01.04.2009

Quand les oeillères servent d'analyse

brueghel.jpgComme je vous l'ai déjà dit, on a dans notre fédération un canard interne, qui nous tient au courant et distille les bonnes nouvelles. De temps en temps, quand même, je suis secoué.

Le dernier édito ( numéro de mars 2009) est un modèle de langue de bois et de ...cul de plomb.

On y apprend que :

"Le 12 mars dernier; les mili­tants de Saône-et-Loire ont adopté à une très large majo­rité la liste des candidats aux élections européennes pour la région Nord-Est. Si ce type de désignation cristallise parfois les oppositions, 'cela ne s'est pas traduit dans les résultats du scrutin dans notre fédération"

Ben voyons ! Pour ceux qui n'ont pas suivi, rappel des résultats :

Sur 1871 inscrits, 969 seulement se sont déplacés, soit moins de 52 %. Sur ces 969, 611 ont voté pour la liste, soit 1 électeur sur 3 inscrits. Au final, la liste passe avec 66 % des suffrages exprimés, ce qui sur un scrutin à un seul choix, n'est pas un plébiscite : d'habitude, on a plutôt des scores de 90 à 95 % des suffrages. Un votant sur trois a fait l'effort de se déplacer pour s'abstenir ou voter contre.

Si on veut aller plus loin dans l'analyse, un coup d'oeil sur le tableau suivant :



pour contre abst
1ere 69,83 18,1 12,07
2ème 75,49 8,82 15,69
3ème 47,44 31,41 14,1
4ème 68,75 14,38 16,25
5ème 46,15 39,74 14,1
6ème 84,95 6,9 8,19
71 66,27 19,52 12,91

Etonnant, non, dirait Monsieur Cyclopède.

La 1ère circonscription, celle DU candidat local fait à peine mieux que la moyenne départementale. Quel enthousiasme!

En Bresse (6ème circonscription, pour les béotiens de la politique) ça cartonne à 85 %. La consigne du député a été suivie...

Dans la troisième : Autun, Le Creusot, patatras, on est en dessous de 50 %. Effet Billardon, maire du Creusot.

Dans la cinquième : Chalon et alentour, idem. Effet Sirugue...

Donc la large majorité... on repassera.

Quand au profil du candidat qui attire tant les militants du département. Je ne vais pas refaire la polémique dans laquelle certains se sont complus dans la presse. Passons donc sur le mode de désignation en amont des primaires.

Son panégyrique dans le même édito :

"Le candidat de notre dépar­tement est jeune, talentueux et sa réussite profession­nelle témoigne aussi de celle de notre école républicaine. Son élection serait un mes­sage fort envoyé à la fois à nos concitoyens, notam­ment ceux issus de l'immi­gration, et aux représentants de l'UMP qui se servent de la diversité à des fins uniquement politi­ques. Si j'en juge par certaines réactions relatives à cette liste dans notre dépar­tement, le chemin qui mène à la rénova­tion de la vie politique, y compris dans notre parti, promet d'être long et difficile, ne nous le cachons pas. Les tentations conservatrices demeurent fortes, parfois même, paradoxalement, chez nos cama­rades les plus jeunes."

Pas bien compris ce qu'on reproche aux jeunes (lesquels?), mais le laïus sur la diversité, la réussite de notre belle école républicaine, etc...me fait grincer les dents. Qu'on présente ce candidat, issu de l'immigration, bref un fils de maghébin, voire un maghébin tout court, comme un symbole de la rénovation, m'inquiéte quant à l'idée que se font certains de la rénovation.

Soyons clair, il n'est pas le premier à s'appeler Mustapha, Mohied, Ali, Rachida, etc... présenté (e) par un parti. Il n'y en pas assez, d'accord.

Mais ensuite : bonnes études, un profil de premier de la classe, bon parcours professionnel (fonctionnaire international), propre sur lui, causant bien la France, avec plein de mots compliqués si vous voulez, physiquement correct (non, je ne le drague pas..), bref, le profil habituel du futur élu de la République, tel que les partis, et le PS en premier, en fabrique depuis des décennies.

Si on avait le même, Abdel, Mohammed ou Boris, voire Azziza, Anzhéla, Anouchka, sans diplôme, causant le français des quartiers, ayant eu juste assez de galère pour savoir ce que c'est, voire même un peu handicapé (le style Djamel Debbouze, quoi), alors là, peut-être qu'on aurait fait bouger quelque chose dans le parti.

Mais problème: ce modèle là, on ne l'a pas en stock, même pas au catalogue, ma bonne dame, cherchez pas, ça existe pas chez nous.

Alors Mustapha, pas meilleur ni pire que d'autres (on pourrait aussi parler de Lien Hang Ngoc, numéro deux sur la même liste). Pas de quoi non plus en faire un fromage : ses chances d'être élu sont minimes, il faudrait que le PS fasse 27 % pour qu'il passe...c'est mal barré.

Pour finir, un savant mix' de Djamel, Gainsbar et Eddy Mitchell, dans un coulis de Drucker...


22.12.2008

Nous zy voilà

A0174.jpgForcément, ça devait arriver. Embarqué dans l'histoire folle du congrès de Reims, on finit par se retrouver dans l'appareil, membre du conseil fédéral, du bureau fédéral, et tout le toutim...Il faut réapprendre à tourner sept fois sa langue dans sa bouche, et faire gaffe qu'au bout du troisième tour elle ne soit pas en bois (la langue, pas la bouche).

Comme c'est bientôt Noël, je vous mets une belle image qui va bien : Daniel dans la fosse aux lions, par un dénommé Rubens. Juste pour vous donner une idée de mon humeur. Et pour aller avec la belle image, le beau texte. Je voulais le placer depuis un moment, je crois que c'est l'heure.

Si vous avez oublié votre Cyrano, un petit rappel :

"Le Bret
Si tu laissais un peu ton âme mousquetaire
La fortune et la gloire…

Cyrano
Et que faudrait-il faire ?
Chercher un protecteur puissant, prendre un patron,
Et comme un lierre obscur qui circonvient un tronc
Et s’en fait un tuteur en lui léchant l’écorce,

Grimper par ruse au lieu de s’élever par force ?
Non, merci. Dédier, comme tous ils le font,

Des vers aux financiers ? se changer en bouffon
Dans l’espoir vil de voir, aux lèvres d’un ministre,
Naître un sourire, enfin, qui ne soit pas sinistre ?

Non, merci. Déjeuner, chaque jour, d’un crapaud ?
Avoir un ventre usé par la marche ? une peau
Qui plus vite, à l’endroit des genoux, devient sale ?
Exécuter des tours de souplesse dorsale ?…
Non, merci. D’une main flatter la chèvre au cou
Cependant que, de l’autre, on arrose le chou,
Et donneur de séné par désir de rhubarbe,
Avoir un encensoir, toujours, dans quelque barbe ?
Non, merci ! Se pousser de giron en giron,
Devenir un petit grand homme dans un rond,
Et naviguer, avec des madrigaux pour rames,
Et dans ses voiles des soupirs de vieilles dames
?
Non, merci ! Chez le bon éditeur de Sercy
Faire éditer ses vers en payant ? Non, merci !
S’aller faire nommer pape par les conciles
Que dans les cabarets tiennent des imbéciles ?
Non, merci ! Travailler à se construire un nom
Sur un sonnet, au lieu d’en faire d’autres ? Non,
Merci ! Ne découvrir du talent qu’aux mazettes ?
Etre terrorisé par de vagues gazettes,
Et se dire sans cesse : “Oh, pourvu que je sois
Dans les petits papiers du Mercure François
?”…
Non, merci ! Calculer, avoir peur, être blême,
Préférer faire une visite qu’un poème,
Rédiger des placets, se faire présenter ?
Non, merci ! non, merci ! non, merci ! Mais… chanter,
Rêver, rire, passer, être seul, être libre,
Avoir l’œil qui regarde bien, la voix qui vibre,
Mettre, quand il vous plaît, son feutre de travers,
Pour un oui, pour un non, se battre, -ou faire un vers !
Travailler sans souci de gloire ou de fortune,
A tel voyage, auquel on pense, dans la lune !

N’écrire jamais rien qui de soi ne sortît,
Et modeste d’ailleurs, se dire : mon petit,
Sois satisfait des fleurs, des fruits, même des feuilles,
Si c’est dans ton jardin à toi que tu les cueilles !
Puis, s’il advient d’un peu triompher, par hasard,
Ne pas être obligé d’en rien rendre à César,
Vis-à-vis de soi-même en garder le mérite,

Bref, dédaignant d’être le lierre parasite,
Lors même qu’on n’est pas le chêne ou le tilleul,
Ne pas monter bien haut, peut-être, mais tout seul !"

Si vous êtres rétif à l'Alexandrin ( pas Claude François, les 12 pieds...) la même chose en vidéo. Vous comprendrez mieux, si vous maîtrisez mal comme moi le langage fleuri d'Edmond Rostand, que loin d'être l'éloge de l'égoïsme, ce texte s'élève contre les baronnies et courtisaneries  qui ont de tout temps régné.

07.12.2008

Arnopilami

stickers_marsupilami-2.jpg On le disait décrédibilisé, écarté, isolé, au départ d'une jolie travérsée du désert....et boum, le revoilà en première ligne, dans "la jeune garde rapprochée" de Martine. Lui qu'on avait croisé au congrès de Reims solitaire, quasi muet, traînant un spleen rimbaldien, il nous revient aux avant-postes, chargé de la rénovation. Et là, ça laisse vraiment songeur.

Certes il a fondé "les rénovateurs", en bidouillant une nouvelle alliance entre son courant "Rénover Maintenant" et le courant de Strauss-Kahn, "Socialisme et Démocratie". Mais les mauvaises langues disent que la consultation de sa base a été des plus sommaires. Les mêmes mauvaises langues disent aussi que ce genre d'alliance, qui ne sert au fond qu'à prendre le pouvoir du parti, n'est pas si nouvelle, on a déjà vu pire en matière de mélange de la glace et du feu.

Certes, il a porté une ligne "plus à gauche" : 6ème République, dénonciation des paradis fiscaux,  mandat unique... La 6ème République est rentrée dans le crédo du Parti depuis quelques temps déjà, quant au mandat unique, c'est lui, l'Arnaud, qui est rentré dans le rang en cumulant joyeusement députation et présidence du Conseil Général. Si on ajoute à ça son tout nouveau secrétariat national, il n'aura pas trop de 36 heures par jour pour tout faire.

Alors quand on l'accuse de retourner sa veste, il ne se démonte pas trop, encaisse le coup, et répond que ce qui compte, c'est de faire avancer le parti. Les mêmes mauvaises langues vont encore dire qu'il s'occupe surtout de faire avancer sa carrière. Les gens sont méchants.

Bon, pour la Rénovation, on va attendre ses propositions. Sur le terrain, on est assez curieux, vu que sa lors de sa dernière intervention, en interne, à la fédération du 71, il a conforté un fonctionnement artistique et flou, à la marge des statuts, et n'a pas lancé de propositions concrètes sur de nouveaux fonctionnements, de nouvelles militances, de nouvelles approches des grands sujets.

Au final, chapeau l'artiste, un beau retournement de situation, inattendu, mais qui augure mal d'une détermination à toute épreuve. Si il a bien intégré les finesses des jeux d'appareil, il traîne encore son spleen, pas vraiment langoureux, quant à l'état de santé du parti, sa capacité  à répondre aux enjeux actuels, sa capacité à retrouver son électorat "naturel" : le salariat, le peuple...

Alors certains s'arrangent...et d'autres restent persuadés qu'il n'y a pas d'arrangements possibles, ou au moins crédibles...

25.10.2008

C'est logique

Logo uma 71.jpg

 

 

 

 

A force de faire rien ka critiquer, râler, contester, il était temps de changer de registre.

L'heure est à l'action, aux propositions. Avec une joyeuse bande, on s'est donc embarqué dans l'aventure du Congrès de Reims.

Après avoir défendu la contribution Filoche, on se retrouve à soutenir la motion "Un monde d'avance", et on se régale assez, ma foi, à aller débattre avec les camarades un peu partout dans le département.

Depuis le temps qu'on attendait ça, de parler enfin politique.

Au final, plus beaucoup de temps pour alimenter cet espace, mais on peut se retrouver LA

Vous pouvez aussi cliquer sur le logo, ça mène au même endroit.

Donc un peu de silence ici, beaucoup de bruit ailleurs !!!

19.07.2008

Clunisois : émoi à la communauté de communes

le-canard.jpgNon, ce n'était pas dans le Canard Enchaîné, mais sait-on jamais. Et je ne vous raconterais pas, il faut aider la presse libre à vivre, car cela existe encore. Alors courrez chez votre marchand de journaux pour acheter notre hebdomadaire local encore indépendant, La Renaissance. Vous saurez tout sur cette petite histoire.
Et si elle perdure, sait-on jamais, on en reparle à la rentrée. 

05.07.2008

baiser hégémonique

baiser-rodin.jpgBon d'accord, le titre de ce billet mériterait d'être dans l'album hebdomadaire de la comtesse, mais je n'ai pas pu résister...un coucou au canard en passant.
Au départ, mon propos était plutôt de rebondir sur une déclaration de Besancenot reprise sur le nouvel obs permanent
"Le seul moyen de redonner confiance à des milliers de gens, c'est de faire comprendre qu'il y a une nouvelle force politique qui compte peser et contester l'hégémonie du PS sur le restant de la gauche".
Hégémonie, quel gros mot, quelle insulte s'offusqueront les barons....
Ben camarade, faut regarder de plus prés...
Hégémonie, déjà, ça veut dire quoi?
Sur Wikipédia, on nous dit : "Dans le langage courant, l'hégémonie est une domination sans partage "

Bon, c'est peut-être un peu fort, surtout côté domination : le ps ne domine plus grand chose en ce moment. Oui, bien sûr les conseils généraux, régionaux, des villes, mais exsangues du fait des transfert de charge de l'état vers les collectivités. On part vers des budgets de rigueur qui laisseront peu de marge pour développer des politiques vraiment différentes.
Ce qui est vrai, en revanche, c'est que le parti se  laisse peu infiltrer par les pratiques et les idées de gauche nouvelles.
Se laisser infiltrer pas des idées de droite, on y arrive assez bien, là on n'est pas hégémonique... Mais associer réellement les citoyens, les militants  associatifs, syndicalistes ou autres, voire carrément d'autres partis...c'est très compliqué.
Quelques exemples très concrets, tirés de mon microcosme.
Pas très loin, au chef lieu de canton, certains se sont énervés un peu : le ps aurait revendiqué la victoire, alors que la liste était tirée par un divers gauche. Un peu plus loin, en notre bonne préfecture, le ps a joué les absents lorsqu'un collectif local regroupant ATTAC ,le PC, une association locale, etc...a invité un orateur pour parler des retraites.
En voilà un sujet qu'il est intéressant, sur lequel il est bon de se montrer pour affirmer qu'on n'est pas d'accord avec ce qui se trame aujourd'hui, qu'on a des choses à proposer. 
Mais peut-êtres les hobereaux locaux avaient-ils pris ombrage de ne pas être à l'initiatve de cette action, peut-être ne partageaient-ils pas les thèses de l'orateur... ??? Résultat, à une exception notable (!) près, ils ont brillé par leur absence. Ah, j'oubliais, citons quand même le nom de l'orateur : un dénommé Gérard Filoche,  je vous en ai parlé il y a peu : silence dans les rangs . Il est quand même membre du conseil national, un gros calibre quoi.. Mais on se vexe pour un rien parfois...
Je suis sûr qu'en cherchant bien, on pourrait multiplier ce type d'anecdotes.
On ne reconstruira pas à gauche en s'ouvrant à droite ( ou alors, faut m'expliquer doucement...) mais en revenant  aux fondamentaux de gauche qui nous permettront de travailler avec les gens de gauche avec lesquels nous partageons des points communs - et pas forcement tout le programme.
On ne reconstruira pas dans ce sens en disant: sans nous, rien n'est possible, nous sommes incontournables, alors vous faites comme on dit... 
On ne se réformera pas sans aller voir les acteurs de la société : syndicats, associations, collectifs, sans leur demander leurs projets, sans leur proposer de faire un bout de chemin ensemble sur les idées qu'on partage. Sur le reste, chacun retrouve sa liberté, sans rancune et sans rancoeur.
On ne retrouvera pas la confiance de ces acteurs et de la population si les pouvoirs et les tribunes ne sont pas partagés, si les lauriers de la gloire (mais la gloire de quoi?) restent sur les mêmes têtes.
Je vous la fait courte, parce que je voulais surtout mettre mon titre en valeur, et si c'est trop long, vous allez l'oublier. Pour finir dans cette ambiance jeu-de-motesque , une création culturelle sur un monument de la chanson française :
 
 
 

13.06.2008

Silence dans les rangs, laissez parler les grands

cgt.jpgJe n'aime pas mélanger les casquettes, mais quand elles se mélangent d'elle même, il faut bien en tenir compte.

Or donc, ce jeudi 12 juin je recevais un des mensuels de mon syndicat préféré, diffusé à 600 000 exemplaires. La BD de Charp en page 10 ne peux pas laisser indifférent : quelle image peuvent avoir du parti les salariés, les syndiqués, quand un des dirigeants nationaux du ps est ainsi écharpé? Car pour le commun des non socialistes, Valls, Filoche, Hollande, Royal, Délanoë et les autres, c'est à mettre dans le même sac.

Et on se retrouve avec un parti complice des patrons,  et je ne peux pas leur en vouloir de penser ainsi.

Restons sur le cas "Valls". Oui, il l'a écrit, Libération du 20 septembre 2007

"Il est donc nécessaire de sortir d’un discours dogmatique et compassionnel pour construire les bases d’une politique de gauche efficace en matière d’immigration."

 "il ne faut pas craindre d’aborder la problématique des quotas même si cela nécessite une révision de notre Constitution. Pour garantir l’insertion sociale et économique des immigrés, il est indispensable, d’abord, de donner la priorité à la qualification et à la formation de celles et ceux qui arrivent sur notre sol."

"Seuls une harmonisation des politiques de contrôle et un renforcement des politiques européennes de codéveloppement pourront canaliser, sur la durée, la pression migratoire." Sur ce sujet, je vous invite à cliquer sur le lien "contre la directive de la honte", pour voir ce que ça donne, l'harmonisation européenne!

Sur son blog, pas d'hésitation : " Moi, je veux aider à concilier la gauche avec la pensée libérale" (interview au Point, billet du 26 avril 2008).

"Aujourd'hui, on vit plus longtemps, et il est probable que nous allons devoir travailler plus pour vivre mieux" (entretien France Soir, 19 mai 2008)

On pourrait ainsi enfiler les perles à satiété. Mais c'est un goût amer qui nous resterait dans la bouche, alors j'arrête là.

D'autant que mon propos n'est pas tant d'accabler le sus nommé Valls (encore que...), mais de m'étonner que d'un côté, les dirigeants nationaux se commettent dans de telles dérives, s'attirent les réactions des "partenaires historiques de la gauche" (voir dessins de Charp) et dans un même temps, on nous dit, à nous militants de base : silence dans les rangs, de la discipline, camarade, le temps du congrès va venir, là vous aurez la parole.

Et pourquoi la parole, je ne l'aurais pas aujourd'hui, comme les camarades Valls, Royal, Délanoë - un autre néo socialo libéral, celui là- et autres "grandes figures"?

Parce que, pour faire court et ne pas dévoiler le débat passionné, voire passionnel, que nous avons eu en section hier, c'est un peu ce que j'ai entendu. Après une série d'échanges de mails qui allaient crescendo, sans modération, le message des "officiels" du parti a été clair : on ne change pas nos méthodes, on ne se remet pas en question sur notre fonctionnement, pour apaiser le débat et parler enfin politique : un calendrier a été fixé par Solférino, on va la jouer à l'ancienne, abreuver le parti de contributions, laisser mariner ça dans les coulisses de la Rochelle, de Reims, et fiers de nos victoires récentes, (dont Valls lui même dit quelles sont plus dues à un rejet de Sarko qu'à une vraie rénovation de notre projet), vous allez voir ce qu'on va voir !!! Bref, on ne change pas une équipe qui gagne et une méthode qui a fait ses preuves

Or,  il y a un malaise dans la section, et dans la circonscription, mais c'est la faute à...

Moi, la chasse aux sorcières ne m'a jamais intéressé. Ce que je veux savoir, c'est comment on s'en sort, qu'est ce qu'on propose?

Des propositions existent, des camarades en ont fait, j'en ai quelques unes en stock. Pas de recettes miracles, mais qu'au moins on puisse en débattre, proposer ICI ET MAINTENANT un autre fonctionnement sans attendre les révolutions de palais à Solférino ou rue Gloriette.

Remettre la section en ordre de marche, dans le respect de la diversité, dans un nouveau contexte, où la gauche est majoritaire sur le canton, où des camarades ont des fonctions électives, ce qui nous  pose une question qui n'est pas nouvelle : quels rapports entre les militants et les élus, comment jouer notre rôle de force politique sans se laisser manoeuvrer ni plomber leur travail? Cette simple question mérite déjà en soi un débat, physique ou par mail si c'est bien géré. Pour info, la section compte 59 membres, dont 7 non connectés. Nous étions 12 hier... Je vous laisse cogiter ça...

Quant au fait que je mette ça en ligne, donc sur "la place publique" (une petite place, je vous rassure) tapez dans un moteur de recherche: Mélenchon, Valls,Lang, Filoche, ou plein d'autres...Vous trouverez leurs sites ou blogs.

Je fais comme eux, c'est tout.

Pour finir, une petite vidéo pas musicale (j'ai retrouvé Daily motion, désolé...), mais qui fait plaisir, pour celles et ceux qui n'ont pas vu Filoche à Mâcon récemment, 6 minutes de gauche...

  

 

25.05.2008

On vole à vue dans le brouillard

1632154761.jpgCe serait à mourir de rire, mais on verserait dans l'humour macabre.

Résumé de quelques faits :

Alors que la désespérance des français fait croire à la gauche -surtout au ps- qu'elle a remporté une magnifique victoire lors des dernières élections, tous les secteurs n'ont pas eu le même dynamisme.

En 71, on a connu: soit pléthore de candidatures ps,   soit une débandade magistrale (voir billet précédent) qui a fait perdre à la gauche plus de dix points entre les législatives/présidentielles et les municipales/cantonales. Je parle bien sûr de Mâcon. 

Alors maintenant il faut faire les comptes. Les bons comptes faisant les bons ennemis, on a trouvé sur le mâconnais la coupable idéale, la candidate aux législatives, gentiment mais fermement écartée aux cantonales, isolée sur les municipales, donc fautive de ne pas s'être imposée face aux caciques locaux et trans locaux (il y a du bressan dans l'air...).

Hardi petit, c'est reparti comme en 14 (14cent 31, date de la crémation la plus célèbre de France), on chasse la sorcière. Le secrétaire de circonscription himself demande la tête, les pieds et les mains de la susdite candidate. Brûlons la, ce sacrifice expiatoire nous purifiera tous. L'annonce faite (pas à Marie) en section, serait accompagnée d'un courrier à la fédé!

Réalité, hypothèse? Les paroles, en tous cas, sont avérées par plusieurs camarades présents lors d'une réunion de section à Mâcon.

A Cluny, où le candidat divers gauche a gentiment pris la ville, le ps promène sa victoire sur les remparts de Varsovie : le ps a gagné Cluny. On entend tousser les membres non encartés (ou encartés ailleurs) de la liste victorieuse. L'hégémonisme est généralement peu apprécié.

 Et pour arranger tout ça, des camarades se balancent des mails acerbes, ce qui fait partie de la vie démocratique de tout collectif. Bref, l'ambiance est chaude, à défaut d'être chaleureuse.

A Mâcon comme à Cluny (et peut-être ailleurs dans le département), il se passe ce qui n'est pas rare dans un groupe de personnes visant toutes le même objectif, mais préconisant des voies différentes : ça discute, ça s'énerve, le ton monte un peu, un peu plus, on atteint les aigus, on va bientôt passer aux ultra sons (j'ai pas écrit ultra çons...).

Normalement, dans tout collectif qui fonctionne un peu bien,  il y a des "autorités de régulation", fédé départementale, régionale, nationale, etc...

Leur premier boulot n'est pas tant de dire qui a tort ou raison, mais de faire en sorte que l'appareil fonctionne et de mettre de l'eau sur les premières braises, avant que l'incendie ne se propage.

État des lieux :

Première  autorité de régulation à Cluny : le secrétariat de section. Sa titulaire est impliquée dans les critiques portés à l'encontre du parti contre l'hégémonisme dont il fait preuve. Sur les échanges de mails entre camarades, pas une seule réaction pour arrondir les angles.

Deuxième autorité de régulation : le secrétariat de circonscription. Voir plus haut, il joue à l'évêque Cauchon, et instruit le procès en hérésie.

Troisième autorité : le fédé départementale. Il n'y a pas d'abonné au numéro que vous avez demandé.  Silence radio, panne de radar, voir l'illustration de ce billet. Le secrétaire fédéral a bien été informé de sdifficultés de la section de Cluny, mais ça doit le dépasser.

Résultat de cette course d'autistes : personne pour proposer au moins une médiation, et personne pour avancer des axes de travail fédérateurs. On part sur un combat de gladiateurs.

On va donc continuer à flinguer tous azimuts, compter les cadavres pour savoir qui sera vainqueur au final. James Bond va faire figure de non-violent au regard de cet OK Corral du sud de la Bourgogne.

Certains bien évidemment me reprocheront ce billet : "tu n'es pas obligé de déballer nos petits problèmes internes, lavons notre linge sale en famille"...

Camarade, traîne un peu sur les marchés, dans les manifs, tu verras alors que cela devient de notoriété publique, que seul le Journal de Saône et Loire ne nous fait pas encore l'honneur de traiter du sujet.

Alors ne soyons pas hypocrites et mettons cartes sur tables, arrêtons les tacles par derrière et les coups en douce, ça sera déjà une rénovation concrète dans nos pratiques...

En attendant, je vais aller desherber un peu, j'aurais l'impression de faire quelque chose d'utile. 

01.04.2008

C'est pas nous qu'on est bon, c'est eux qui sont mauvais, et inversement

2005723832.jpgGaétan Gorce, cité dans un précédent billet, attribue à la faiblesse de la droite la forte poussée de la gauche...On n'est pas bon, ce sont eux qui sont mauvais...

Cela va dans les deux sens. Quand on est mauvais, il est facile à l'adversaire d'être bon.

Pour preuve, lors de la première séance  du Conseil Général de Saône et Loire, sous la nouvelle présidence du nouveau conseiller général, nouveau cumulard, Arnaud Monteboug, Maître Perrault, anonyme conseiller général de Cuisery, notaire de son état, maire Divers droite de la Genette (vous avez là tout son CV...) a connu son heure de gloire.

En témoigne cet extrait d'article dans la Renaissance, notre hebdomadaire très local.

Jean-Pierre Laveder, rédacteur en chef du journal, conclut la séance d'installation par un paragraphe titré :

M. Paul Perrault brocarde le "baron de province" 

  "(.. ) le chef de file des non inscrits, M.Paul Perrault, s'est fait un malin plaisir de rappeler à Arnaud Montebourg quelques une de ses déclarations antérieures qui s'accordent mal avec sa position politique actuelle : " en 2001, à Mâcon, lors de la campagne des municipales, vous déclariez : - je cite : "lorsque je rencontre un cumulard, je me demande qui il méprise le plus, quel électeur il trahit le mieux."

Je vous retourne cette question aujourd'hui. Le chevalier blanc (note de poirier Bouchot : là, il m'a piqué mon texte) qui allait au combat contre tous les cumuls a remisé son panache et cédé aux tentations carriéristes. A moins qu'il ne veuille travailler plus pour gagner plus! Vous venez sans vergogne de tirer profit de l'opportunité qui s'offrait  à vous d'empiler les casquettes. Votre "grandeur d'âme naturelle" et votre "éthique du désintéressement" en ont pris un coup.

Ce ne sont pas les girouettes qui tournent, c'est le vent, disait Edgar Faure. Je pense que vous avez bien senti le vent, Monsieur le président... vous qui venez de prendre les rênes d'une collectivité que vous décriviez, il n'y a pas si longtemps, comme "une structure devenue archaïque, inutile, coûteuse, souvent anti démocratique". pour vous, les Conseils généraux étaient "des collectivités opaques et incontrôlables".

Vous voilà désormais un "baron de province", un féodal du suffrage universel. Mes félicitations, Monsieur le président."

Il faut reconnaître que c'est bien tourné... Et c'est bien dit aussi, avec cette pointe d'accent bourguignon qui fleure bon son terroir, si cher à notre député aux "souliers crottés"... Vous pouvez le voir et l'entendre sur la vidéo du conseil général, allez directement à la minute 53 (et trente secondes) si vous ne voulez pas vous taper tous les discours...
Gaétan Gorce, Maître Perrault, je sens que je vais ratisser large si un jour je me lance... 

Et puisqu'on est dans la facilité, mais avec un peu de talent quand même ... c'était inévitable :

12.03.2008

De la démocratie bien comprise

905620521.jpgOu comment prendre les militants pour des clowns (mais sans l'art de Picasso...)

Tragédiante, comédiante, rappel des principaux actes de la comédie.

Acte un : lassé de jouer les Don Quichotte du mandat unique, Arnaud Montebourg s'interroge, et interroge sur son site : dois-je solliciter un second mandat: conseiller général? Submergé par l'enthousiasme des réponses, il se laisse convaincre...

Acte deux : concomitamment, il "négocie"  avec l'alors actuel président du Conseil Général de Saône et Loire, bien placé pour devenir député maire de Chalon (mais qui n'a jamais, lui, promu le mandat unique) son accession à la présidence du sus dit Conseil Général.

 Bien sûr, l'acteur est hors pair : ses états d'âme, ses déchirements à renoncer à son combat, sa détresse de voir la fonction sacrée de député traînée dans la boue, il nous les montre, les étale, les distille savamment à longueur de gazettes.

On en pleure dans les chaumières de Bresse et d'ailleurs. 

Je ne vous ferais pas la revue de presse, vous savez aussi bien que moi vous servir d'un moteur de recherche...

Acte trois :  c'est la victoire, LES victoires. Elus tous les deux au premier tour, Sirugue devient député maire de Chalon, Montebourg conseiller général de Montret.

Aleé jacta est, Ecce homo, etc caetera... la messe est dite, diront les mécréants.

Que nenni, il y a des règles, camarade, au parti, on les respecte !!!  

 Pour preuve ce rappel aux statuts, émanant du national :

De : Fédération de Saône et Loire [mailto:fede71@parti-socialiste.fr]

Objet : Désignation de notre candidat à la Présidence du Conseil Général

Bonjour,

Je vous informe qu’une circulaire nationale vient d’être adressée à la fédération, et a pour objet la désignation de notre candidat à la Présidence du Conseil Général.

Cette circulaire nationale précise qu’un vote simultané dans toutes les sections de 17h à 22h devra être organisé le mardi 18 mars (premier tour), voire le mercredi 19 mars (second tour) dans l’hypothèse où plusieurs candidats se présenteraient aux suffrages des militants. Merci de retenir dès à présent ces dates dans vos agendas.


La fédération réalisera un appel à candidature au lendemain du bureau fédéral et clôturera cette procédure au plus tard le lundi 17 mars à 9h en ayant exigé des candidats de déposer en même temps que leur candidature le texte de profession de foi qu’ils souhaitent adresser à l’ensemble des adhérents. Une mise sous plis de ces professions de foi sera organisée à la fédération le lundi 17 mars à partir de 9h.

 

Je vous passe la rapidité de la procédure : candidatures closes le lundi à 9 heures,  vote le mardi de 17 à 22 heures. Faudra réfléchir vite, camarades.

Mais heureusement, on nous simplifie la tâche : sauf surprise de dernière minute, on aura un seul candidat. Même en Russie, ils n'osent plus faire le coup... On met au moins un candidat fantoche, ou on pourrit la vie des adversaires...

 Alors nous faire le coup de la démocratie, quand un accord - dont on ignore tout - a été passé entre le sortant et l'entrant, qu'ils représentent les deux principaux courants du département (on a bien quelques fabiusiens dans le bassin minier, mais ils préfèrent sagement faire leur boulot et s'occuper de leurs affaires), c'est le bouquet final, le dernier gag de la comédie avant le baisser de rideau.

Donc je n'irais pas à ce simulacre de démocratie, je boycotte. Et j'appelle au boycott de cette élection... (là, je suis sûr de faire un tabac, je me mets touts les abstentionnistes du parti dans mon escarcelle...)

Difficile de finir autrement que par ce classique, revisité par Simsemilla.... 


 
Petite note technique : j'ai retrouvé l'insertion d'images, bravo à l'équipe de Hautetfort avec laquelle j'ai échangé plusieurs mails, ce qui est assez rare dans le monde de l'assistance virtuelle. Il fallait que cela soit dit. Et depuis je navigue sur Mozilla!!!

 

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