24.06.2009

Depuis que j'ai quitté le marigot, j'en perçois chaque jour mieux la turpitude.

croco.jpgC'est par cette phrase que je commence un commentaire sur le post de ma copine Flo de Chambé.

La pauvre postule au secrétariat de section de Cluny, ce à quoi je l'ai encouragée, je l'avoue. Elle a les compétences, le dynamisme, la connaissance du parti, une vraie envie de changer les choses. Bon, elle est royaliste, mais ça, on lui pardonne. Je suis de loin ses mésaventures, on a beau avoir quitté un port, on ne l'oublie pas du jour au lendemain. Mais je ne regrette pas d'avoir largué les amarres. Elle est en train de vivre ce que j'ai vécu : des coups bas, des attaques sur sa personnalité, ses petits défauts, on la soupçonne d'être mal dans sa peau, un peu dérangée, les méthodes habituelles, quoi. Et comme "ils" n'ont personne à mettre en face, un groupuscule suspend le processus électoral et met la section sous tutelle.

Au demeurant, hormis l'amitié que je porte à Flo et à quelques camarades de la section (ça diminue vite en nombre), je m'en moque un peu. C'est leur problème, si ils ne respectent pas leurs propres statuts ( ça, c'est 6 mois de bagarre au niveau fédéral) et si la chasse à la place est renforcée par les édiles locaux : conseiller général, adjoint à la comm de Cluny en premier. Il est urgent de préserver les pouvoirs en place. On m'avait toléré (avouons que j'ai quelques heures de vol à mon actif et une petite notoriété locale), elle on va l'achever.

Et ceux là même qui ont souffert du système s'y plient, sans le remettre en cause, sans vouloir le réformer, même un tantinet. C'est que, quand on tient un poste, faut plus le lâcher.

Ce qui me dérange vraiment, c'est le peu de cas que fait la fédération du PS 71 de la plus élémentaire humanité. Entendez par là qu'on est prêt à piétiner, massacrer, lapider, déchiqueter -moralement, sans doute - tout opposant n'ayant pas un baron dans sa manche. Une certaine conception du socialisme que je n'ose pas qualifier plus, mais dont on devine les dérives possibles, il suffit de rajouter un préfixe nominal (ça existe, facteur?) et on passe dans l'horreur.

Vraiment, allez lire la prose de Flo, ça vous donnera une juste idée de la vie au sein du PS 71.

Pendant ce temps là, au plan national, le PS respire : ouf, pas de transfuge dans le nouveau gouvernement Sarko. C'est un progrès.

En interne, le " président de conseil général/député/secrétaire nationale du parti à la rénovation/chef de fait du PS 71" (excusez le non-cumul) nous pond un superbe rapport sur la rénovation qui fait tousser au sein même de son parti. Je m'y attarde un peu, parce que depuis que je ne suis plus au PS, j'ai l'impression de faire plus -et mieux- de politique, et de gauche. Et comme ce rapport concerne toute la gauche, voyons ce qu'il propose.

Selon le Nouvel Obs :

"faire émerger un candidat légitime,

des primaires seraient "ouvertes" à l'ensemble des partis de gauche,

une campagne qui doit être "longue et compétitive" afin de faire émerger "le meilleur",

permettre "la réunification de tous les partis et militants" derrière le gagnant

signer une déclaration de principes, se dire sympathisants de gauche et s'engager à voter pour le vainqueur des primaires."

Bon, j'aurais bien quelques critiques moi aussi (notamment sur le dernier point), mais admettons.

Alors comme je ne veux pas être que le mauvais coucheur empêcheur de penser en rond, j'apporte mon soutien à mon ex-camarade Arnaud : ne te laisse pas impressionner par ces médisants, et pour leur prouver que c'est possible, organise toi-même ces primaires lors des prochaine cantonales en Saône et Loire.

Dans ce département semi rural, pas besoin de s'inquiéter des infiltrations du Modem : on les connait tous les 4...

Quant aux sympathisants de gauche, dans nos cantons, on les connaît aussi, on a fait assez de campagnes (électorales) ensemble : municipales, cantonales, etc...Pas besoin non plus de louer des chapiteaux, comme j'ai lu quelque part. On trouvera bien des mairies sympathisantes pour prêter des salles.

Inutile d'attendre les présidentielles, les primaires ouvertes à gauche, c'est demain, aux cantonales, en 71. Il paraît qu'on a de la marge en nombre d'élus, et part deux grandes villes (Mâcon et Chalon) acquises à Rénover Maintenant, tout le département, et donc la fédé en premier, te suivra comme un seul homme.

Et pour finir, on va me demander : maintenant que tu es parti, pourquoi tu critiques encore le PS? C'est exact et judicieux. Mais comme je le dis plus haut, on ne rompt pas du jour au lendemain, et politiquement, ce parti reste incontournable dans la structuration des gauches françaises. Si on ne lui dit pas ce qu'on lui reproche, de l'intérieur comme de l'extérieur, si on n'essaie pas de faire passer quelques messages pour qu'il joue vraiment un rôle fédérateur, sans hégémonie, on ne travaille pas à l'union de ces gauches.

Mais je peux me tromper...

Et on continue dans mon panthéon musical, la vidéo n'est pas top, allez vite acheter l'original, ou faites vous le prêter (et à mort hadopi...)

Dick Annegarn, Bruxelles

06.06.2009

De la communication interne, externe, ou pas...

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La dernière fois, je vous ai parlé de la sociologie du parti. On va aborder un peu le thème de la communication interne, et de ses conséquences diverses.

Comme dans toutes structures, il y a un temps plus ou moins long entre le départ d'un membre et le moment où il ne reçoit plus d'infos de l'organisation. Je reçois donc encore les revues et les mails du département, du national, de la section.

Enfin, quand je dis : je reçois, avouons que  les mails du parti et de la fédération n'encombrent pas mon disque dur. En pleine campagne électorale, alors qu'il y a quand même un peu le feu au lac... les mails aux secrétaires de sections se comptent sur les doigts de la main droite.

Entre le 22 mai et le 3 juin, pas un seul mail du PS 71. Rien le 23, rien le 24...ça reprend le 3 juin, soit onze jours de silence radio sur la toile. Et le 3 juin, message politique fort : on cherche des assesseurs pour les bureaux de vote. 2 mails sur ce sujet.

Depuis (nous sommes le 6) pas d'autre message. Trop d'info tue l'info, l'info au PS n'est donc pas morte.

J'avais par ailleurs informé de ma démission du parti par un mail le 29 avril, à 21h38 (oui, je conserve quelques mails...). Je remercie au passage les amis qui m'ont demandé pourquoi, au moins ça prouve qu'il s'intéressent un peu à moi (et plus de 50 mails en retour, ça flatte mon égo).

Il fallait donc que la fédération organise une élection pour pallier à cette défection. C'est là aussi classique dans toute structure fédérée.

Rien ne se passait, il semblait que cela inquiétait quelques militants. Perso, ce n'était plus mon problème, mais je comptais ironiquement les jours qui passaient, avec une section sans secrétaire, en pleine campagne, avec des tracts à distribuer, des invitations probables à des réunions, etc... Enfin bref, le B. A. BA des campagnes.

Il a fallu un article de presse (à la demande du journal : La Renaissance) évoquant ma démission, avec interview de votre serviteur, pour que ça bouge un peu dans le Landernau.

Alors là, panique à bord. Le conseiller général de la section, qui se targue de "ne pas se mêler de ce qui se passe à la fédé", se scandalise de cet article, la veille d'une élection, et lance aussitôt une procédure d'élections, sous couvert du premier fédéral.

Premier fédéral qui m'avait :

1) laissé un message sur mon portable le 30 avril pour savoir de quoi est-ce qui se passe?

2) interpellé au Creusot le 9 mai (j'y étais pour RESF 71) pour savoir si j'étais vraiment en colère contre lui  (je ne vous résume pas notre conversation).

9 mai, 6 juin, il n'avait pas bougé. On se demande bien à quoi servent les secrétaires de section.

Mais un article dans un hebdomadaire local, plutôt bien lu par chez nous, et vlan, on déclenche les grandes manoeuvres. Sûr que si le PS fait un mauvais résultat, ça va être de ma faute. C'est trop d'honneur.

Quelques commentaires un peu perfides, maintenant, je peux y aller, la discipline ne joue plus.

Sur le premier fédéral : son seul souci est son image. Au Creusot, j'ai bien compris qu'il voulait savoir quelles vacheries je pouvais balancer sur lui. Je n'en ai pas vraiment, il est trop inconsistant pour qu'on s'y arrête vraiment. Si il n'est pas cité dans l'article de presse, ce n'est pas une fleur que je lui fait, mais les hommes de paille n'ont pas de nom, juste un chapeau de la même matière,  qu'ils doivent manger de temps en temps.

Et sur notre brave conseiller général, qui est certes un bosseur, ce qui l'empêche d'ailleurs de déléguer, et dont le caractère carré, utile dans son travail sur les dossiers, l'incite trop souvent à accepter les arguments d'autorité (et surtout, on ne critique pas l'Autorité), on peut s'étonner qu'il n'ait pas pris plus tôt l'initiative de lancer la procédure de vote.

Une section, c'est bien utile pour les cantonales, les régionales, les municipales. C'est vrai que pour les européennes... il n'est pas candidat, alors.

Mais là, dans Le Journal...c'est l'image de la section de Cluny, donc la sienne, qui va en prendre un coup. Vite, agissons.

Bon, j'arrête là, certains vont me croire aigri, d'autres vont l'affirmer. Non, c'est sans rancoeur, ni amertume, ces petits évènements me confortent dans le choix que j'ai fait de quitter ce parti archaïque, où les coups de couteau dans le dos valent arguments. Quand on n'utilise pas les termes d'hystérique, arriviste, aggessif (ve), etc... pour décrire les petits camarades. Saine ambiance, je vous dit.

Pour parfumer un peu, et aérer la pièce, et parce que je veux ME faire plaisir, une ch'tite chanson nostalgique de mon top 50 perso.