05.04.2009
Le PS est-il un parti de lutte ?
La question en elle même est incongrue. Parti Socialiste, lutte ? On n'a pas l'habitude d'associer ces termes.
Il est vrai que le parti a abandonné la notion de lutte des classes depuis quelques temps déjà, et que l'Internationale ne résonne plus lors de ses congrès. Le parti est un parti "RESPONSABLE", de gouvernement, de réforme, de changement, de rénovation, on peut en rajouter des kilomètres, mais pas un parti de "lutte".
Sur ce terrain, on a (avait?) Lutte Ouvrière, avec la chère Arlette. Alors bien sûr, pas question de fricoter avec ce concept, gauchiste irresponsable, et d'utiliser le même vocabulaire.
La CGT, en Saône et Loire, tenait récemment son congrès. Extraits du canard local :
"Pour conclure ce congrès, Jean-Pierre Gabriel a appelé les 180 délégués présents, de la CGT et des autres syndicats, « à mettre en œuvre une véritable lutte des classes du XXIe siècle, pour affronter la perversité du système capitaliste »."
Bon, eux ils chantent encore l'Internationale, alors on peut pas comparer. Eux, ils sont dans les usines, les ateliers, les bureaux, les manifs et les défilés, peut-être qu'on n'a pas le même point de vue, le nez sur le bitume, que du haut des chaires électives. Eux, ils proclament la lutte permanente, forcément, si on suivait, on aurait du mal.
Mais attention, le PS voit bien qu'il se passe des choses dans le pays, que les gens ne sont pas trop contents. Il y en a même qui s'énervent. Alors on agit.
On visite quelques usines en grève, on va dans quelques manifs, quand la mayonnaise est déjà bien montée, on interpelle gravement à l'Assemblée, dans les conseils généraux, régionaux, etc...
On ose même affirmer, dans l'Hebdo de mars 2009, numéro spécial, " Les Socialistes à l'écoute de la colère sociale".
Difficile de ne pas la voir, cette colère, et elle est facilement illustrée dans l'Hebdo. Difficile de ne pas la comprendre, l'analyser, la montrer.
Plus difficile apparemment de la partager, de s'y associer. On est à "l'écoute", pas avec, pas dedans. L'écoute, en travail social au moins, est une technique de base : en écoute, on reformule, mais on reste bien en distance du malaise des personnes, on ne rentre pas dans "leurs problématiques", pour jargonner un peu.
Le PS est donc bien à l'écoute, pas avec, pas dedans, à l'extérieur. La colère, il ne la partage pas, la craint même un peu : des débordements sont si vite arrivés. Et surtout, que faire?
Ah si, on a trouvé.
" L'Europe : la première réponse des socialistes." Je ne rigole pas, c'est texto le sommaire du numéro spécial. Les prochaines échéances sont justement les élections européennes, n'y voyez là qu'une coïncidence.
Et je reviens à mes luttes.
Non, le parti n'est pas dans les luttes, les combats quotidiens de toutes les catégories de salariés (y compris les chômeurs) pour améliorer ou seulement préserver les conditions de vie, de travail, de santé, etc... le parti est dans les campagnes électorales, internes, nationales, locales, européennes, etc.
Il est dans le jeu des chaises musicales, "je te pique ta place, mais tu en auras une autre la prochaine fois, promis juré".
Alors plus que la lutte des classes, c'est la lutte même que le Parti a abandonné. Il a remplacé ce mot par stratégie, ce qui n'est quand même pas la même chose. C'est la lutte des places (désolé, j'ai pas pu m'empêcher).
Et quand des millions de français bouillent de colère, le Parti leur répond " je vous ai compris". Pas bête, les français, ils ont un peu de mémoire et se souviennent de De Gaulle, on leur refera pas deux fois.
Allez, pour se la remettre en tête :
21:06 Publié dans analyses perso, résister, société | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : ps, lutte, rénovation, cgt, elections, europe
07.02.2009
Besson, ou la délation plus forte que les Droits de l'Homme
Il avait déjà fait très fort, en passant du PS au gouvernement Sarko premier. Sous prétexte d'ouverture, il avait choisi un vague sous maroquin. Bien sûr, le PS avait crié à la trahison mais dans un contexte de naufrage politique, on aurait pu aussi bien dire que les rats quittaient le navire.
De sous maroquin en maroquin, le voilà maintenant promu ministre de la rafle, du drapeau et de la honte. Un maroquin spécial pour marocains...et autres maghrébins, africains, asiates, européens de l'est, etc... De quoi faire re-voir leur pays à ceux qui ne pouvaient plus là bas.
Il semble qu'il y ait pris gôut, qu'il se soit dit que sa stratégie avait du bon. Traître, peut-être, mais avec de la suite dans les méthodes et les idées. Alors ce qui a marché pour lui, pourquoi ne pas le proposer à ceux qui font tache dans le paysage, ces sans papiers traine savattes qui nous mangent le pain sur la laine de nos moutons?
Ni une ni deux, à peine débarqué dans le bureau du camarade Brice, il jette son idée fulgurante :
"Sans papiers, tu es venu en France on ne sait pas pourquoi, et on s'en fout un peu. Mais si tu dénonces ton passeur, et tout le réseau, peut-être que, je dis bien peut-être, tu pourras avoir des papiers, au moins temporaires, un mois, deux mois, et après..on verra."
Mirobolant, quelle bonté, votre seigneurie. Peu importe si le réseau a des moyens de pression sur la famille au pays, si il n'a pas laissé son nom et son adresse à ses clients (qu'il débarque souvent n'importe où, d'ailleurs), peu importe si tu as fuit ton pays pour des raisons politiques, économiques, pour échapper à la guerre civile, au viol, à la misère. C'est pas ça qu'on te demande. Ce qu'on veut, c'est le passeur.
Bon d'accord, ce sont des gens peu recommandables en général. Et certains réseaux sont vraiment mafieux. Il est donc normal de démanteler ces réseaux. Mais il parait qu'on a des services de police, très efficaces, des inspecteurs du travail...pas très nombreux, et en plus on les inculpe quand on ne les assassine pas, plus simplement... Il n'y aurait pas des choses à faire de ce côté là?
Bon, je délire, il est sûrement plus simple de faire appel au sens civique de ceux qui ne sont pas citoyens français (si, j'ai lu ça comme argument), qui n'ont aucuns droits, et de leur faire des promesses vagues (qui n'engagent que ceux...).
Ah, on se sent bien au doux pays de France...
Tiens, je l'avais un peu oubliée, cette chanson...
18:53 Publié dans humeur, liberté, résister | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : besso, resf, ps, délation
01.10.2008
Sarko, Bush, Wall Street, tous de gauche !
Incroyable, depuis quelques jours, tout le monde est d'accord pour dire que seule la puissance publique et financière des états peut sauver le monde. J'entends à longueur de journée les chroniqueurs financiers parler de nationalisation, de prise de pouvoir indispensable, de sauvetage par les états, l'Europe, de nos pauvres banquiers en déroute.
On va même, c'est pas sûr mais on y pense, utiliser l'argent des ces salauds de pauvres (petits épargnants) qui planquent leur fric sur les livrets A. On ne rigole pas avec ces choses là, c'est sérieux, il pourrait même y avoir des PDG ruinés. Mais Super Etat est là, avec ses petits bras costauds, qui va vous régler tout ça.
Notre Super Duponzy national nous a refait le siège de Toulon, mais ne s'est pas endormi sur un tambour après la bataille. Comme l'autre historique, quelques minutes de sommeil suffisent au grand stratège, réveil au clairon le lendemain à 5 heures, tout le monde de la finance au garde à vous, et que je vais vous rassurer les marchés, et que je vais sauver les entreprises.... J'ai 2 ou 3 milliards qui sommeillent, servez vous....
La veille, c'était le marasme, la dette publique , l'obligation de se serrer la ceinture pour les français, les suppressions d'emplois de fonctionnaires, la privatisation de la Poste, etc.... Aujourd'hui, c'est Miterrand au pouvoir, on rachète des boites (qui coulent...), l'intervention de l'état bénie par les ultra libéraux.
Certains, si ils étaient malins, ou bien de gauche, y verraient la preuve que le marché ne se civilise pas, ne se raisonne pas, qu'il n'a d'autre objectif que lui même, et que cette crise est bien la preuve qu'il faut sauver les services publics, contrôler les marchés financiers, interdire certaines pratiques douteuses, faire la chasse aux paradis fiscaux, au secret bancaire, nationaliser pour de bon une ou deux banques incontournables.
Mais non. J'ai entendu le sieur Hollande expliquer comment, en baissant certaines charges sociales, en facilitant le crédit aux entreprises, etc... ça pourrait aller mieux, mon brave monsieur. Mais augmenter les salaires, on dirait qu'il n'y pensait pas.
Ah si, il a suggéré de "relancer les négociations salariales". Monsieur le gentil patron, allez discuter salaires avec les syndicats (là où il y en a), et revenez nous voir... On se donne six mois, un an?
Et bien sûr tous les experts de tous bords (enfin, ils sont tous du même bord) de se lancer dans de savantes explications. Mais il y une chose où TOUS les français sont experts, c'est le caddie de la ménagère, le pouvoir d'achat. L'état est le premier employeur, qu'il montre l'exemple et augmente les salaires des fonctionnaires, surtout les basses catégories. Il a un autre levier, le SMIC. Au lieu de baisser les charges, augmentons le.
"Il n'a jamais été aussi facile d'être de gauche, vu la crise actuelle" a dit Hamon (cf le Temps, par exemple). Mais la gauche qui desespèrement essaye de se construite une bonne image social-démocrate : "le marché, je le respecte, faut être de son temps..." est paumée. Comment, le marché n'est pas parfait, c'est une impasse, on utilise l'argent des contribuables pour... la liste est longue...???Diantre, serait-ce possible?
Alors oui, Sarko, Bush et les autres utilisent les moyens censés être de gauche, parce que c'est la seule solution. Ca devrait donner à réflechir, non?
En attendant, je crois que je vais retirer mes petites économies de mon livret A, pas envie de les donner aux patrons...
La virgule finale s'impose naturellement, mais je ne connaissais pas le clip.... Je vous laisse interpréter les images.
23:06 Publié dans construire, humeur, résister, société | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : crise, sarkosy, bush
01.08.2008
Offrez vous une Siné cure
J'ose l'affirmer, le péril juif existe encore. Surtout, c'est le mot "juif" qui est périlleux. Si on l'utilise pour dire du bien, affirmer qu'on n'est pas anti sémite (ce qui est le minimum) que c'est une religion (certains iconoclastes libre penseurs diront une superstition) comme les autres, ok, on est dans les clous, ça passe.
Mais si on l'écrit dans un contexte un peu critique, pour expliquer comment, par exemple, un fils de bling bling veut être encore plus bling bling, faire un beau mariage mais, tradition oblige, il doit se convertir...
Alors là, méfiade. Si il se convertit à la droite, en venant de la gauche, ça passe, tout le monde s'en réjouit. Si il devient protestant, musulman ou bouddhiste, pas de problème, tout le monde s'en fiche. Mais si il devient "juif", et qu'on le dit, alors là, tollé, scandale, haro sur le messager. Six millions de morts de la shoah lui tombent dessus, l'affaire Dréyfus, les pogroms, les exterminations espagnoles et polonaises, il en devient le sinistre complice. Il aurait dit musulman, on ne lui aurait pas reproché les ratonnades et autres gégènes algériennes. il aurait écrit protestant, l'Edit de Nantes n'aurait pas ressurgit du Béarn profond (ou Bayrou dormirait toujours).
Mais "juif"... pas touche. Que le transfuge déiste se nomme Sarkozy fils devient anecdotique, qu'il se convertisse, jusqu'à plus ample informé, afin d'entrer dans une des plus riches familles de France, no problémo. Cela dit, il n'est pas le premier, cela arrive aussi même chez les pauvres, parce qu'ils s'aiment, tout simplement, et l'un des deux franchit le Rubicon (ou le Jourdain, c'est selon). Cette simple mise au point des futurs époux ou de leurs amis (ils en ont de plus en plus tous les jours) aurait suffit. C'est beau, l'amour, encore plus quand on a des sous (c'est alors beau et peinard...).
Vous l'aurez deviné, je parle " l'affaire Siné", qui devient le feuilleton de l'été. plus passionnant que la réforme du code du travail et la mise à sac de 90 ans d'acquis sociaux.
Alors on défend les caricaturistes danois qui s'en prennent au prophète Mahommet, on s'insurge contre les restrictions de la liberté de la presse en Chine, mais qu'un caricaturiste - car Siné c'est d'abord un caricaturiste- égratigne un peu le pouvoir en place, fasse mention de son abjuration (car avant de se convertir, il faut bien qu'il abjure le catholicisme, non?), et il faut le brûler en place de Grève, lui et ses dessins?
On se calme, un peu?
Je pense à cette citation (apocryphe) de Voltaire :« Je ne suis pas d'accord avec ce que vous dites, mais je me battrai jusqu'à la mort pour que vous ayez le droit de le dire. » J'aurais aimé la retrouver quelque part, sous la plume d'un des concurrents en lice pour la bataille de Reims, mais en première page du site du ps, rien, un ange passe (eux, ils sont à la fois juifs et chrétiens et même musulmans, c'est pratique). Un iconoclaste de Solférino est certes monté au créneau, et prend position pour défendre Siné. Allez faire un tour sur le Blog de Filoche, bien alimenté et à jour. Vous pouvez même signer la pétition en ligne .
Je n'ai pas fait le tour des blogs des prétendants, alors si vous pouviez me démentir, ça me rassurerait. je sais que Delanoë a signé 'le point de vue des vingt" , disant notamment : Siné (vient) de franchir la barrière qui sépare l'humour de l'insulte et la caricature de la haine". Cela ne le met pas du côté des défenseurs de la liberté d'expression.
Ce qui confirme "qu'on peut rire de tout, mais pas avec n'importe qui" (super banco à qui retrouve l'auteur), et pour preuve ce monument de l'humour français :
12:54 Publié dans humeur, liberté, résister, société | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (1) | Envoyer cette note | Tags : caricature, liberté, expression, pensée unique, juif
13.07.2008
Vraiment, il est trop fort !
Personne ne l'embêtait sur ce domaine, dit réservé. Super grand commandant en chef des armées, le président de la république fait ce qu'il veut avec ses joujoux nucléaires et autres babioles destructrices. L'armée, grande muette par tradition, est généralement la grande absente du débat politique.
Considérant par principe qu'elle est acquise à la droite, ce n'est pas le ps qui va en faire des tonnes sur ce sujet. Alors absent du reste du débat politique - ou si inefficace - on ne risque pas de l'entendre sur ce terrain.
Mais le petit, il est trop fort. il s'est dézingué tout seul, comme un grand, sans qu'on lui demande rien.
Une petite restructuration de l'implantation des casernes, et boum, les maires de droite montent au créneau : on leur enlève leurs militaires, les commerces vont fermer, c'est la ruine au pays.
Une baisse des budgets pour acheter moins de joujoux destructeurs, et vlan, les militaires étoilés grognent, osent même un pamphlet soutenu, semble-t-il, par une bonne partie de la gent encasernée. Une recherche rapide sur google actualité nous mène à un article contestataire sur un site que je ne fréquente guère (pas de jeu de mots, svp), et il est déconseillé aux pacifistes et autre non violents. Vous voilà prévenus.
On rajoute à ça une pincée d'invitation de dictateurs qui ont fait occire quelques braves troufions de chez nous ( militaires ou pas, c'est vrai que c'est pas sympa) et on a carrément des menaces de révolte pour le défilé du 14 juillet. On envisage de porter un brassard noir, de tourner la tête du côté opposé à la tribune officielle... Bon, pour le symbole, ok, mais moi je proposerais plutôt qu'ils nous refassent Carcassonne, et que les Mirages qui vont polluer un peu plus Paris ce jour là balancent quelques bombinettes bien où il faut, et nous rejouent la saga des bombes atomiques de l'ami Boris (là, je risque un procès pour incitation au meurtre, alors je précise : je rigole...).
j'ai cherché la réaction du parti, et à part un communiqué sur la venue du dictateur syrien, et un point presse sur le livre blanc de la défense dont je vous laisse mesurer la violence, pas trouvé grand chose. La grand muette prenant la parole, le parti, courageusement, la remplace dans ce rôle et se tait avec une détermination farouche.
Donc bling bling, comme l'appelle Filoche reste le premier opposant à lui-même, et après un succès électoral sans appel aux dernières municipales et cantonales, il déstabilise l'armée et la remonte contre son chef suprême. Je persiste : il faut lui donner une carte d'honneur du parti, à cet homme.
On ne va pas se quitter sans un petit classique de l'ami Le Forestier
08:01 Publié dans humeur, résister | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : sarkozy, armee, desaveu, président de la république, ps, zouave
13.06.2008
Silence dans les rangs, laissez parler les grands
Je n'aime pas mélanger les casquettes, mais quand elles se mélangent d'elle même, il faut bien en tenir compte.
Or donc, ce jeudi 12 juin je recevais un des mensuels de mon syndicat préféré, diffusé à 600 000 exemplaires. La BD de Charp en page 10 ne peux pas laisser indifférent : quelle image peuvent avoir du parti les salariés, les syndiqués, quand un des dirigeants nationaux du ps est ainsi écharpé? Car pour le commun des non socialistes, Valls, Filoche, Hollande, Royal, Délanoë et les autres, c'est à mettre dans le même sac.
Et on se retrouve avec un parti complice des patrons, et je ne peux pas leur en vouloir de penser ainsi.
Restons sur le cas "Valls". Oui, il l'a écrit, Libération du 20 septembre 2007 :
"il ne faut pas craindre d’aborder la problématique des quotas même si cela nécessite une révision de notre Constitution. Pour garantir l’insertion sociale et économique des immigrés, il est indispensable, d’abord, de donner la priorité à la qualification et à la formation de celles et ceux qui arrivent sur notre sol."
"Seuls une harmonisation des politiques de contrôle et un renforcement des politiques européennes de codéveloppement pourront canaliser, sur la durée, la pression migratoire." Sur ce sujet, je vous invite à cliquer sur le lien "contre la directive de la honte", pour voir ce que ça donne, l'harmonisation européenne!
Sur son blog, pas d'hésitation : " Moi, je veux aider à concilier la gauche avec la pensée libérale" (interview au Point, billet du 26 avril 2008).
"Aujourd'hui, on vit plus longtemps, et il est probable que nous allons devoir travailler plus pour vivre mieux" (entretien France Soir, 19 mai 2008)
On pourrait ainsi enfiler les perles à satiété. Mais c'est un goût amer qui nous resterait dans la bouche, alors j'arrête là.
D'autant que mon propos n'est pas tant d'accabler le sus nommé Valls (encore que...), mais de m'étonner que d'un côté, les dirigeants nationaux se commettent dans de telles dérives, s'attirent les réactions des "partenaires historiques de la gauche" (voir dessins de Charp) et dans un même temps, on nous dit, à nous militants de base : silence dans les rangs, de la discipline, camarade, le temps du congrès va venir, là vous aurez la parole.
Et pourquoi la parole, je ne l'aurais pas aujourd'hui, comme les camarades Valls, Royal, Délanoë - un autre néo socialo libéral, celui là- et autres "grandes figures"?
Parce que, pour faire court et ne pas dévoiler le débat passionné, voire passionnel, que nous avons eu en section hier, c'est un peu ce que j'ai entendu. Après une série d'échanges de mails qui allaient crescendo, sans modération, le message des "officiels" du parti a été clair : on ne change pas nos méthodes, on ne se remet pas en question sur notre fonctionnement, pour apaiser le débat et parler enfin politique : un calendrier a été fixé par Solférino, on va la jouer à l'ancienne, abreuver le parti de contributions, laisser mariner ça dans les coulisses de la Rochelle, de Reims, et fiers de nos victoires récentes, (dont Valls lui même dit quelles sont plus dues à un rejet de Sarko qu'à une vraie rénovation de notre projet), vous allez voir ce qu'on va voir !!! Bref, on ne change pas une équipe qui gagne et une méthode qui a fait ses preuves
Or, il y a un malaise dans la section, et dans la circonscription, mais c'est la faute à...
Moi, la chasse aux sorcières ne m'a jamais intéressé. Ce que je veux savoir, c'est comment on s'en sort, qu'est ce qu'on propose?
Des propositions existent, des camarades en ont fait, j'en ai quelques unes en stock. Pas de recettes miracles, mais qu'au moins on puisse en débattre, proposer ICI ET MAINTENANT un autre fonctionnement sans attendre les révolutions de palais à Solférino ou rue Gloriette.
Remettre la section en ordre de marche, dans le respect de la diversité, dans un nouveau contexte, où la gauche est majoritaire sur le canton, où des camarades ont des fonctions électives, ce qui nous pose une question qui n'est pas nouvelle : quels rapports entre les militants et les élus, comment jouer notre rôle de force politique sans se laisser manoeuvrer ni plomber leur travail? Cette simple question mérite déjà en soi un débat, physique ou par mail si c'est bien géré. Pour info, la section compte 59 membres, dont 7 non connectés. Nous étions 12 hier... Je vous laisse cogiter ça...
Quant au fait que je mette ça en ligne, donc sur "la place publique" (une petite place, je vous rassure) tapez dans un moteur de recherche: Mélenchon, Valls,Lang, Filoche, ou plein d'autres...Vous trouverez leurs sites ou blogs.
Je fais comme eux, c'est tout.
Pour finir, une petite vidéo pas musicale (j'ai retrouvé Daily motion, désolé...), mais qui fait plaisir, pour celles et ceux qui n'ont pas vu Filoche à Mâcon récemment, 6 minutes de gauche...
11:08 Publié dans construire, du revermont au bourbonnais, humeur, liberté, résister, société | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : valls, militant, dirigeants ps, reconstruire, image de ps
16.03.2008
Lucie in the sky...
En ce dimanche après-midi de veille électorale (on attend les résultats de Cluny ce soir) je déroge un peu à mes principes (quoi que...) en mélangeant légèrement les casquettes, et je me lance dans un exercice inhabituel pour moi : chroniqueur littéraire.
D'un bouquin, que je n'ai même pas fini de lire, en plus, mais à mi parcours, j'en ai déjà souligné une page sur deux.
Il est écrit par une grande dame, souvent citée, parfois imitée, loin d'être égalée : Lucie Aubrac.
Alors allons y de quelques extraits (pour les références, voir photo...)
Page 19 : (...) la première arme de la résistance, ce n'est pas une mitraillette, c'est l'information.
Page 21 : (...) la liberté n'a pas de passeport à faire viser.
Page 29 : Il faut parfois plus de courage pour porter du linge dans une prison que pour manier une mitraillette
Page 33 : (...) nous avions en France un gouvernement collaborateur méprisable auquel notre devoir était de désobéir. Mais nous avions l'espoir.
J'arrête là, sinon je vous mets carrément les 61 pages en ligne.
Alors vous passez chez votre libraire préféré, vous versez votre écot (moins de 7 euros) et vous vous ressourcez avec un texte simple, limpide, dynamique.
Merci à Simone de me l'avoir fait découvrir lors de la commémoration du premier anniversaire du décès de cette grande dame.
Et pour clôturer sur mon jeu de mots....
13:22 Publié dans résister | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : lucie aubrac, pédagogie
12.03.2008
De la démocratie bien comprise
Ou comment prendre les militants pour des clowns (mais sans l'art de Picasso...)
Tragédiante, comédiante, rappel des principaux actes de la comédie.
Acte un : lassé de jouer les Don Quichotte du mandat unique, Arnaud Montebourg s'interroge, et interroge sur son site : dois-je solliciter un second mandat: conseiller général? Submergé par l'enthousiasme des réponses, il se laisse convaincre...
Acte deux : concomitamment, il "négocie" avec l'alors actuel président du Conseil Général de Saône et Loire, bien placé pour devenir député maire de Chalon (mais qui n'a jamais, lui, promu le mandat unique) son accession à la présidence du sus dit Conseil Général.
Bien sûr, l'acteur est hors pair : ses états d'âme, ses déchirements à renoncer à son combat, sa détresse de voir la fonction sacrée de député traînée dans la boue, il nous les montre, les étale, les distille savamment à longueur de gazettes.
On en pleure dans les chaumières de Bresse et d'ailleurs.
Je ne vous ferais pas la revue de presse, vous savez aussi bien que moi vous servir d'un moteur de recherche...
Acte trois : c'est la victoire, LES victoires. Elus tous les deux au premier tour, Sirugue devient député maire de Chalon, Montebourg conseiller général de Montret.
Aleé jacta est, Ecce homo, etc caetera... la messe est dite, diront les mécréants.
Que nenni, il y a des règles, camarade, au parti, on les respecte !!!
Pour preuve ce rappel aux statuts, émanant du national :
De : Fédération de Saône et Loire [mailto:fede71@parti-socialiste.fr]
Objet : Désignation de notre candidat à la Présidence du Conseil Général
Bonjour,
Je vous informe qu’une circulaire nationale vient d’être adressée à la fédération, et a pour objet la désignation de notre candidat à la Présidence du Conseil Général.
Cette circulaire nationale précise qu’un vote simultané dans toutes les sections de 17h à 22h devra être organisé le mardi 18 mars (premier tour), voire le mercredi 19 mars (second tour) dans l’hypothèse où plusieurs candidats se présenteraient aux suffrages des militants. Merci de retenir dès à présent ces dates dans vos agendas.
La fédération réalisera un appel à candidature au lendemain du bureau fédéral et clôturera cette procédure au plus tard le lundi 17 mars à 9h en ayant exigé des candidats de déposer en même temps que leur candidature le texte de profession de foi qu’ils souhaitent adresser à l’ensemble des adhérents. Une mise sous plis de ces professions de foi sera organisée à la fédération le lundi 17 mars à partir de 9h.
Je vous passe la rapidité de la procédure : candidatures closes le lundi à 9 heures, vote le mardi de 17 à 22 heures. Faudra réfléchir vite, camarades.
Mais heureusement, on nous simplifie la tâche : sauf surprise de dernière minute, on aura un seul candidat. Même en Russie, ils n'osent plus faire le coup... On met au moins un candidat fantoche, ou on pourrit la vie des adversaires...
Alors nous faire le coup de la démocratie, quand un accord - dont on ignore tout - a été passé entre le sortant et l'entrant, qu'ils représentent les deux principaux courants du département (on a bien quelques fabiusiens dans le bassin minier, mais ils préfèrent sagement faire leur boulot et s'occuper de leurs affaires), c'est le bouquet final, le dernier gag de la comédie avant le baisser de rideau.
Donc je n'irais pas à ce simulacre de démocratie, je boycotte. Et j'appelle au boycott de cette élection... (là, je suis sûr de faire un tabac, je me mets touts les abstentionnistes du parti dans mon escarcelle...)
Difficile de finir autrement que par ce classique, revisité par Simsemilla....
22:28 Publié dans du revermont au bourbonnais, humeur, liberté, résister | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : conseil général 71, vote
10.03.2008
Une vaguelette
C'est l'analyse de Rue 89. Juste de quoi se mouiller un peu les pieds, quoi! Pas de tsunami ni de grosse déferlante.
Chez nous on est content d'avoir récuperé Chalon sur Saône, Louhans, de voir les maires du Creusot, Montceau, Autun, bien réélus ou en ballotage très favorable. Mais déception à Mâcon : 53 % aux présidentielles et aux législatives (intra muros), le maire UMP repasse au premier tour, le ps n'atteint pas 42 %.... Il y aurait de la perte en ligne?
Côté cantonales, ça va aussi, merci, statistiquement parlant. Montebourg a placé son drapeau à Montret, nouveau Koufra du renouveau socialiste. Maintenant on va voir la vraie gôche au pouvoir.
Justement, la vraie gôche?? J'ose attirer votre attention sur deux communes, des ch'tites communes certes, mais symboliquement ça va être intéressant.
Charnay les Mâcon, Montchanin, deux maires sortants UMP, dont l'ineffable (mais très effacé) Gérard Voisin, réélu député de Mâcon, justement, récemment.
Le piment de l'histoire, c'est qu'ils sont mis en ballottage face à deux listes de gôche, et à chaque fois, la liste divers gauche (des hérétiques du parti entre autres) est devant la liste officielle au poing et à la rose....
Logiquement, les divers gauches devraient tirer la liste au second tour, en intégrant les socialistes arrivés second... Et tout le parti va pousser derrière....
Le résultat dans les jours à venir, les premiers qui ont des tuyaux peuvent lâcher leurs commentaires...
On se quitte sur une petite thématique rose : Fontenay aux Roses, par l'ami Maxime.
19:05 Publié dans du revermont au bourbonnais, humeur, résister | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : elections, résultats 71, charnay les mâcon, montchanin
09.02.2008
J'ai oublié de vous dire
Ou plutot ça m'est venu lors d'une réunion comme je les aime au sein de ma section préférée, passionnée, un peu houleuse, ou on pose les choses sur la table, franchement, et ou on peut vider son sac.
Parfois, ça se finit au café du coin, autour d'un demi, parfois ça créé des rancunes tenaces. J'aimais bien avant, quand on allait boire un coup après...
Donc, suite au billet précédent, un élément supplémentaire : comment faire bouger un parti.
On est d'accord, je reste dedans (cf cours précédent) mais surtout, ne pas rêver du grand soir, de mettre Solférino sens dessus dessous, et prendre le parti à la hussarde, tels les Romains enlevant les Sabines (ça, c'est pour faire cultureux, prenez pas peur...).
Non, juste ici et maintenant (marotte socialiste), agir localement pour ... si j'écris penser global, on va me taxer de gauchisant tendance...![]()
Alors le gars sur le dessin de Morris (ça, c'est mon côté bédéphile, pas cultureux...) c'est pas moi.
Pas envie d'être un poor lonesome socialiste, and a long way from home...La rénovation, elle ne va pas partir d'en haut pour s'appliquer en bas, elle doit se construire localement, en fonction des femmes et des hommes qui se rencontrent, et qui bossent (ou veulent bosser) ensemble.
Comme c'est juste une mise au point, que j'ai un billard à faire, sauf coup de fil intempestif (allusion réservée à quelques initiés), je termine par une spéciale dédicace (la deuxième en deux billets, faut que je me surveille...) à des copains idéalistes que j'aime bien...
22:25 Publié dans construire, du revermont au bourbonnais, liberté, résister | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : renover, reconstruire, local, global, lucky luke

