14.04.2009
Fatigant, trés fatigant !
Dans une vie de militant, on ne gagne pas toujours. Je dirais même qu'actuellement, pour les militants tendance humaniste, on gagne de moins en moins, les coups sont de plus en plus rudes.
Et pourtant, on continue. Parce que dans les luttes se créent des solidarités, des amitiés, une certaine fraternité, issues du combat commun, des déconvenues communes, et encore meilleur, de chaque petit bout de victoire, acquis plus ou moins facilement. Cette fraternité, j'ose le mot, ne se créé pas au regard de l'issue, en fonction du résultat, mais dans les réunions, les échanges, même si ils sont parfois un peu vifs, dans la découverte du respect mutuel, dans les accords et les désaccords assumés et surmontés pour aller vers un objectif commun.
Enfin ça, c'est ce que j'avais vécu pendant quinze ans, que je vis encore dans certains mouvements militants, où il n'y a rien à gagner, que des coups à pendre, qu'un idéal à défendre.
Dès qu'il y a un panier garni au bout du champ de course, une carotte au plus méritant, ça change tout.
C'est ce que j'ai découvert au PS. Encore que je le soupçonnais bien un peu, mais là, je le vis, c'est du concret.
Là où, ailleurs, on se met d'accord sur une action, on s'organise, on informe, on mobilise, au parti, on fait pareil, et on attend de savoir comment les gens du parti vont dégommer votre action.
Parce qu'il faut bien comprendre plusieurs règles du parti.
1) L'action pour l'action, c'est inutile. Agir, réagir parce que, tout simplement on n'est pas d'accord avec une loi, une déclaration, ça ne sert à rien. il est urgent de s'abstenir.
2) Toute action doit être pensée en fonction de la victoire à venir (ou en tous cas l'élection prochaine).
3) Donc celui qui agit a des visées électorales inavouées (ou avouées, mais c'est plus rare).
Partant de ce sophisme de bon aloi, dès que tu bouges dans le parti, tu es un candidat potentiel à une élection. on ne sait pas laquelle, mais comme "ils" sont tous en quête permanente, ils savent pour toi.
Et comme les places sont rares et chères (fameux sophisme : un cheval bon marché est rare, ce qui est rare est cher, donc un cheval bon marché est cher), donc ces places sont très convoitées, dès la défaite encaissée, on vise la prochaine fois, ou c'est sûr ça va passer...Mais pas question de se laisser piquer cette place.
Et comme il est plus facile de descendre d'abord ses voisins que l'adversaire, première étape : dégommer dans son entourage tous ceux qui ont les mêmes ambitions. On les reconnaît facilement : ce sont ceux qui "agissent".
Retour à la case départ.
Alors toi, tu viens tout bêtement faire ce que tu fais depuis, pfuitt, quelques années, mais ailleurs, et là, tu ramasses.
D'abord, on t'explique que tu n'as de leçon à donner à personne, ce qui est une façon subtile de dire : nous n'avons de leçon à recevoir de personne. Mais admettons, j'avoue que j'ai encore beaucoup à apprendre.
Ensuite, on te dit que ton idée, là, c'est bien, on est d'accord, mais...
Et alors là, le grand déballage : c'est pas coordonné au plan départemental, régional, inter régional, c'est pas ce qui a été décidé, dans une réunion ou tu n'étais pas invité, c'est contre productif, etc...
Tu redécouvres la langue de bois, celle qu'on te sers sur les plateaux télé des grandes campagnes, tu la retrouve, bien dure, pour un petit tract, une petite réunion, une mini initiative lors de laquelle tu risques d'être un peu mis en valeur, et donc devenir dangereux.
Résultat final : j'avais appris à passer du temps dans les préparations d'action pour souder les énergies, les fédérer, se doper à l'adrénaline du groupe, je passe aujourd'hui mon temps à éviter les croches pieds des camarades, les coups de surins amicaux dans le dos. C'est fatigant.
Je parle du PS, à droite ils font pareil, mais là, ça me gêne mois, j'y suis pas.
Alors pour vous reposer de ce billet, lu en trois minute, je vous propose 15 minutes de pur bonheur, un texte peu connu du gigantesque Nougaro, un texte de poésie totale, un texte de sérénité dans ce monde de...(complétez à votre guise).
PLUME D'ANGE (C.NOUGARO)
envoyé par MissmiMex
22:56 Publié dans humeur | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : ps 71, militer, nougaro, plume d ange


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Commentaires
D'où ma question, dans un précédent billet : pourquoi ? Non seulement, ce parti n'offre plus de convictions, de pensée, mais il semble devenir dangereux, lui aussi.
Ecrit par : facteur interrogatif | 15.04.2009
allez, je vous le promets c'est la dernière fois que je vous le sors après je changerai de rengaine: " en politique seul le pragmatisme compte "
Ecrit par : manu | 16.04.2009
Flodechambe (bonjour !), je peux comprendre ta farouche détermination à vouloir dégommer (civiquement) sarko, MAIS je ne vois pas dans le fait que le PS est un "parti de gouvernement", un argument pour y rester.
Je trouve, pour ma part, que ce parti, ses dirigeants, ceux qui gouverneraient justement, s'ils étaient élus, non seulement s'est flingué, discrédité, décrédibilisé, pris, lui aussi (comme sarko qui n'en est qu'une émanation sur-accomplie, puisque ça arrange ses intérêts perso et idéologiques) dans le moove contemporain (s'emparer de l'image, chercher des emblêmes, mais sur un plan marketing, et non plus symbolique = à part de la soupe, qu'est-ce que c'est ?) et dans ses contradictions (citer Jean Jaurès et soutenir le capitalisme, mener une politique libérale visant aussi son enrichissement perso, à nos frais, sur tous les plans). Que font tous ces socialistes qui coopèrent/collaborent à ce gouvernement ? Ils vont à la gamelle, la même gamelle. L'intérêt domine absolument, et l'intérêt, disait Marx, ne pense pas, il calcule (Peillon a dû étudier ça pendant son cursus) : lire le billet plus haut... Alors devant le désastre interne (régression et sécurisation à gogo) et le désastre externe (conflits, famines, crise écologique décisive) il ne s'agit pas seulement de dégommer sarko au profit de gens qui n'ont aucune "vision" éclairée des choses, aucune représentation claire et déterminée : un homme/femme politique digne de ce nom doit porter une vision, et agir, dans la mesure du possible sur le réel, pour le faire bouger. Le PS, tel qu'il est devenu, s'il était au pouvoir, c'est l'assurance de la même réalité, de la même gamelle, habillée différemment (avec une plume dans l'cul ? comme dit Gerra quand il imite l'insupportable Jack Lang). J'en veux beaucoup à certains, qui sont intelligents, cultivés (le vinvin, il est censé savoir penser, non ?) de ne pas se donner ce mal, cette peine, de ne travailler qu'à leur intérêt perso, de s'en taper des vingt ans à venir, d'être irresponsables, vaniteux, etc.
Ils sont indéfendables, et ne savent pas leur chance de compter parmi leurs militants des personnes valeureuses et intègres, mais ces personnes là sont manipulées, manipulées parce qu'elles ont des convictions et mettent leur énergie et leur intelligence au service de gars/filles qui n'ont, au fond, que du mépris. C'est peut-être ce qui me fâche le plus, ce mépris.
Ecrit par : facteur interrogatif | 17.04.2009
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