29.12.2008

Intermède culturel

Homer-Simpson---DaVinci.jpg

Je ne suis pas trop rap, ni slam, mais aussi je ne suis pas trop musique de chambre, opéra, opérette, jazz, gospel musique classique, la liste et longue. Ce que j'aime, vous le découvrez au fil des virgules musicales de ce blog.

Ce que je ne suis pas non plus, enfin j'essaie, c'est méprisant envers ces différents styles. J'accroche pas, c'est tout.

Aussi, au hasard d'un surf sur le post, j'ai été ulcéré par le mépris évident du sieur Zémour, triste chroniqueur devant l'éternel, et de son homologue "de gauche" Naulleau. Avant que je n'argumente plus avant, je vous invite à visionner un extrait de l'émission "on n'est pas couché" :


Ce qui transpire des deux chroniqueurs, c'est que hors les grands Zauteurs, point de salut. Si tu ne maîtrises pas Hugo, Verlaine et Montesquieu dans le texte, tu n'es qu'un sauvageon inculte, à peine digne d'un regard condescendant  (en un seul mot, merci). Le slam (improvisé?) du spectateur recadre bien le débat. Comment amener à "la grande littérature" ceux qui ont de l'école des souvenirs d'échec, d'exclusion, d'impasses?  Comment être politiquement correct (de gauche) si tu craches pas en permanence sur la société?. Les deux larrons s'accordent pour descendre en flèche les deux artistes invités.
Franchement, je ne connais ni l'un ni l'autre, mais leurs réponses m'ont semblé sensées, simplement pragmatiques, loin des grandes théories de ceux qui vivent bien au chaud dans leurs bibilothèques/vidéo-discothèques dûment estampillées "cultureuses". Et on retrouve sous jacente cette pédagogie que le sieur Darcos entend remettre à l'honneur : on fait d'abord étudier les grands textes, bien pénibles,  bien ch... aux élèves, et après on leur dit : "aimez donc cette littérature, connaissez là par coeur, et on vous respectera..." Ca vaut pour de nombreuses disciplines scolaires, bien sûr.
L'élitisme n'est ni de gauche, ni de droite, les deux s'en accommodent fort bien (comment peut-on être socialiste sans connaître l'oeuvre de Jaurès par coeur?).

La chanson ci dessous plairait peut-être plus aux deux bien-pensants, on y cite même les paroles d'un président de la République. Les références culturelles ne manquent pas dans ce texte, à vous de les retrouver (c'est notre grand jeu de fin d'année).

22.12.2008

Nous zy voilà

A0174.jpgForcément, ça devait arriver. Embarqué dans l'histoire folle du congrès de Reims, on finit par se retrouver dans l'appareil, membre du conseil fédéral, du bureau fédéral, et tout le toutim...Il faut réapprendre à tourner sept fois sa langue dans sa bouche, et faire gaffe qu'au bout du troisième tour elle ne soit pas en bois (la langue, pas la bouche).

Comme c'est bientôt Noël, je vous mets une belle image qui va bien : Daniel dans la fosse aux lions, par un dénommé Rubens. Juste pour vous donner une idée de mon humeur. Et pour aller avec la belle image, le beau texte. Je voulais le placer depuis un moment, je crois que c'est l'heure.

Si vous avez oublié votre Cyrano, un petit rappel :

"Le Bret
Si tu laissais un peu ton âme mousquetaire
La fortune et la gloire…

Cyrano
Et que faudrait-il faire ?
Chercher un protecteur puissant, prendre un patron,
Et comme un lierre obscur qui circonvient un tronc
Et s’en fait un tuteur en lui léchant l’écorce,

Grimper par ruse au lieu de s’élever par force ?
Non, merci. Dédier, comme tous ils le font,

Des vers aux financiers ? se changer en bouffon
Dans l’espoir vil de voir, aux lèvres d’un ministre,
Naître un sourire, enfin, qui ne soit pas sinistre ?

Non, merci. Déjeuner, chaque jour, d’un crapaud ?
Avoir un ventre usé par la marche ? une peau
Qui plus vite, à l’endroit des genoux, devient sale ?
Exécuter des tours de souplesse dorsale ?…
Non, merci. D’une main flatter la chèvre au cou
Cependant que, de l’autre, on arrose le chou,
Et donneur de séné par désir de rhubarbe,
Avoir un encensoir, toujours, dans quelque barbe ?
Non, merci ! Se pousser de giron en giron,
Devenir un petit grand homme dans un rond,
Et naviguer, avec des madrigaux pour rames,
Et dans ses voiles des soupirs de vieilles dames
?
Non, merci ! Chez le bon éditeur de Sercy
Faire éditer ses vers en payant ? Non, merci !
S’aller faire nommer pape par les conciles
Que dans les cabarets tiennent des imbéciles ?
Non, merci ! Travailler à se construire un nom
Sur un sonnet, au lieu d’en faire d’autres ? Non,
Merci ! Ne découvrir du talent qu’aux mazettes ?
Etre terrorisé par de vagues gazettes,
Et se dire sans cesse : “Oh, pourvu que je sois
Dans les petits papiers du Mercure François
?”…
Non, merci ! Calculer, avoir peur, être blême,
Préférer faire une visite qu’un poème,
Rédiger des placets, se faire présenter ?
Non, merci ! non, merci ! non, merci ! Mais… chanter,
Rêver, rire, passer, être seul, être libre,
Avoir l’œil qui regarde bien, la voix qui vibre,
Mettre, quand il vous plaît, son feutre de travers,
Pour un oui, pour un non, se battre, -ou faire un vers !
Travailler sans souci de gloire ou de fortune,
A tel voyage, auquel on pense, dans la lune !

N’écrire jamais rien qui de soi ne sortît,
Et modeste d’ailleurs, se dire : mon petit,
Sois satisfait des fleurs, des fruits, même des feuilles,
Si c’est dans ton jardin à toi que tu les cueilles !
Puis, s’il advient d’un peu triompher, par hasard,
Ne pas être obligé d’en rien rendre à César,
Vis-à-vis de soi-même en garder le mérite,

Bref, dédaignant d’être le lierre parasite,
Lors même qu’on n’est pas le chêne ou le tilleul,
Ne pas monter bien haut, peut-être, mais tout seul !"

Si vous êtres rétif à l'Alexandrin ( pas Claude François, les 12 pieds...) la même chose en vidéo. Vous comprendrez mieux, si vous maîtrisez mal comme moi le langage fleuri d'Edmond Rostand, que loin d'être l'éloge de l'égoïsme, ce texte s'élève contre les baronnies et courtisaneries  qui ont de tout temps régné.

07.12.2008

Arnopilami

stickers_marsupilami-2.jpg On le disait décrédibilisé, écarté, isolé, au départ d'une jolie travérsée du désert....et boum, le revoilà en première ligne, dans "la jeune garde rapprochée" de Martine. Lui qu'on avait croisé au congrès de Reims solitaire, quasi muet, traînant un spleen rimbaldien, il nous revient aux avant-postes, chargé de la rénovation. Et là, ça laisse vraiment songeur.

Certes il a fondé "les rénovateurs", en bidouillant une nouvelle alliance entre son courant "Rénover Maintenant" et le courant de Strauss-Kahn, "Socialisme et Démocratie". Mais les mauvaises langues disent que la consultation de sa base a été des plus sommaires. Les mêmes mauvaises langues disent aussi que ce genre d'alliance, qui ne sert au fond qu'à prendre le pouvoir du parti, n'est pas si nouvelle, on a déjà vu pire en matière de mélange de la glace et du feu.

Certes, il a porté une ligne "plus à gauche" : 6ème République, dénonciation des paradis fiscaux,  mandat unique... La 6ème République est rentrée dans le crédo du Parti depuis quelques temps déjà, quant au mandat unique, c'est lui, l'Arnaud, qui est rentré dans le rang en cumulant joyeusement députation et présidence du Conseil Général. Si on ajoute à ça son tout nouveau secrétariat national, il n'aura pas trop de 36 heures par jour pour tout faire.

Alors quand on l'accuse de retourner sa veste, il ne se démonte pas trop, encaisse le coup, et répond que ce qui compte, c'est de faire avancer le parti. Les mêmes mauvaises langues vont encore dire qu'il s'occupe surtout de faire avancer sa carrière. Les gens sont méchants.

Bon, pour la Rénovation, on va attendre ses propositions. Sur le terrain, on est assez curieux, vu que sa lors de sa dernière intervention, en interne, à la fédération du 71, il a conforté un fonctionnement artistique et flou, à la marge des statuts, et n'a pas lancé de propositions concrètes sur de nouveaux fonctionnements, de nouvelles militances, de nouvelles approches des grands sujets.

Au final, chapeau l'artiste, un beau retournement de situation, inattendu, mais qui augure mal d'une détermination à toute épreuve. Si il a bien intégré les finesses des jeux d'appareil, il traîne encore son spleen, pas vraiment langoureux, quant à l'état de santé du parti, sa capacité  à répondre aux enjeux actuels, sa capacité à retrouver son électorat "naturel" : le salariat, le peuple...

Alors certains s'arrangent...et d'autres restent persuadés qu'il n'y a pas d'arrangements possibles, ou au moins crédibles...

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