01.04.2008
C'est pas nous qu'on est bon, c'est eux qui sont mauvais, et inversement
Gaétan Gorce, cité dans un précédent billet, attribue à la faiblesse de la droite la forte poussée de la gauche...On n'est pas bon, ce sont eux qui sont mauvais...
Cela va dans les deux sens. Quand on est mauvais, il est facile à l'adversaire d'être bon.
Pour preuve, lors de la première séance du Conseil Général de Saône et Loire, sous la nouvelle présidence du nouveau conseiller général, nouveau cumulard, Arnaud Monteboug, Maître Perrault, anonyme conseiller général de Cuisery, notaire de son état, maire Divers droite de la Genette (vous avez là tout son CV...) a connu son heure de gloire.
En témoigne cet extrait d'article dans la Renaissance, notre hebdomadaire très local.
Jean-Pierre Laveder, rédacteur en chef du journal, conclut la séance d'installation par un paragraphe titré :
M. Paul Perrault brocarde le "baron de province"
"(.. ) le chef de file des non inscrits, M.Paul Perrault, s'est fait un malin plaisir de rappeler à Arnaud Montebourg quelques une de ses déclarations antérieures qui s'accordent mal avec sa position politique actuelle : " en 2001, à Mâcon, lors de la campagne des municipales, vous déclariez : - je cite : "lorsque je rencontre un cumulard, je me demande qui il méprise le plus, quel électeur il trahit le mieux."
Je vous retourne cette question aujourd'hui. Le chevalier blanc (note de poirier Bouchot : là, il m'a piqué mon texte) qui allait au combat contre tous les cumuls a remisé son panache et cédé aux tentations carriéristes. A moins qu'il ne veuille travailler plus pour gagner plus! Vous venez sans vergogne de tirer profit de l'opportunité qui s'offrait à vous d'empiler les casquettes. Votre "grandeur d'âme naturelle" et votre "éthique du désintéressement" en ont pris un coup.
Ce ne sont pas les girouettes qui tournent, c'est le vent, disait Edgar Faure. Je pense que vous avez bien senti le vent, Monsieur le président... vous qui venez de prendre les rênes d'une collectivité que vous décriviez, il n'y a pas si longtemps, comme "une structure devenue archaïque, inutile, coûteuse, souvent anti démocratique". pour vous, les Conseils généraux étaient "des collectivités opaques et incontrôlables".
Vous voilà désormais un "baron de province", un féodal du suffrage universel. Mes félicitations, Monsieur le président."
Et puisqu'on est dans la facilité, mais avec un peu de talent quand même ... c'était inévitable :
23:26 Publié dans du revermont au bourbonnais, humeur | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : conseil général 71, montebourg, perrault
12.03.2008
De la démocratie bien comprise
Ou comment prendre les militants pour des clowns (mais sans l'art de Picasso...)
Tragédiante, comédiante, rappel des principaux actes de la comédie.
Acte un : lassé de jouer les Don Quichotte du mandat unique, Arnaud Montebourg s'interroge, et interroge sur son site : dois-je solliciter un second mandat: conseiller général? Submergé par l'enthousiasme des réponses, il se laisse convaincre...
Acte deux : concomitamment, il "négocie" avec l'alors actuel président du Conseil Général de Saône et Loire, bien placé pour devenir député maire de Chalon (mais qui n'a jamais, lui, promu le mandat unique) son accession à la présidence du sus dit Conseil Général.
Bien sûr, l'acteur est hors pair : ses états d'âme, ses déchirements à renoncer à son combat, sa détresse de voir la fonction sacrée de député traînée dans la boue, il nous les montre, les étale, les distille savamment à longueur de gazettes.
On en pleure dans les chaumières de Bresse et d'ailleurs.
Je ne vous ferais pas la revue de presse, vous savez aussi bien que moi vous servir d'un moteur de recherche...
Acte trois : c'est la victoire, LES victoires. Elus tous les deux au premier tour, Sirugue devient député maire de Chalon, Montebourg conseiller général de Montret.
Aleé jacta est, Ecce homo, etc caetera... la messe est dite, diront les mécréants.
Que nenni, il y a des règles, camarade, au parti, on les respecte !!!
Pour preuve ce rappel aux statuts, émanant du national :
De : Fédération de Saône et Loire [mailto:fede71@parti-socialiste.fr]
Objet : Désignation de notre candidat à la Présidence du Conseil Général
Bonjour,
Je vous informe qu’une circulaire nationale vient d’être adressée à la fédération, et a pour objet la désignation de notre candidat à la Présidence du Conseil Général.
Cette circulaire nationale précise qu’un vote simultané dans toutes les sections de 17h à 22h devra être organisé le mardi 18 mars (premier tour), voire le mercredi 19 mars (second tour) dans l’hypothèse où plusieurs candidats se présenteraient aux suffrages des militants. Merci de retenir dès à présent ces dates dans vos agendas.
La fédération réalisera un appel à candidature au lendemain du bureau fédéral et clôturera cette procédure au plus tard le lundi 17 mars à 9h en ayant exigé des candidats de déposer en même temps que leur candidature le texte de profession de foi qu’ils souhaitent adresser à l’ensemble des adhérents. Une mise sous plis de ces professions de foi sera organisée à la fédération le lundi 17 mars à partir de 9h.
Je vous passe la rapidité de la procédure : candidatures closes le lundi à 9 heures, vote le mardi de 17 à 22 heures. Faudra réfléchir vite, camarades.
Mais heureusement, on nous simplifie la tâche : sauf surprise de dernière minute, on aura un seul candidat. Même en Russie, ils n'osent plus faire le coup... On met au moins un candidat fantoche, ou on pourrit la vie des adversaires...
Alors nous faire le coup de la démocratie, quand un accord - dont on ignore tout - a été passé entre le sortant et l'entrant, qu'ils représentent les deux principaux courants du département (on a bien quelques fabiusiens dans le bassin minier, mais ils préfèrent sagement faire leur boulot et s'occuper de leurs affaires), c'est le bouquet final, le dernier gag de la comédie avant le baisser de rideau.
Donc je n'irais pas à ce simulacre de démocratie, je boycotte. Et j'appelle au boycott de cette élection... (là, je suis sûr de faire un tabac, je me mets touts les abstentionnistes du parti dans mon escarcelle...)
Difficile de finir autrement que par ce classique, revisité par Simsemilla....
22:28 Publié dans du revermont au bourbonnais, humeur, liberté, résister | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : conseil général 71, vote
03.12.2007
Il peut le faire, il va le faire...
Ça à l'air facile comme ça, mais il faut l'oser, et bien s'entraîner...Dans une note précédente, je parlais de la valse-hésitation de notre Arnaud bressan pour prendre ou ne pas prendre la présidence du conseil général. Affirmation, démenti, rien n'était joué.
Toujours rien de joué, mais... il demande sur son site leur avis aux électeurs de sa circonscription. On a avancé d'un pas... Vous y lirez le superbe article où il fait part de ses états d'âmes, états d'âmes bien balisés.
Après une bonne intro où il montre comment la droite est bien méchante avec la VIème République, et avec les ruraux, il annonce :
"Dans l’action publique, on peut périr d'être un romantique impénitent! Par ailleurs, on ne cesse de me rappeler l’obligation qui m’est faite de dépasser le magistère du verbe et de concrétiser les idées rénovatrices que je porte depuis longtemps, y compris certaines, parfois critiques, sur les Conseils généraux..."
Attention, lui il a rien demandé : "on ne cesse de me rappeler"....Ce sont ses amis qui l'obligent!!!
A la question du journaliste : Sur quels éléments fonderez-vous votre choix ?
A. M:«Les dangers d’explosion sociale et la montée des périls attisés par les stratégies de tension mises en oeuvre par Nicolas Sarkozy, nous obligent à combattre la Droite avec les mêmes instruments que ceux qu' elle utilise, y compris en acceptant de concentrer nos pouvoirs locaux et nationaux, mais ils me font également un devoir d'être aussi très présent sur le front parlementaire...»
On est obligés, c'est pâ not' fôte, faut ben faire comme eux... jamais entendu ça?
Sans rapport avec ce sujet, j'avais pondu deux mots sur Mendès France avec cette citation :
" J'ai surtout déçu ceux qui pensent à peu près ceci : " L'homme au pouvoir abuse de la situation et des moyens que la Constitution lui donne pour réaliser les fins de la droite. Nous voulons maintenant un homme de la gauche pour employer les mêmes procédés au profit de la gauche. Ce serait impardonnable, si le pouvoir nous était donné un jour, de ne pas en profiter pleinement nous aussi. A chacun son tour ! " J'ai entendu de tels propos souvent, et pas chez les premiers venus. Après un autoritarisme de droite, ils veulent un autoritarisme de gauche.
Mendes ne connaissait pas notre député bressan, donc forcément, c'est pas lui qui est visé.
Et comme il n'est sûr de rien, «la question de la présidence du Conseil général ne se posera que lorsque nous aurons la certitude d’une victoire à Chalon. Il vaut mieux ne jamais préjuger des résultats des élections...».
Imaginez que Sirugue ne prenne pas Chalon...Si on pouvait le savoir maintenant, ça serait plus simple. Et chat échaudé...Souvenez vous, quand Ségolène était déjà présidente, Montebourg ministre, Sirugue député maire de Chalon (si, si, ça a existé dans les couloirs du Conseil Général)... Ouaouh l'ambiance alors rue de Lingendes, au moins deux ou trois prétendants, avec leurs clans, leurs cours... mais Ségolène....pschitt... ça a calmé tout le monde!!
Mais comme on ne balise jamais assez (vous entendez ça comme vous voulez) : «il y a entre Christophe Sirugue et moi un accord en cas de décision positive de ma part, pour mener campagne ensemble, l’un portant le bilan, l’autre portant les projets. Dans ce cadre là, les désaccords qui pouvaient exister dans le département ont été harmonieusement réglés. Je me rendrai d’ailleurs, sur la suggestion de Christophe Sirugue, à Mâcon le 14 décembre, pour rencontrer les conseillers généraux de la majorité...»
Les "désaccords harmonieusement réglés", vous ne saurez pas ce que c'est, les militants du ps non plus, ça se passe entre les chefs, dans des endroits où on n'est pas (voir Coluche, les milieux autorisés...).
Ca peut-être n'importe quoi : je t'échange un canton contre une vice présidence, un conseiller régional contre deux conseillers généraux (ou le contraire, je ne connais pas le cours du marché). Cela avait été aussi harmonieusement réglé lors du congrès départemental de Saint Gengoux (merci de me rappeler l'année...), quand Arnaud a éjecté Sirugue du poste de premier fédéral...
C'est dire si l'harmonie ne date pas d'hier.
On se demande si parmi tous les conseillers généraux actuels, aucun(e) ne pourrait avoir les épaules assez solides pour remplacer Sirugue.
Au hasard, ou presque, un Rémy Chaintron, 
une Evelyne Couillerot (tiens, une femme...)
qui sont du même courant que Montebourg, ou un Jacques Rebillard, certes d'un courant opposé (carrément PRG), mais honnête homme comme on l'entendait avant...
Mais non, seul Montebourg peut le faire, il va le faire, il est formidable....
Je vous achèverais bien par une rediff du sketch de Francis Blanche et Pierre Dac Le Sâr Rabindranath Duval (ça, c'était de la philosophie) mais côté musical, ils sont un peu justes...Allez les voir quand même, ça fait toujours du bien.
Pour le rythme, je préfère un petit Zebda au titre clair et net...
23:05 Publié dans du revermont au bourbonnais | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : montebourg, cumul, ps, conseil général 71


