04.02.2008
Kess tu t'embetes
à rester dans ce parti (et je vous passe les qualificatifs qui suivent)? Ou alors : si tu n'es pas content, pourquoi tu ne le quittes pas?
La première question, beaucoup de mes amis, communistes, alter, et autres me l'ont posée. Embarrassante, je l'avoue. Ce billet va me permettre de mettre mes idées au clair, disons le tout net.
Quant à l'autre, la réponse est simple : tant que je gène, ça prouve que ça sert à quelque chose, alors je reste. La où j'mets d'la gène j'ai du plaisir...
Revenons à la vraie question : pourquoi ne pas aller ailleurs, voire nulle part, être un total électron libre, indépendant et autonome?
Cette seconde hypothèse est totalement exclue : seul, autonome, indépendant, après 15 ans de militantisme associatif, dans un mouvement national (la première fédération de parents d'élèves, que je ne citerais pas pour respecter ses statuts...), je sais que c'est l'impasse, qu'on ne construit qu'à plusieurs, qu'on ne fait bouger les lignes, même petitement, qu'avec un collectif et au sein d'un collectif.
Rejoindre "plus à gauche", peut-être trop vieux, ou plus sûrement certain de ne pas partager non plus toutes les positions, voire les fonctionnements.
Alors je reste, mais pour verser dans le côté positif de cette attitude, je reste parce que je ne m'y sens pas seul : ce que j'écris, d'autres, avec le même badge rose, le partagent (j'ai les noms, mais je vais pas balancer...).
Je reste, parce que, historiquement, le socialisme représente quelque chose : Jaurès, Blum, Mendès-France, ça reste des valeurs sures. Attention, je ne suis toutefois pas un exégète de ces bonshommes, ne me demandez pas une citation dans le texte...
Je reste, parce qu'on ne fait pas bouger une structure de l'extérieur, même si on m'a souvent dit le contraire (de l'intérieur, tu arriveras à rien...). Si, au moins à faire contre chant, voire contre champ. Si les gens comme moi s'en vont tous, il ne restera que les Strauss-Kahn et autre Jack Lang...plus les petits nouveaux qui montent ou voudraient bien. Et si on veut construire quelque chose avec toutes les forces de gauche, il faut bien des gens dans le ps pour faire le lien.
Je reste, parce que de rester à résister, le saut est facile, et que la résistance commence d'abord à l'intérieur de ce Titanic en dérive.
Aujourd'hui, j'ai la chance de ne pas être sur une liste pour les municipales, et le regret de ne soutenir personne pour les cantonales (biz à Nicole...), alors la discipline du parti, que je respecte quand je m'engage, je m'en sent plutôt libéré. Et de toutes façons, ça n'aurait peut-être pas changé mon attitude.
Alors bien sûr, dans mes billets, je tape plus sur le parti que sur Sarko. Explication : les blogs et sites contre Naboléon ne manquent pas, je me vois mal rajouter ma voix fluette, d'autant que certains sont très bons, politiquement et technologiquement.
Je tape plus sur le parti, car comme le forgeron fabrique un outil en tapant fort, je veux que le premier outil de l'opposition au retour d'une politique pétainiste soit le ps, et il faut lui mettre des coups de pieds dans le derrière pour qu'il ouvre un sourcil.
Je tape surtout sur le parti, car si cet outil s'écroule (et c'est bien parti...) ou se dégénère ( on a des symptômes de nécroses inquiétants), le vide qu'il laissera n'est pas prés de se combler.
Quant à l'argument ; tu donnes des armes à nos adversaires... ils n'en ont pas besoin, les pitreries de nos dirigeants nationaux leur suffisent, et Sarkoléon s'est arrangé pour se flinguer tout seul, selon les sondages.
Donc, avec toute l'amitié qui s'est forgée au travers de luttes communes, je dit à mes copains alter, communistes, anar ou trost (si c'est possible!!!) : je reste, on va voir si on peut arriver à faire bouger ce dinosaure (je ne dit pas mammouth, il y a plein d'instits et de profs que ça énerverait...). Il faut qu'on y arrive.
Et à mes copains socialistes, ON reste, on va bien voir mais ils vont être obligés de nous entendre quand on va se mettre vraiment à donner de la voix (et quand ils auront besoins de nos voix, bientôt...).
Faisons la part du chanteur - remarquable dénicheur de bonnes chansons- et du people jet set -lamentable sarokosysé- pour déguster ce petit intermède final (oxymore ou pas?).
18:45 Publié dans construire, liberté, résister | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : ps, rester, communistes, alter, trots, anar, manu

