauche...

  

 

10.06.2008

Oui, il y a une gauche au ps

WantedPoster.jpgC'est un peu comme sur l'image que je pensais être: un animal bizarre au milieu de gens "bien comme il faut", qui disent bonjour à la dame et  merci au banquier.
Et voila-t-y pas que je découvre, en chair et en os, un socialiste qui nous dit, tranquillement, que NON, la France n'est pas pauvre, que le problème des retraites n'est pas si compliqué que ça à gérer, c'est juste une question de choix politique : ou on prend l'argent aux riches pour le donner aux pauvres, ou c'est le contraire, que la valeur travail n'existe pas, mais que la valeur de MON travail, ça, c'est une réalité.
Je découvre un membre du conseil national du ps, s'il vous plait, qui nous dit : "je recevais dans mon bureau d'inspecteur du travail, il y a quinze jour...". C'est qu'en plus, il fait pas politique à plein temps, le bonhomme, c'est pas son vrai métier, et les salariés, il en rencontre des vrais (si, ça existe, il nous a dit que 93% de la population active aujourd'hui est salariée...)
Allez, vous l'avez reconnu, c'est un certain Gérard Filoche, peut-être que lui aussi il est classé "abnormal behaviour" par les sociaux libéraux qui se lancent dans l'investiture secrétariale préparatoire au prochain congrès.
Mais je ne peux pas tout bien expliquer comme lui, il faut lire le projet de contribution de Démocratie & Socialisme (et pas le contraire : socialisme et démocratie, c'est Stauss Kahn).
Sur le site, la présentation du texte est simple, directe :

Enfin une contribution de gauche dans le Parti socialiste

Elle parle de social, de salaires, des 35 h, du code du travail, de la sécu, de la retraite à 60 ans, de l’impôt républicain, inouï, non ?

Devinette : la presse braquera t’elle ses projecteurs dessus ?

Nous sommes socialistes ET socialistes

 Entre ceux qui me disent : pourquoi tu reste avec eux, et les autres : pourquoi tu reste chez nous, j'ai trouvé ma réponse : parce qu'il y a encore un peu de lumière au fond du couloir, et que j'ai bien envie de visiter cette pièce là.

 Accessoirement, il était invité à Mâcon par le collectif "Riposte", composé d'associations, du PC, d'Attac, du PS (un peu de bout des lèvres pour ce dernier....).

Riposte, résistance, on reste dans le même vocabulaire!!

Crédit photo : Anouchka L.

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