13.06.2008
Silence dans les rangs, laissez parler les grands
Je n'aime pas mélanger les casquettes, mais quand elles se mélangent d'elle même, il faut bien en tenir compte.
Or donc, ce jeudi 12 juin je recevais un des mensuels de mon syndicat préféré, diffusé à 600 000 exemplaires. La BD de Charp en page 10 ne peux pas laisser indifférent : quelle image peuvent avoir du parti les salariés, les syndiqués, quand un des dirigeants nationaux du ps est ainsi écharpé? Car pour le commun des non socialistes, Valls, Filoche, Hollande, Royal, Délanoë et les autres, c'est à mettre dans le même sac.
Et on se retrouve avec un parti complice des patrons, et je ne peux pas leur en vouloir de penser ainsi.
Restons sur le cas "Valls". Oui, il l'a écrit, Libération du 20 septembre 2007 :
"il ne faut pas craindre d’aborder la problématique des quotas même si cela nécessite une révision de notre Constitution. Pour garantir l’insertion sociale et économique des immigrés, il est indispensable, d’abord, de donner la priorité à la qualification et à la formation de celles et ceux qui arrivent sur notre sol."
"Seuls une harmonisation des politiques de contrôle et un renforcement des politiques européennes de codéveloppement pourront canaliser, sur la durée, la pression migratoire." Sur ce sujet, je vous invite à cliquer sur le lien "contre la directive de la honte", pour voir ce que ça donne, l'harmonisation européenne!
Sur son blog, pas d'hésitation : " Moi, je veux aider à concilier la gauche avec la pensée libérale" (interview au Point, billet du 26 avril 2008).
"Aujourd'hui, on vit plus longtemps, et il est probable que nous allons devoir travailler plus pour vivre mieux" (entretien France Soir, 19 mai 2008)
On pourrait ainsi enfiler les perles à satiété. Mais c'est un goût amer qui nous resterait dans la bouche, alors j'arrête là.
D'autant que mon propos n'est pas tant d'accabler le sus nommé Valls (encore que...), mais de m'étonner que d'un côté, les dirigeants nationaux se commettent dans de telles dérives, s'attirent les réactions des "partenaires historiques de la gauche" (voir dessins de Charp) et dans un même temps, on nous dit, à nous militants de base : silence dans les rangs, de la discipline, camarade, le temps du congrès va venir, là vous aurez la parole.
Et pourquoi la parole, je ne l'aurais pas aujourd'hui, comme les camarades Valls, Royal, Délanoë - un autre néo socialo libéral, celui là- et autres "grandes figures"?
Parce que, pour faire court et ne pas dévoiler le débat passionné, voire passionnel, que nous avons eu en section hier, c'est un peu ce que j'ai entendu. Après une série d'échanges de mails qui allaient crescendo, sans modération, le message des "officiels" du parti a été clair : on ne change pas nos méthodes, on ne se remet pas en question sur notre fonctionnement, pour apaiser le débat et parler enfin politique : un calendrier a été fixé par Solférino, on va la jouer à l'ancienne, abreuver le parti de contributions, laisser mariner ça dans les coulisses de la Rochelle, de Reims, et fiers de nos victoires récentes, (dont Valls lui même dit quelles sont plus dues à un rejet de Sarko qu'à une vraie rénovation de notre projet), vous allez voir ce qu'on va voir !!! Bref, on ne change pas une équipe qui gagne et une méthode qui a fait ses preuves
Or, il y a un malaise dans la section, et dans la circonscription, mais c'est la faute à...
Moi, la chasse aux sorcières ne m'a jamais intéressé. Ce que je veux savoir, c'est comment on s'en sort, qu'est ce qu'on propose?
Des propositions existent, des camarades en ont fait, j'en ai quelques unes en stock. Pas de recettes miracles, mais qu'au moins on puisse en débattre, proposer ICI ET MAINTENANT un autre fonctionnement sans attendre les révolutions de palais à Solférino ou rue Gloriette.
Remettre la section en ordre de marche, dans le respect de la diversité, dans un nouveau contexte, où la gauche est majoritaire sur le canton, où des camarades ont des fonctions électives, ce qui nous pose une question qui n'est pas nouvelle : quels rapports entre les militants et les élus, comment jouer notre rôle de force politique sans se laisser manoeuvrer ni plomber leur travail? Cette simple question mérite déjà en soi un débat, physique ou par mail si c'est bien géré. Pour info, la section compte 59 membres, dont 7 non connectés. Nous étions 12 hier... Je vous laisse cogiter ça...
Quant au fait que je mette ça en ligne, donc sur "la place publique" (une petite place, je vous rassure) tapez dans un moteur de recherche: Mélenchon, Valls,Lang, Filoche, ou plein d'autres...Vous trouverez leurs sites ou blogs.
Je fais comme eux, c'est tout.
Pour finir, une petite vidéo pas musicale (j'ai retrouvé Daily motion, désolé...), mais qui fait plaisir, pour celles et ceux qui n'ont pas vu Filoche à Mâcon récemment, 6 minutes de gauche...
11:08 Publié dans construire, du revermont au bourbonnais, humeur, liberté, résister, société | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : valls, militant, dirigeants ps, reconstruire, image de ps
26.01.2008
Vive les mariés!!
C'est fait. Aujourd'hui même, Monsieur Rebsamen en personne a marié Mohammed et Laétitia (voir billet précédent). Il a assuré par ailleurs être désormais plus vigilant sur ces dossiers, et prendre la responsabilité de transmettre ou non au procureur les futurs dossiers de ce type.
Quand on dénonce, il faut aussi savoir annoncer, et en l'espèce, se féliciter de cette prise de position du numéro 2 ou 2 bis du ps. L'avenir nous dira ce qu'il en est, mais l'expérience montre que la mobilisation peut payer.
Elle a été forte sur la toile, nul doute que Monsieur Rebsamen n'en ait eu écho (et on s'est arrangé pour que...).
Tirons le fil jusqu'au bout : d'une situation embrouillée, avec une mobilisation ad hoc, on peut faire bouger les positions de certains dirigeants socialistes. Cela ne peut qu'encourager les bloggeurs et autres listeurs a persévérer. Enfin, moi c'est comme ça que je le vois, autant vous dire que je n'ai pas fini de massacrer mon clavier.
Autre fil : la situation était bien sûr plus compliquée que je ne l'annonçais. Aurais-je dramatisé, aurais-je désinformé?
Que nenni, et n'attendez pas un méa culpa, vous allez être déçus. Mettre des bémols, des conditionnels, attendre et vérifier... même les journalistes ne le font plus, alors un simple citoyen lambda... Mais un coup de colère, une mobilisation spontanée, des élans du coeur... on a encore le droit, non, ou bien on vit dans un monde chloroformé et aseptisé par la bien pensance de la"juste mesure"???
Les réactions des internautes nettes, incisives, ont (permis, forcés, contraints...choisissez la nuance) une clarification du Maire de Dijon. Il s'en sort avec les honneurs, on ne peut que l'en féliciter.
On peut surtout s'en féliciter pour Mohammed et Laetitia. Meilleurs voeux en provenance du Poirier Bouchot, et merci, ce n'est pas tous les jours qu'on peut écrire sur un évènement aussi heureux.
Je me permets de leur offrir ce que je considère comme LA marche nuptiale par excellence, écrite par un vieil ours mal gratté...respect, s'il vous plait.
Carrément deux versions, vous choisirez, c'est moi qui régale (et ce n'est pas le texte le plus connu du moustachu à la pipe).
17:00 Publié dans construire, humeur, liberté, résister, société | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : rebsamen, dijon, mariage, amouraux au ban public, chagall, brassens, marche nuptiale
15.11.2007
Les uns contre les autres ???
J'ai fait une note brève hier, je pense qu'elle mérite mérite un développement. Attention, je ne suis ni philosophe, ni sociologue, ni expert en quoique ce soit... Simplement un quidam moyen qui cause avec des gens, dans la vraie vie, et qui se balade sur internet.
Facteur complexe m'avait signalé le site : Vive le Feu dans un commentaire.
Allez y faire un tour, il a de bonnes infos...
Sur un ton un peu différent du mien, il commente le même évènement :
Vivre Et Penser Comme Des Sarkozystes
Regardez quand même ces images, que les télés (qui mentent) n'ont pas montrées, de ce qui s'est passé hier matin à Nanterre: non tant pour elles-mêmes, que pour ce qu'elles révèlent de la psychologie de masse des jeunes gens qui ont déjà fait le choix de vivre et (de) penser comme des sarkozystes.
Regardez le troupeau haineux des gorets hystérisés qui lorsque paraissent les gardes mobiles, réclame du sang de gréviste(s) et grogne, jusqu'au hurlement: "Allez les bleus!"
Il n'y a là aucune espèce d'ambiguïté: les gorets savent ce qu'ils font.
Le dernier des sous-connards analphabètes nourri depuis sa plus jeune enfance de menteries médiatiques sait parfaitement qu'en France, quand des keufs équipés pour le combat de rue investissent un campus, leur intention est de casser des gueules d'étudiants.
Acclamer ces mecs-là, c'est, par anticipation, acclamer ce cassage de gueule.
Acclamer ces mecs-là, c'est acclamer, par anticipation, le bruit dégueulasse que feront leurs matraques sur les crânes et les couilles de carabins dont le seul crime ou délit est de s'être mis en grève.
Les gorets que ré-jouit la promesse du massacre ne sont évidemment pas nouveaux, dans notre paysage: ils sont là depuis toujours - planqués derrière "les bleus", et de la voix leur enjoignant de réprimer sans faiblesse.
Ils étaient là, n'en doutez pas, en 1942.(...)
C'est bien ce que je me disais aussi...
Deux choses donc :
1) on monte les catégories les unes contre les autres, étudiants grévistes contre non grévistes, cheminots contre usagers, chômeurs contre "la France qui se lève tôt", bon immigré contre profiteur de notre confort, etc...
2) Cela nous ramène à de mauvais relents, de 1942, de l'époque où il était de bon ton de dénoncer le mauvais français, de ficher et enfermer tout ce qui pouvait nuire à la société : le juif, le communiste, le syndicaliste...
Faut-il rappeler que Guy Moquet a été fusillé car il faisait partie d'une de ces listes, établie par un Français...?
Monsieur Sarkozy, comme dit le Monde, a été élu sur un programme dit "communautariste". On pense aux minorités visibles : noirs, musulmans, juifs, etc....
Mais son programme est beaucoup plus global : tout est communauté : les patrons, les étudiants, les régimes spéciaux, les marins, les riches, les pauvres, les habitants des banlieues, ceux des zones pavillonnaires, etc...
Un peu de Reggiani pour se remettre dans une certaine ambiance...

Ca dépasse le diviser pour mieux régner : c'est une certaine conception de la société, une vision du monde manichéenne, qui va bien avec celle de son compère Bush. On arrive vite aux bons contre les méchants, ceux qui méritent contre ceux qu'il faut éliminer, vermines et parasites de cette société.
Cette idée n'est pas neuve, ne date pas de 1942, elle était je pense très présente au 19ème siècle. C'était la philosophie du patronat de l'époque et des bonnes dames patronnesses, avec les bons pauvres et les mauvais pauvres.
C'est contre ces idées que se sont levés des Zola, des Jaurès, des utopistes de tous poils qui rêvaient d'un monde de solidarité et de justice, de reconnaissance de l'autre... Bref, c'est contre cette philosophie que c'est développé le socialisme (et là les spécialistes vont me tomber dessus, parce que c'est plus compliqué... faut nuancer...faut remonter plus loin... bref, faut avoir LE SAVOIR...).
Je reprendrais le ton de Vive le feu : m'en fous des spécialistes...
Ce que je constate, c'est que ce constat de quidam, partagé par plein de vrais quidams dans la vraie vie que je rencontre (et pas tous engagés dans un machin ou un autre), ce constat donc, il me semble partagé de plus en plus, à partir de mille exemples de la vie quotidienne, de la baguette de pain au salaire du président.
Et pendant ce temps là, au parti socialiste, on se prononce pour les quotas (pas désavoué par le parti à ma connaissance, le camarade Valls), on y va franco (comme l'espagnol..) sur le traité de Lisbonne (ça, c'est au Portugal...) on fait sa petite cuisine pour savoir qui sera le grand chef, le sous grand chef, etc... Et on signe toujours : parti socialiste..
Sur les régimes spéciaux, qu'on oppose au régime général : le ps (les majuscules, j'y arrive plus...) suit péniblement le manichéen Sarkozy :
Vice-président de l’Assemblée nationale, le strauss-kahnien Jean-Marie Le Guen, interrogé par l’AFP, a défendu une position «à l’image de la plupart des responsables socialistes: il faut tendre à une harmonisation des régimes de retraite».
Ce point de vue avait été défendu par Arnaud Montebourg lors de la réunion des jeunes «rénovateurs» socialistes, fin août en Saône-et-Loire
Vous verrez dans l'article que tous ne sont pas sur la même ligne, mais quand même...
Et toujours pas de contre propositions crédibles, mais ça, ça devient une habitude...
Alors le quidam dans la rue, il est inquiet. Il voit bien, comme dans le tableau de Jérôme Bosch en début de cette note, qu'il va y avoir d'un coté un monde un peu pourri, mais propre et lumineux, où il fera bon vivre, et un monde pas moins pourri, mais de toutes façons sombre et dur a supporter, et lui il se voit plonger dans le côté obscur du tableau...
Et personne pour lui dire, "viens avec nous, on va leur casser la gueule et on va s'en sortir..." (j'ai vraiment envie de foutre le feu, ce soir...).
Et moi, avec mon Reggiani et mes arrières gouts de barricades soixante huitardes, je me dit : je vais passer pour un vieux con avec mes lamentations sur une résistance que je pense indispensable.
Alors je me sent moins vieux et moins con quand je trouve ça en deux clics :
(j'ai galéré, mais je ne suis pas peu fier de vous présenter cette vidéo direct sur la note...content le gars...)
Alors je me dit qu'il n'y a pas que les dinosaures qui ressentent ce besoin, mais que dans les jeunes, beaucoup aussi font des liens (et pas que sur le net) avec des périodes peu glorieuses...
Et je ne saurais finir sans une spéciale dédicace à notre amie Lucie :
"Le verbe resister doit se conjuguer au présent"...
20:55 Publié dans société | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : sarkozy, ps, motivé(e)s, zebda, chant des partisans, resister
14.11.2007
fac, violence et applaudissements...
Sur Rue89 ce matin, un reportage qui fait peur. On y voit les CRS charger des étudiants à coup de matraques. Jusque là, rien que de très classique.
Non, ce qui m'inquiète, ce sont les applaudissement et les ENCOURAGEMENTS des non grévistes aux CRS....
La violence infligée pour défendre SA cause ne pose pas d'états d'âme, semble-t-il, aux étudiants studieux...
Le reportage montre une conseillère régionale PC discutant avec les directeur de la police. On suppose que des élus PS devaient aussi être par là, dommage Rue89 n'a pas retenu leur intervention...
Ce billet va être court, j'ai moi aussi une grève à assurer, si on se fait charger par les CRS sous les applaudissements des usagers de la SNCF, celà démontrera quelle est l'état de notre société aujourd'hui : un lieu d'affrontements claniques, ce qui est conforme à la vision communautariste de notre hyper mégalo président.
Une société ou les différences ne sont plus relayées par les partis habituels présents sur l'échiquier politique, le PS en premier, incapable de se positionner sur quelque sujet que ce soit (la position du parti sur la loi Pecresse, vous l'avez en tête, vous?)
Pas de musique ni d'image dans ce billet, ce seraient une marche funèbre et un corbillard qui illustreraient le mieux mon humeur....
07:15 Publié dans société | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : fac, CRS, applaudissements, pc, ps, egoïsme



