06.11.2007

Lucie in the sky with Jean Moulin

 

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Ca commence par une vieille dame qui va voir les enfants dans les collèges, qui donne son nom à des écoles, toute frêle de ses 90 printemps, mais forte de toutes ses valeurs...on a la vidéo qui le prouve

 

On a fait d'elle un symbole, celui des femmes résistantes.... Elle était un peu plus que cela.

A la libération, elle aurait pu accumuler les fonctions et les honneurs. Après quelques missions politiques, elle retourne à l'enseignement et milite pour la paix et la liberté.

Lors de son décès, l'hommage est unanime, on salue la résistante, un peu moins la militante.

Militante non du souvenir, mais des valeurs issues de cette libération que ne fut pas que celle du pays par des américains buveurs de coca et des gentils FFI cachés dans les forêts, mais l'occasion d'une refondation (tiens donc) sur des valeurs partagées par tous : communistes, socialistes, chrétiens, gaullistes...

Le Conseil National de la Résistance decidait :(extraits)

- l’instauration d’une véritable démocratie économique et sociale, impliquant l’éviction des grandes féodalités économiques et financières de la direction de l’économie ;
- une organisation rationnelle de l’économie assurant la subordination des intérêts particuliers à l’intérêt général et affranchie de la dictature professionnelle instaurée à l’image des États fascistes ;
(...)

- le retour à la nation des grands moyens de production monopolisés, fruit du travail commun, des sources d’énergie, des richesses du sous-sol, des compagnies d’assurances et des grandes banques ;
- (...)

- le droit d’accès, dans le cadre de l’entreprise, aux fonctions de direction et d’administration, pour les ouvriers possédant les qualifications nécessaires, et la participation des travailleurs à la direction de l’économie.

b) Sur le plan social :

- le droit au travail et le droit au repos, notamment par le rétablissement et l’amélioration du régime contractuel du travail ;
- un rajustement important des salaires et la garantie d’un niveau de salaire et de traitement qui assure à chaque travailleur et à sa famille la sécurité, la dignité et la possibilité d’une vie pleinement humaine ;
- la garantie du pouvoir d’achat national par une politique tendant à la stabilité de la monnaie ;
- la reconstitution, dans ses libertés traditionnelles, d’un syndicalisme indépendant, doté de larges pouvoirs dans l’organisation de la vie économique et sociale ;
- un plan complet de sécurité sociale, visant à assurer à tous les citoyens des moyens d’existence, dans tous les cas où ils sont incapables de se les procurer par le travail, avec gestion appartenant aux représentants des intéressés et de l’État ;
- la sécurité de l’emploi, la réglementation des conditions d’embauchage et de licenciement, le rétablissement des délégués d’atelier ;
- (...)
- une retraite permettant aux vieux travailleurs de finir dignement leurs jours ;
-(...)

Ainsi sera fondée une République nouvelle qui balaiera le régime de basse réaction instauré par Vichy et qui rendra aux institutions démocratiques et populaires l’efficacité que leur avaient fait perdre les entreprises de corruption et de trahison qui ont précédé la capitulation. Ainsi sera rendue possible une démocratie qui unisse au contrôle effectif exercé par les élus du peuple la continuité de l’action gouvernementale.

(...)

LE CONSEIL NATIONAL DE LA RÉSISTANCE

Edition de septembre 1944.
P.S. 

Une grande partie de ce programme a été effectivement appliquée après la guerre (sécurité sociale et retraites généralisées, contrôle des féodalités économiques à la Libération, droit à la culture pour tous, presse écrite délivrée de l’argent et de la corruption, lois sociales agricoles, etc).

 Le CNR regroupait :

- huit mouvements de RÉSISTANCE intérieure : "Combat", "Libération zone Nord", "Libération (Sud)", "Francs-tireurs partisans (FTP)", "Front national" (rien à voir avec le Front national actuel), "Organisation civile et militaire" (OCM), "Ceux de la Résistance" (CDLR), "Ceux de la Libération" (CDLL),
- les deux grandes confédérations syndicales de l’époque : CGT (réunifiée) et CFTC,
- six représentants des principaux partis politiques reconnaissant la France Libre, dont le parti communiste, le parti socialiste, les radicaux, la droite républicaine et les démocrates-chrétiens.

Cet engagement fort était rappelé en 2004, il faut l'entendre pour comprendre la motivation de ses auteurs , collère contre l'injustice, contre le renouveau du fascisme, toujours possible...

 

Tout celà a été bien oublié par les illustres hommageurs de la grande dame....

Fin du premier épisode sur celle qui nous encourage à conjuguer le verbe RESISTER au présent.

Salornéen (c a d habitant de Salornay sur Guye, 71), comptez sur moi pour revenir sur celle dont les cendres reposent à 500 mètres de chez moi...

Pour rester dans l'ambiance de cette note....un peu de Ferrat