18.12.2007

Arnaud, quel sacré grand naîf...

61e45b3044e5f526a1ded7c0a24c80bb.gifC'est vrai qu'au début, il ressemblait un peu à ce Pierrot de Picasso : grand, déguigandé, portant haut et fort des idées lunaires, utopiste fervent et orateur brillant. Ça a plu, il s'est forgé son personnage don quichottesque, pourfendeur de moulins à vent, Cyrano de Bergerac des prétoires et de l'Assemblée, s'attaquant seul aux plus forts, dans le parti et dans l'État.

Ca a plu, ça a marché, il a créé son courant, s'est bagarré parfois seul contre tous (Cyrano, je vous dit) pour faire avancer SA 6ème République. Remplaçant Christian par Ségolène sous le balcon, il a fait réciter (mal, comme chez Rostand) son texte pour la belle Roxane (en gros la gauche qui veut bouger), mais déjà on sentait que le coeur n'y était plus vraiment.

Monsieur Hulot de la politique, il a brassé moult parapluies pour faire avancer la notion de mandat unique, Saint Vincent de Paul de la parole prônée, il s'est appliqué ce principe à lui même. La noblesse de la politique, je vous dit. Et il y croyait, je suis sûr, parce que ça fonctionnait : les gens le suivaient, les grands le surveillaient, son importance était manifeste.

Et boum, quelques marches d'escaliers ratées, Christian/Ségolène qui déplaît à l'ingrate Roxane, les moulins à vents galvaudés et repris par tous, comme de vulgaires éoliennes écologistes, le mandat unique tronçonné en mandats non cumulatifs, bref, Pierrot est retombé sur  terre.

Alors Pierrot se recrée son univers. Ce qui a marché une fois, il peut bien le refaire. Le mandat unique? Une idée surréaliste, trop romantique, faut être un homme, un vrai, Jean Gabin sur sa locomotive.

La 6ème république? Oui, on va la faire, en Saône et Loire, et on refondera l'union Européenne à partir d' un noyau dur : le 71 et Groland, plus la Patagonie (on y a déjà un ambassadeur : Florent Pagny).

Les grandes idées, les utopies qu'on fait progresser : un leurre, il faut "mettre les mains dans le moteur" (ou le cambouis, selon les sources). Le député aux souliers crottés (un orateur hors pair, je vous dit) va devenir le Mécano de la Générale (sacré Buster Keaton, toujours pince sans rire).

Et il reste tel qu'en lui même, persuadé que ça va passer, que les gens vont adhérer à ce changement de cap à 180 degrés, qu'ils seront naïfs comme lui même l'est.

J'ai peur qu'il n'aille vers quelques désillusions.

Les gens sont méchants.

Ils vont l'accuser de retourner sa veste, de revenir sur ses engagements, de trahir son idéal, lui qui n'est que pureté et noblesse d'âme.

Ils vont le soupçonner d'intriguer pour préparer un rebond en deux mille et des poussières, de faire, comme d'autres, des calculs politiciens, de carrière, de s'accrocher au pouvoir.

Vous allez voir comment on va dire qu'il a mis ses réseaux en place, des hommes et des femmes " à lui" à quelques endroits stratégiques, verrouillé un appareil en pleine liquéfaction : le parti socialiste de Saône et Loire.

Les gens sont mesquins.

Sur sa volonté de mettre les mains dans le moteur, des historiens locaux, et partiaux, vous ressortiront comment il a déjà fait, en 1993, en "virant" Sirugue du poste de premier fédéral, pour s'installer à sa place moins de 18 mois. ils vous assureront qu'en tant que premier fédéral, donc chef de l'exécutif politique du parti, il n'a pas laissé une trace indélébile.

Des apparatchiks (si, si, ça existe au ps, paraît-il) vous parleront des couleuvres que certains ont avalées, tout en devant faire bonne figure, dans l'intérêt suprême du Parti (la majuscule n'est pas de moi...). Des langues de vipères, oui, misérables serpents jaloux.

Les gens sont vils.

Et certains vont vous chercher de ces hypothèses, je vous demande bien où?

Et pourquoi pas Chaintron, Couillerot, Baumel (je l'avais oublié dans un précédent billet, désolé..) du même courant et capables de ....

Et pourquoi il resterait pas "simple" conseiller général. Ce n'est pas moins noble, et les mains dans le cambouis, c'est vraiment leur truc (alors que Sirugue, par exemple, est  tout de suite devenu vice président d'un machin des départements de France dans la capitale...)

Et si il démissionnait de son mandat de député, comme ça Chaintron aurait au moins quelque chose (c'est son suppléant), et Arnaud resterait sur un mandat unique ?

Et si il redevenait avocat? Là aussi on peut mettre les mains dans le cambouis!

Quelle petitesse dans ces supputations.

Les gens sont bas.

Alors Arnaud va rester sur son tapis volant, ignorer les bassesses de ce monde, tracer sa route vers les lendemains qui chantent pour la Saône et Loire.

Il nous le dit dans son courrier :

"La gauche est menacée de disparition, sauf sur les territoires où elle dispose de larges forces majoritaires. L’organisation d’une opposition nouvelle, à la fois résistante et constructive, nécessite que nous concentrions à notre tour nos forces territoriales, pour leur donner du poids, en les déployant à l’échelle nationale. Voilà pourquoi les leaders de la gauche doivent s’intéresser aux départements et régions : Pour tenir tête au pouvoir ; pour relier les actions locales au travail national et donner une force démonstrative aux choix politiques qu’ils imagineront sur leurs territoires, comme Ségolène Royal avait su le faire en Poitou-Charentes. Cette candidature est d’abord un acte de résistance à la montée de l’absolutisme sarkozyste."

Moi, je suis prêt! J'ai repéré alentour les lieux des anciens maquis du clunisois, je part demain recréer le 4ème bataillon de choc, et avec Montebourg de Tassigny, nous reprendrons jusqu'à l'Alsace et la Lorraine. Général, nous voila...

"Pour ma part, j’aurai 49 ans et accumulé quinze années de vie publique, après huit années de vie professionnelle. On me demandera alors des preuves de ce que j’aurai fait et concrètement assumé. Il ne sera pas possible d’avoir exclusivement vécu dans l’exercice tribunicien pur, au sein d’une Assemblée nationale émasculée par le sarkozysme."

Je comprends Arnaud, on est de la même génération (j'ai à peine 47 ans), alors on se pose des questions, qui suis-je, où vais-je, dans quel état...(je m'égare..). La cinquantaine nous guette, qu'avons nous fait de ce demi siècle? Question existentielle que je partage mais que vont balayer d'un geste méprisant ceux qui disent qu'il ne pense qu'à lui, alors que c'est la philosophie même de la vie qu'il interroge, comme il l'explique si bien sur son blog...

Et pas question de se faire émasculer par Sarkozy. Jean Gabin sur sa loco,  sans ses attributs, ça ressemblerait à quoi. Ah si, la cage aux folles...

"Oh temps, suspends ton vol", disait notre poête national (ben oui, lui au moins il est du département).

Haut les coeurs, et suivons le héraut de la recomposition politique de gauche depuis son berceau historique : la Saône et Loire. Oui, on va bien trouver quelque chose pour le prouver, Bibracte par exemple, parce que Solutré, c'est has been... Affirmons le clairement : Vercingétorix était de gauche !!!

Et  je tiens, personnellement, à apporter ma pierre à cette entreprise de reconstruction nationale, en proposant d'ores et déjà un hymne national pour le nouvel état Saônetloiro-grolando-patagonesque :

Avertissement pour ceux qui connaissent la version originale : les ré-arrangements sont de Arno, ça déménage...

 

 

11.11.2007

Montebourg, du tango à la valse....

            0758bdb7c2467697dbdbc0f5a3fe9e0d.jpg                           Promis, juré, "je n'y vais pas"...Une brève du Point annonçait notre ami Arnaud candidat aux cantonales, donc à la succession de Christophe Sirugue à la Présidence du Conseil Général.

En plus du lien, pour vérifier par vous même, je vous la recopie ci dessous :

Montebourg futur président du conseil général de Saône-et-Loire

25/10/2007-18h03 - Rubrique coordonnée par Irène Inchauspé- © Le Point.fr

Le député socialiste Arnaud Montebourg va se présenter aux prochaines cantonales de mars prochain afin de devenir président du conseil général de Saône-et-Loire. L’actuel président, le socialiste Christophe Sirugue, va lui laisser la place afin de se lancer à la conquête de la municipalité de Chalon. Jusque-là, Arnaud Montebourg avait des réticences en raison de son engagement en faveur du mandat unique. Mais ses amis l’ont convaincu de devenir un cumulard, comme la plupart de ses camarades socialistes, en attendant une éventuelle loi instaurant le mandat unique. De son côté, Arnaud Montebourg se contente d’indiquer qu'il a entamé des "discussions" sur le sujet.

Démenti bien sûr rapide de l'intéressé, dans le Journal de Saône et Loire le 27/10 (là, désolé, je n'ai pas de lien à vous proposer). Pas de cumul des mandats, c'est sa ligne que je respecte haut et fort, et qu'il a toujours appliqué jusqu'à ce jour.

Et on me signale récemment ce lien :

Sur un site que je vous recommande, il n'y a pas que le JSL en 71.

CANTONALES : Arnaud Montebourg a une «hésitation philosophique»
Le Vendredi 09 novembre 2007 @ 03:45:17

Il annoncera sous quelques semaines s'il se présente aux cantonales dans le canton de Montret.


«Je suis dans une hésitation philosophique par rapport à des principes qui me tiennent à coeur, mais il est vrai, aussi, une envie de concrétiser mes idées»... Interrogé par «creusot-infos», Arnaud Montebourg a confirmé qu'il est dans une période de réflexion quant à une candidature aux prochaines élections cantonales.
Pressé par ses amis de se présenter dans le canton de Montret et, le cas échéant, de prendre la Présidence du Conseil Général de Saône-et-Loire, Arnaud Montebourg annonce qu'il fera part de sa décision sous quelques semaines. Soit à la fin novembre, soit tout début décembre. «Je ne suis pas pressé, je veux prendre le temps de tout analyser, de tout peser. Une chose est certaine mon choix sera fixé avant la fin de l'année».
Il est clair qu'après l'annonce de la candidature de Christophe Sirugue à la mairie de Chalon-sur-Saône, beaucoup de choses plaident pour que le Député de la Bresse se présente aux cantonales. À commencer par la perspective du redécoupage des circonscriptions en Saône-et-Loire, où leur nombre devrait passer de six à quatre «Car comme ils ne sont pas arrivés à m'éliminer par les urnes, ils vont tenter de le faire avec les ciseaux», lâche l'élu qui, pour le moment n'en dit pas plus quant à ses options.
Reste qu'il se déclare optimiste quant à l'avenir de la gauche et du PS en Saône-et-Loire : «Je pense qu'on va gagner les villes Chalon-sur-Saône et Mâcon. Je pense aussi qu'on peut gagner Louhans».
Alain BOLLERY

Cet article est du 9 novembre...

Il n'y aura pas de combats de chefs si : Arnaud se présente à Montret, si il est élu, si il brigue la présidence du conseil général (triple hypothèse, quand même...)

J'exprime juste mon scepticisme quant à ses compétences pour conduire un exécutif en cohérence avec des valeurs, sachant que ses domaines de prédilection sont le constitutionnel et le juridique. Quant au reste (transports, économie, éducation...) je compte sur vos lumières pour me rassurer....

Et pour finir en musique, un lien avec un Gainsbourg de 1964, document d'archive qui ne figure certes pas dans les anthologies de Gainsbarre, mais qui colle assez avec mon état d'esprit parfois (paroles et musique).

Bien sûr, c'est presque une valse...

06.11.2007

Les vrais enjeux du PS

8c5780eeb0c84fd1d6bd8413522ad1a1.jpg Attrapé dans Libé en ligne ce jour :

 http://www.liberation.fr/actualite/politiques/289452.FR.php

Traité européen. Le PS doit trancher ce soir sur une ratification par voie parlementaire.
MATTHIEU ÉCOIFFIER

"Ouistes et abstentionnistes ne veulent pas aller au clash. «On n’est pas d’accord, il y a une majo pour le oui et une mino pour l’abstention et on avance», explique un dirigeant pour qui «l’ambiance est plutôt à laisser filer et à ne pas s’emmerder sur ce sujet. Ce n’est pas sur le traité européen que doit se faire la future majorité du parti». «J’espère que tout le monde aura la sagesse d’être sage»,ajoute un responsable fabiusien."

La messe est dite. Le sujet ne mérite pas.... on ne va pas s'emmerder...

Ce qui compte VRAIMENT, c'est QUI va diriger le parti demain, en haut, et en dessous, qui seront les chefs, sous chefs et sous chefs adjoints....

Après, avant, ils nous parlent de démocratie participative, de se rapprocher du peuple. Pipeau, le conseil national est ce soir, la décision est prise, même les militants ne sont pas, ne seront pas consultés.

Ne parlons pas des retournements de vestes, attendons les re retournements... Ils ne  vont pas tarder.

Je râlais hier sur l'absence de réaction du parti, c'est devenu plus qu'une habitude, une marque de fabrique....Regardons au loin, vers l'horizon pur de nos aspirations les plus nobles, mais ne mettons pas les pieds dans la bouse fangeuse dans laquelle nos concitoyens se démènent...

Ce qui se joue au niveau national est le reflet des pratiques sur le terrain. pas un seul mail d'interpellation, pas un seul questionnement sur ce sujet dans mon département (71) théoriquement noniste.

Une trés rapide recherche sur la toile, la réponse se profile....

On trouve sur le Journal du Dimanche de ce jour :

Les socialistes entre oui et rien

Par Florence MURACCIOLE
Le Journal du Dimanche

http://www.lejdd.fr/cmc/politique/200745/les-socialistes-...

Arnaud Montebourg, qui ne désespère pas de jouer un rôle sur le devant du PS, il cherche quelle est la meilleure stratégie pour lui: il se verrait bien jouer les réconciliateurs du camp du "oui" et de celui du "non".

le 24 octobre, le Figaro écrivait :

« Demander un référendum, c'est un minimum », expliquait la semaine dernière Arnaud Montebourg.

Le pape bressan a parlé : soyons d'abord stratèges, les débats d'idées....pschitt, c'est pas fondamental. Et entre les chefs, les sous chefs, les contre chefs et les couvre chefs, il y a besoin de médiateurs... C'est une façon comme une autre de gravir son petit escalier.

Alors revigorer la gauche, la rénover... Changer les têtes, ça oui, il y a des partisans. Changer les méthodes... j'ai l'impression de pisser dans un violon.

J'entends déjà les commentaires (comment peuvent-ils encore leur plaire???...)

"Tu comprends, il faut voir plus loin (d'où : voir plus haut) ne pas se laisser embarquer par la stratégie de Sarkozy, on a des cartes à préserver, des échéances à préparer...."

On est loin de mon litre de gasoil et du prix de la baguette de mon voisin...

Et là je deviens populiste... N'en jetez plus, on me l'a assez répété. Si populiste c'est poujadiste, certes non, mais si par populiste, vous entendez langage du peuple, alors là je revendique ce mot tombé en désuétude. Quant à ce peuple dont on ne parle plus, il est en désespérance d'un projet de société.

Mais je ne désespère pas de retrouver quelques utopistes, maisoixantehuitards attardés sûrement, pour rêver quelques secondes d'un autre avenir possible, et pas ailleurs ou autre part....

Pour résumer, on se concentre sur l'essentiel : le combat des chefs. La suprématie de la loi du marché sur celle des solidarités, c'est bien joli, mais ON n'a pas le temps....

Je crois que je vais aller tailler mes rosiers, ça me fera du bien....