05.04.2009
Le PS est-il un parti de lutte ?
La question en elle même est incongrue. Parti Socialiste, lutte ? On n'a pas l'habitude d'associer ces termes.
Il est vrai que le parti a abandonné la notion de lutte des classes depuis quelques temps déjà, et que l'Internationale ne résonne plus lors de ses congrès. Le parti est un parti "RESPONSABLE", de gouvernement, de réforme, de changement, de rénovation, on peut en rajouter des kilomètres, mais pas un parti de "lutte".
Sur ce terrain, on a (avait?) Lutte Ouvrière, avec la chère Arlette. Alors bien sûr, pas question de fricoter avec ce concept, gauchiste irresponsable, et d'utiliser le même vocabulaire.
La CGT, en Saône et Loire, tenait récemment son congrès. Extraits du canard local :
"Pour conclure ce congrès, Jean-Pierre Gabriel a appelé les 180 délégués présents, de la CGT et des autres syndicats, « à mettre en œuvre une véritable lutte des classes du XXIe siècle, pour affronter la perversité du système capitaliste »."
Bon, eux ils chantent encore l'Internationale, alors on peut pas comparer. Eux, ils sont dans les usines, les ateliers, les bureaux, les manifs et les défilés, peut-être qu'on n'a pas le même point de vue, le nez sur le bitume, que du haut des chaires électives. Eux, ils proclament la lutte permanente, forcément, si on suivait, on aurait du mal.
Mais attention, le PS voit bien qu'il se passe des choses dans le pays, que les gens ne sont pas trop contents. Il y en a même qui s'énervent. Alors on agit.
On visite quelques usines en grève, on va dans quelques manifs, quand la mayonnaise est déjà bien montée, on interpelle gravement à l'Assemblée, dans les conseils généraux, régionaux, etc...
On ose même affirmer, dans l'Hebdo de mars 2009, numéro spécial, " Les Socialistes à l'écoute de la colère sociale".
Difficile de ne pas la voir, cette colère, et elle est facilement illustrée dans l'Hebdo. Difficile de ne pas la comprendre, l'analyser, la montrer.
Plus difficile apparemment de la partager, de s'y associer. On est à "l'écoute", pas avec, pas dedans. L'écoute, en travail social au moins, est une technique de base : en écoute, on reformule, mais on reste bien en distance du malaise des personnes, on ne rentre pas dans "leurs problématiques", pour jargonner un peu.
Le PS est donc bien à l'écoute, pas avec, pas dedans, à l'extérieur. La colère, il ne la partage pas, la craint même un peu : des débordements sont si vite arrivés. Et surtout, que faire?
Ah si, on a trouvé.
" L'Europe : la première réponse des socialistes." Je ne rigole pas, c'est texto le sommaire du numéro spécial. Les prochaines échéances sont justement les élections européennes, n'y voyez là qu'une coïncidence.
Et je reviens à mes luttes.
Non, le parti n'est pas dans les luttes, les combats quotidiens de toutes les catégories de salariés (y compris les chômeurs) pour améliorer ou seulement préserver les conditions de vie, de travail, de santé, etc... le parti est dans les campagnes électorales, internes, nationales, locales, européennes, etc.
Il est dans le jeu des chaises musicales, "je te pique ta place, mais tu en auras une autre la prochaine fois, promis juré".
Alors plus que la lutte des classes, c'est la lutte même que le Parti a abandonné. Il a remplacé ce mot par stratégie, ce qui n'est quand même pas la même chose. C'est la lutte des places (désolé, j'ai pas pu m'empêcher).
Et quand des millions de français bouillent de colère, le Parti leur répond " je vous ai compris". Pas bête, les français, ils ont un peu de mémoire et se souviennent de De Gaulle, on leur refera pas deux fois.
Allez, pour se la remettre en tête :
21:06 Publié dans analyses perso, résister, société | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : ps, lutte, rénovation, cgt, elections, europe
29.12.2008
Intermède culturel
Je ne suis pas trop rap, ni slam, mais aussi je ne suis pas trop musique de chambre, opéra, opérette, jazz, gospel musique classique, la liste et longue. Ce que j'aime, vous le découvrez au fil des virgules musicales de ce blog.
Ce que je ne suis pas non plus, enfin j'essaie, c'est méprisant envers ces différents styles. J'accroche pas, c'est tout.
Aussi, au hasard d'un surf sur le post, j'ai été ulcéré par le mépris évident du sieur Zémour, triste chroniqueur devant l'éternel, et de son homologue "de gauche" Naulleau. Avant que je n'argumente plus avant, je vous invite à visionner un extrait de l'émission "on n'est pas couché" :
17:24 Publié dans humeur, liberté, société | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : rap, slam, culture, ruquier, zemour, grand corps malade
01.10.2008
Sarko, Bush, Wall Street, tous de gauche !
Incroyable, depuis quelques jours, tout le monde est d'accord pour dire que seule la puissance publique et financière des états peut sauver le monde. J'entends à longueur de journée les chroniqueurs financiers parler de nationalisation, de prise de pouvoir indispensable, de sauvetage par les états, l'Europe, de nos pauvres banquiers en déroute.
On va même, c'est pas sûr mais on y pense, utiliser l'argent des ces salauds de pauvres (petits épargnants) qui planquent leur fric sur les livrets A. On ne rigole pas avec ces choses là, c'est sérieux, il pourrait même y avoir des PDG ruinés. Mais Super Etat est là, avec ses petits bras costauds, qui va vous régler tout ça.
Notre Super Duponzy national nous a refait le siège de Toulon, mais ne s'est pas endormi sur un tambour après la bataille. Comme l'autre historique, quelques minutes de sommeil suffisent au grand stratège, réveil au clairon le lendemain à 5 heures, tout le monde de la finance au garde à vous, et que je vais vous rassurer les marchés, et que je vais sauver les entreprises.... J'ai 2 ou 3 milliards qui sommeillent, servez vous....
La veille, c'était le marasme, la dette publique , l'obligation de se serrer la ceinture pour les français, les suppressions d'emplois de fonctionnaires, la privatisation de la Poste, etc.... Aujourd'hui, c'est Miterrand au pouvoir, on rachète des boites (qui coulent...), l'intervention de l'état bénie par les ultra libéraux.
Certains, si ils étaient malins, ou bien de gauche, y verraient la preuve que le marché ne se civilise pas, ne se raisonne pas, qu'il n'a d'autre objectif que lui même, et que cette crise est bien la preuve qu'il faut sauver les services publics, contrôler les marchés financiers, interdire certaines pratiques douteuses, faire la chasse aux paradis fiscaux, au secret bancaire, nationaliser pour de bon une ou deux banques incontournables.
Mais non. J'ai entendu le sieur Hollande expliquer comment, en baissant certaines charges sociales, en facilitant le crédit aux entreprises, etc... ça pourrait aller mieux, mon brave monsieur. Mais augmenter les salaires, on dirait qu'il n'y pensait pas.
Ah si, il a suggéré de "relancer les négociations salariales". Monsieur le gentil patron, allez discuter salaires avec les syndicats (là où il y en a), et revenez nous voir... On se donne six mois, un an?
Et bien sûr tous les experts de tous bords (enfin, ils sont tous du même bord) de se lancer dans de savantes explications. Mais il y une chose où TOUS les français sont experts, c'est le caddie de la ménagère, le pouvoir d'achat. L'état est le premier employeur, qu'il montre l'exemple et augmente les salaires des fonctionnaires, surtout les basses catégories. Il a un autre levier, le SMIC. Au lieu de baisser les charges, augmentons le.
"Il n'a jamais été aussi facile d'être de gauche, vu la crise actuelle" a dit Hamon (cf le Temps, par exemple). Mais la gauche qui desespèrement essaye de se construite une bonne image social-démocrate : "le marché, je le respecte, faut être de son temps..." est paumée. Comment, le marché n'est pas parfait, c'est une impasse, on utilise l'argent des contribuables pour... la liste est longue...???Diantre, serait-ce possible?
Alors oui, Sarko, Bush et les autres utilisent les moyens censés être de gauche, parce que c'est la seule solution. Ca devrait donner à réflechir, non?
En attendant, je crois que je vais retirer mes petites économies de mon livret A, pas envie de les donner aux patrons...
La virgule finale s'impose naturellement, mais je ne connaissais pas le clip.... Je vous laisse interpréter les images.
23:06 Publié dans construire, humeur, résister, société | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : crise, sarkosy, bush
01.08.2008
Offrez vous une Siné cure
J'ose l'affirmer, le péril juif existe encore. Surtout, c'est le mot "juif" qui est périlleux. Si on l'utilise pour dire du bien, affirmer qu'on n'est pas anti sémite (ce qui est le minimum) que c'est une religion (certains iconoclastes libre penseurs diront une superstition) comme les autres, ok, on est dans les clous, ça passe.
Mais si on l'écrit dans un contexte un peu critique, pour expliquer comment, par exemple, un fils de bling bling veut être encore plus bling bling, faire un beau mariage mais, tradition oblige, il doit se convertir...
Alors là, méfiade. Si il se convertit à la droite, en venant de la gauche, ça passe, tout le monde s'en réjouit. Si il devient protestant, musulman ou bouddhiste, pas de problème, tout le monde s'en fiche. Mais si il devient "juif", et qu'on le dit, alors là, tollé, scandale, haro sur le messager. Six millions de morts de la shoah lui tombent dessus, l'affaire Dréyfus, les pogroms, les exterminations espagnoles et polonaises, il en devient le sinistre complice. Il aurait dit musulman, on ne lui aurait pas reproché les ratonnades et autres gégènes algériennes. il aurait écrit protestant, l'Edit de Nantes n'aurait pas ressurgit du Béarn profond (ou Bayrou dormirait toujours).
Mais "juif"... pas touche. Que le transfuge déiste se nomme Sarkozy fils devient anecdotique, qu'il se convertisse, jusqu'à plus ample informé, afin d'entrer dans une des plus riches familles de France, no problémo. Cela dit, il n'est pas le premier, cela arrive aussi même chez les pauvres, parce qu'ils s'aiment, tout simplement, et l'un des deux franchit le Rubicon (ou le Jourdain, c'est selon). Cette simple mise au point des futurs époux ou de leurs amis (ils en ont de plus en plus tous les jours) aurait suffit. C'est beau, l'amour, encore plus quand on a des sous (c'est alors beau et peinard...).
Vous l'aurez deviné, je parle " l'affaire Siné", qui devient le feuilleton de l'été. plus passionnant que la réforme du code du travail et la mise à sac de 90 ans d'acquis sociaux.
Alors on défend les caricaturistes danois qui s'en prennent au prophète Mahommet, on s'insurge contre les restrictions de la liberté de la presse en Chine, mais qu'un caricaturiste - car Siné c'est d'abord un caricaturiste- égratigne un peu le pouvoir en place, fasse mention de son abjuration (car avant de se convertir, il faut bien qu'il abjure le catholicisme, non?), et il faut le brûler en place de Grève, lui et ses dessins?
On se calme, un peu?
Je pense à cette citation (apocryphe) de Voltaire :« Je ne suis pas d'accord avec ce que vous dites, mais je me battrai jusqu'à la mort pour que vous ayez le droit de le dire. » J'aurais aimé la retrouver quelque part, sous la plume d'un des concurrents en lice pour la bataille de Reims, mais en première page du site du ps, rien, un ange passe (eux, ils sont à la fois juifs et chrétiens et même musulmans, c'est pratique). Un iconoclaste de Solférino est certes monté au créneau, et prend position pour défendre Siné. Allez faire un tour sur le Blog de Filoche, bien alimenté et à jour. Vous pouvez même signer la pétition en ligne .
Je n'ai pas fait le tour des blogs des prétendants, alors si vous pouviez me démentir, ça me rassurerait. je sais que Delanoë a signé 'le point de vue des vingt" , disant notamment : Siné (vient) de franchir la barrière qui sépare l'humour de l'insulte et la caricature de la haine". Cela ne le met pas du côté des défenseurs de la liberté d'expression.
Ce qui confirme "qu'on peut rire de tout, mais pas avec n'importe qui" (super banco à qui retrouve l'auteur), et pour preuve ce monument de l'humour français :
12:54 Publié dans humeur, liberté, résister, société | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (1) | Envoyer cette note | Tags : caricature, liberté, expression, pensée unique, juif
13.06.2008
Silence dans les rangs, laissez parler les grands
Je n'aime pas mélanger les casquettes, mais quand elles se mélangent d'elle même, il faut bien en tenir compte.
Or donc, ce jeudi 12 juin je recevais un des mensuels de mon syndicat préféré, diffusé à 600 000 exemplaires. La BD de Charp en page 10 ne peux pas laisser indifférent : quelle image peuvent avoir du parti les salariés, les syndiqués, quand un des dirigeants nationaux du ps est ainsi écharpé? Car pour le commun des non socialistes, Valls, Filoche, Hollande, Royal, Délanoë et les autres, c'est à mettre dans le même sac.
Et on se retrouve avec un parti complice des patrons, et je ne peux pas leur en vouloir de penser ainsi.
Restons sur le cas "Valls". Oui, il l'a écrit, Libération du 20 septembre 2007 :
"il ne faut pas craindre d’aborder la problématique des quotas même si cela nécessite une révision de notre Constitution. Pour garantir l’insertion sociale et économique des immigrés, il est indispensable, d’abord, de donner la priorité à la qualification et à la formation de celles et ceux qui arrivent sur notre sol."
"Seuls une harmonisation des politiques de contrôle et un renforcement des politiques européennes de codéveloppement pourront canaliser, sur la durée, la pression migratoire." Sur ce sujet, je vous invite à cliquer sur le lien "contre la directive de la honte", pour voir ce que ça donne, l'harmonisation européenne!
Sur son blog, pas d'hésitation : " Moi, je veux aider à concilier la gauche avec la pensée libérale" (interview au Point, billet du 26 avril 2008).
"Aujourd'hui, on vit plus longtemps, et il est probable que nous allons devoir travailler plus pour vivre mieux" (entretien France Soir, 19 mai 2008)
On pourrait ainsi enfiler les perles à satiété. Mais c'est un goût amer qui nous resterait dans la bouche, alors j'arrête là.
D'autant que mon propos n'est pas tant d'accabler le sus nommé Valls (encore que...), mais de m'étonner que d'un côté, les dirigeants nationaux se commettent dans de telles dérives, s'attirent les réactions des "partenaires historiques de la gauche" (voir dessins de Charp) et dans un même temps, on nous dit, à nous militants de base : silence dans les rangs, de la discipline, camarade, le temps du congrès va venir, là vous aurez la parole.
Et pourquoi la parole, je ne l'aurais pas aujourd'hui, comme les camarades Valls, Royal, Délanoë - un autre néo socialo libéral, celui là- et autres "grandes figures"?
Parce que, pour faire court et ne pas dévoiler le débat passionné, voire passionnel, que nous avons eu en section hier, c'est un peu ce que j'ai entendu. Après une série d'échanges de mails qui allaient crescendo, sans modération, le message des "officiels" du parti a été clair : on ne change pas nos méthodes, on ne se remet pas en question sur notre fonctionnement, pour apaiser le débat et parler enfin politique : un calendrier a été fixé par Solférino, on va la jouer à l'ancienne, abreuver le parti de contributions, laisser mariner ça dans les coulisses de la Rochelle, de Reims, et fiers de nos victoires récentes, (dont Valls lui même dit quelles sont plus dues à un rejet de Sarko qu'à une vraie rénovation de notre projet), vous allez voir ce qu'on va voir !!! Bref, on ne change pas une équipe qui gagne et une méthode qui a fait ses preuves
Or, il y a un malaise dans la section, et dans la circonscription, mais c'est la faute à...
Moi, la chasse aux sorcières ne m'a jamais intéressé. Ce que je veux savoir, c'est comment on s'en sort, qu'est ce qu'on propose?
Des propositions existent, des camarades en ont fait, j'en ai quelques unes en stock. Pas de recettes miracles, mais qu'au moins on puisse en débattre, proposer ICI ET MAINTENANT un autre fonctionnement sans attendre les révolutions de palais à Solférino ou rue Gloriette.
Remettre la section en ordre de marche, dans le respect de la diversité, dans un nouveau contexte, où la gauche est majoritaire sur le canton, où des camarades ont des fonctions électives, ce qui nous pose une question qui n'est pas nouvelle : quels rapports entre les militants et les élus, comment jouer notre rôle de force politique sans se laisser manoeuvrer ni plomber leur travail? Cette simple question mérite déjà en soi un débat, physique ou par mail si c'est bien géré. Pour info, la section compte 59 membres, dont 7 non connectés. Nous étions 12 hier... Je vous laisse cogiter ça...
Quant au fait que je mette ça en ligne, donc sur "la place publique" (une petite place, je vous rassure) tapez dans un moteur de recherche: Mélenchon, Valls,Lang, Filoche, ou plein d'autres...Vous trouverez leurs sites ou blogs.
Je fais comme eux, c'est tout.
Pour finir, une petite vidéo pas musicale (j'ai retrouvé Daily motion, désolé...), mais qui fait plaisir, pour celles et ceux qui n'ont pas vu Filoche à Mâcon récemment, 6 minutes de gauche...
11:08 Publié dans construire, du revermont au bourbonnais, humeur, liberté, résister, société | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : valls, militant, dirigeants ps, reconstruire, image de ps
26.01.2008
Vive les mariés!!
C'est fait. Aujourd'hui même, Monsieur Rebsamen en personne a marié Mohammed et Laétitia (voir billet précédent). Il a assuré par ailleurs être désormais plus vigilant sur ces dossiers, et prendre la responsabilité de transmettre ou non au procureur les futurs dossiers de ce type.
Quand on dénonce, il faut aussi savoir annoncer, et en l'espèce, se féliciter de cette prise de position du numéro 2 ou 2 bis du ps. L'avenir nous dira ce qu'il en est, mais l'expérience montre que la mobilisation peut payer.
Elle a été forte sur la toile, nul doute que Monsieur Rebsamen n'en ait eu écho (et on s'est arrangé pour que...).
Tirons le fil jusqu'au bout : d'une situation embrouillée, avec une mobilisation ad hoc, on peut faire bouger les positions de certains dirigeants socialistes. Cela ne peut qu'encourager les bloggeurs et autres listeurs a persévérer. Enfin, moi c'est comme ça que je le vois, autant vous dire que je n'ai pas fini de massacrer mon clavier.
Autre fil : la situation était bien sûr plus compliquée que je ne l'annonçais. Aurais-je dramatisé, aurais-je désinformé?
Que nenni, et n'attendez pas un méa culpa, vous allez être déçus. Mettre des bémols, des conditionnels, attendre et vérifier... même les journalistes ne le font plus, alors un simple citoyen lambda... Mais un coup de colère, une mobilisation spontanée, des élans du coeur... on a encore le droit, non, ou bien on vit dans un monde chloroformé et aseptisé par la bien pensance de la"juste mesure"???
Les réactions des internautes nettes, incisives, ont (permis, forcés, contraints...choisissez la nuance) une clarification du Maire de Dijon. Il s'en sort avec les honneurs, on ne peut que l'en féliciter.
On peut surtout s'en féliciter pour Mohammed et Laetitia. Meilleurs voeux en provenance du Poirier Bouchot, et merci, ce n'est pas tous les jours qu'on peut écrire sur un évènement aussi heureux.
Je me permets de leur offrir ce que je considère comme LA marche nuptiale par excellence, écrite par un vieil ours mal gratté...respect, s'il vous plait.
Carrément deux versions, vous choisirez, c'est moi qui régale (et ce n'est pas le texte le plus connu du moustachu à la pipe).
17:00 Publié dans construire, humeur, liberté, résister, société | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : rebsamen, dijon, mariage, amouraux au ban public, chagall, brassens, marche nuptiale
15.11.2007
Les uns contre les autres ???
J'ai fait une note brève hier, je pense qu'elle mérite mérite un développement. Attention, je ne suis ni philosophe, ni sociologue, ni expert en quoique ce soit... Simplement un quidam moyen qui cause avec des gens, dans la vraie vie, et qui se balade sur internet.
Facteur complexe m'avait signalé le site : Vive le Feu dans un commentaire.
Allez y faire un tour, il a de bonnes infos...
Sur un ton un peu différent du mien, il commente le même évènement :
Vivre Et Penser Comme Des Sarkozystes
Regardez quand même ces images, que les télés (qui mentent) n'ont pas montrées, de ce qui s'est passé hier matin à Nanterre: non tant pour elles-mêmes, que pour ce qu'elles révèlent de la psychologie de masse des jeunes gens qui ont déjà fait le choix de vivre et (de) penser comme des sarkozystes.
Regardez le troupeau haineux des gorets hystérisés qui lorsque paraissent les gardes mobiles, réclame du sang de gréviste(s) et grogne, jusqu'au hurlement: "Allez les bleus!"
Il n'y a là aucune espèce d'ambiguïté: les gorets savent ce qu'ils font.
Le dernier des sous-connards analphabètes nourri depuis sa plus jeune enfance de menteries médiatiques sait parfaitement qu'en France, quand des keufs équipés pour le combat de rue investissent un campus, leur intention est de casser des gueules d'étudiants.
Acclamer ces mecs-là, c'est, par anticipation, acclamer ce cassage de gueule.
Acclamer ces mecs-là, c'est acclamer, par anticipation, le bruit dégueulasse que feront leurs matraques sur les crânes et les couilles de carabins dont le seul crime ou délit est de s'être mis en grève.
Les gorets que ré-jouit la promesse du massacre ne sont évidemment pas nouveaux, dans notre paysage: ils sont là depuis toujours - planqués derrière "les bleus", et de la voix leur enjoignant de réprimer sans faiblesse.
Ils étaient là, n'en doutez pas, en 1942.(...)
C'est bien ce que je me disais aussi...
Deux choses donc :
1) on monte les catégories les unes contre les autres, étudiants grévistes contre non grévistes, cheminots contre usagers, chômeurs contre "la France qui se lève tôt", bon immigré contre profiteur de notre confort, etc...
2) Cela nous ramène à de mauvais relents, de 1942, de l'époque où il était de bon ton de dénoncer le mauvais français, de ficher et enfermer tout ce qui pouvait nuire à la société : le juif, le communiste, le syndicaliste...
Faut-il rappeler que Guy Moquet a été fusillé car il faisait partie d'une de ces listes, établie par un Français...?
Monsieur Sarkozy, comme dit le Monde, a été élu sur un programme dit "communautariste". On pense aux minorités visibles : noirs, musulmans, juifs, etc....
Mais son programme est beaucoup plus global : tout est communauté : les patrons, les étudiants, les régimes spéciaux, les marins, les riches, les pauvres, les habitants des banlieues, ceux des zones pavillonnaires, etc...
Un peu de Reggiani pour se remettre dans une certaine ambiance...

Ca dépasse le diviser pour mieux régner : c'est une certaine conception de la société, une vision du monde manichéenne, qui va bien avec celle de son compère Bush. On arrive vite aux bons contre les méchants, ceux qui méritent contre ceux qu'il faut éliminer, vermines et parasites de cette société.
Cette idée n'est pas neuve, ne date pas de 1942, elle était je pense très présente au 19ème siècle. C'était la philosophie du patronat de l'époque et des bonnes dames patronnesses, avec les bons pauvres et les mauvais pauvres.
C'est contre ces idées que se sont levés des Zola, des Jaurès, des utopistes de tous poils qui rêvaient d'un monde de solidarité et de justice, de reconnaissance de l'autre... Bref, c'est contre cette philosophie que c'est développé le socialisme (et là les spécialistes vont me tomber dessus, parce que c'est plus compliqué... faut nuancer...faut remonter plus loin... bref, faut avoir LE SAVOIR...).
Je reprendrais le ton de Vive le feu : m'en fous des spécialistes...
Ce que je constate, c'est que ce constat de quidam, partagé par plein de vrais quidams dans la vraie vie que je rencontre (et pas tous engagés dans un machin ou un autre), ce constat donc, il me semble partagé de plus en plus, à partir de mille exemples de la vie quotidienne, de la baguette de pain au salaire du président.
Et pendant ce temps là, au parti socialiste, on se prononce pour les quotas (pas désavoué par le parti à ma connaissance, le camarade Valls), on y va franco (comme l'espagnol..) sur le traité de Lisbonne (ça, c'est au Portugal...) on fait sa petite cuisine pour savoir qui sera le grand chef, le sous grand chef, etc... Et on signe toujours : parti socialiste..
Sur les régimes spéciaux, qu'on oppose au régime général : le ps (les majuscules, j'y arrive plus...) suit péniblement le manichéen Sarkozy :
Vice-président de l’Assemblée nationale, le strauss-kahnien Jean-Marie Le Guen, interrogé par l’AFP, a défendu une position «à l’image de la plupart des responsables socialistes: il faut tendre à une harmonisation des régimes de retraite».
Ce point de vue avait été défendu par Arnaud Montebourg lors de la réunion des jeunes «rénovateurs» socialistes, fin août en Saône-et-Loire
Vous verrez dans l'article que tous ne sont pas sur la même ligne, mais quand même...
Et toujours pas de contre propositions crédibles, mais ça, ça devient une habitude...
Alors le quidam dans la rue, il est inquiet. Il voit bien, comme dans le tableau de Jérôme Bosch en début de cette note, qu'il va y avoir d'un coté un monde un peu pourri, mais propre et lumineux, où il fera bon vivre, et un monde pas moins pourri, mais de toutes façons sombre et dur a supporter, et lui il se voit plonger dans le côté obscur du tableau...
Et personne pour lui dire, "viens avec nous, on va leur casser la gueule et on va s'en sortir..." (j'ai vraiment envie de foutre le feu, ce soir...).
Et moi, avec mon Reggiani et mes arrières gouts de barricades soixante huitardes, je me dit : je vais passer pour un vieux con avec mes lamentations sur une résistance que je pense indispensable.
Alors je me sent moins vieux et moins con quand je trouve ça en deux clics :
(j'ai galéré, mais je ne suis pas peu fier de vous présenter cette vidéo direct sur la note...content le gars...)
Alors je me dit qu'il n'y a pas que les dinosaures qui ressentent ce besoin, mais que dans les jeunes, beaucoup aussi font des liens (et pas que sur le net) avec des périodes peu glorieuses...
Et je ne saurais finir sans une spéciale dédicace à notre amie Lucie :
"Le verbe resister doit se conjuguer au présent"...
20:55 Publié dans société | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : sarkozy, ps, motivé(e)s, zebda, chant des partisans, resister
14.11.2007
fac, violence et applaudissements...
Sur Rue89 ce matin, un reportage qui fait peur. On y voit les CRS charger des étudiants à coup de matraques. Jusque là, rien que de très classique.
Non, ce qui m'inquiète, ce sont les applaudissement et les ENCOURAGEMENTS des non grévistes aux CRS....
La violence infligée pour défendre SA cause ne pose pas d'états d'âme, semble-t-il, aux étudiants studieux...
Le reportage montre une conseillère régionale PC discutant avec les directeur de la police. On suppose que des élus PS devaient aussi être par là, dommage Rue89 n'a pas retenu leur intervention...
Ce billet va être court, j'ai moi aussi une grève à assurer, si on se fait charger par les CRS sous les applaudissements des usagers de la SNCF, celà démontrera quelle est l'état de notre société aujourd'hui : un lieu d'affrontements claniques, ce qui est conforme à la vision communautariste de notre hyper mégalo président.
Une société ou les différences ne sont plus relayées par les partis habituels présents sur l'échiquier politique, le PS en premier, incapable de se positionner sur quelque sujet que ce soit (la position du parti sur la loi Pecresse, vous l'avez en tête, vous?)
Pas de musique ni d'image dans ce billet, ce seraient une marche funèbre et un corbillard qui illustreraient le mieux mon humeur....
07:15 Publié dans société | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : fac, CRS, applaudissements, pc, ps, egoïsme



