05.07.2009

Le PS, la rénovation et internet

1201628773_f.jpg Une des raisons qui ont précipité mon départ du Ps est la conception différente que nous avions de l'utilisation d'internet.

Si on refait mon historique au sein de la section de Cluny, c'est déjà la raison qui m'a fait postuler au secrétariat de section. La secrétaire d'alors (on était en 2007) filtrait tous les mails à la section.Rien ne passait sur la toile sans son aval.

Alors lorsque j'ai voulu transférer une information relative à une entrave au mariage d'un couple mixte (française/étranger sans papier) peu flatteur pour le maire PS de Dijon, et relayé par les Amoureux au Ban Public, je n'ai pas eu l'imprimatur. "C'est pas radio corbeau, ici", et mon mail n'a pas été transmis à mes petits camarades. Autant dire que j'étais un peu furax (c'est signé...).

Mais il faut croire que j'avais attrapé un virus malsain, type RESF, et j'ai continué, par différents moyens, d'alimenter la toile. Ce blog, d'ailleurs, est un des avatars de cette grogne.

Et j'ai vite entendu l'argument massue : internet n'est pas la démocratie. on ne débat pas par mail, on ne décide rien sur la toile.

Un peu diplomate (ça m'arrive) j'ai concédé que la section était le lieu de décision. C'est vrai qu'on se retrouve à...au moins 7 ou 8, quand on touche 50 personnes par mail. Mais admettons, il faut savoir arrondir les angles parfois (là, soit on me le reproche, soit on me dit que j'en suis incapable...c'est pas les mêmes qui disent ça. Pour la Nomenklatura, je suis trop anguleux...).

2007, donc, début de ce blog. Il avait eu un petit frère avant, mais trop de boulot, trop destroy aussi, et trop reservé aux initiés. Je le garde quand même dans mes archives, pour le plaisir.

Je vous passe 2008, 2009, mon regard navré sur le site désespérement inerte de la fédé du PS 71, son absence totale de mise à jour. A tel point que, gag suprême, le lien vers le site de Montebourg envoie, encore à cette heure (dimanche 5 juillet 2009, 18h56) vers un lien mort...

On a là un crime de lèse Nono premier, dirait une mienne connaissance.... Le site s'est un peu ravigoré, c'est un hymne au sus nommé Montebourg, qui se met à rivaliser avec Sarkozy, mais comme ce site est le seul média à sa disposition, on est tranquille.

J'en viens au dernier avatar interneto-socialiste, qui traduit à lui seul ce que fut l'ambiance de 3 mois de campagne pour le congrès, de 6 mois au bureau fédéral.

Or donc, un beau soir, il y a une quinzaine à peine, mon conseiller général préféré, celui là-même qui est maire de mon village, m'appelle pour me dire, en gros :

"ON m'a fait un copié collé de ce que dit Flo de chambé sur sa page Facebook, c'est pas tolérable, de dire des choses pareilles, la citation est passé par le premier fédéral, qui me l'a transmise. Tu te rends compte, si on dit tout ça sur internet, c'est n'importe quoi, tout le monde peut lire..."

J'avais quitté le parti, autant dire que le problème m'affectait peu.

Ce genre de discours, si je ne l'ai pas eu dix fois, je ne l'ai jamais eu. Le premier féd est un expert en la matière.

" On m'a transmis un de tes mails," " tu aurais écrit que..."" tu dis n'importe quoi dans ce mail..." chaque fois que je lui demandais de me transférer, en l'anonymant si il voulait, le mail ou la citation avancée, silence radio. Car bien sûr, tout cela se faisait au téléphone (comme mon conseiller général l'a fait).

J'ai l'impression d'avoir affaire à des hémyplegiques de la communication, des gens qui ont des oreilles, mais pas d'yeux pour lire, pas de doigts pour utiliser un clavier.

Car enfin, on n'est pas trop bête, on sait bien quand on écrit un mail, un billet, qu'il risque de circuler, d'être lu par tout le monde et n'importe qui. C'est même un peu fait pour.

Alors ces allures de conspirateur pour dire "on a intercepté une de tes communications mail", ça laisse pantois. Pour "eux", Internet reste un outil diabolique, dont on mesure mal les effets. Ils en ont la même approche que la presse papier : c'est écrit, les gens vont y croire, forcement.

Oh, camarade, c'est pas de l'encre, c'est des pixels. Les internautes, même de base comme moi, savent bien que tout comme la parole, Internet n'est pas d'or, qu'il faut vérifier et croiser les sources, que ce qui est mis en ligne, c'est bien souvent d'abord une opinion, un regard personnel sur le monde, pas une vérité vraie.

Alors eux, ils lâchent de la prose d'énarque, de l'info dûment validée par le parti. Les francs-tireurs qui créent des listes, des blogs, s'aventurent sur Facebook pour d'autres raisons que d'avoir un max d'amis, sont trés trés mal vus (et c'est un doux euphémisme).

La rénovation ne passe pas que par Internet, mais ce qui est sûr, c'est que sur cet axe, le PS, et le PS 71 en particulier, est à mille lieues des collectifs citoyens, voire même de quelques syndicats qui ont franchis le cap et lâchent la bride à leurs militants.

Cet outil reste étranger à leur culture, qui est faite surtout de prise de pouvoir, de blocage de la parole, sur un fonctionnement vertical : du haut vers le bas.

Internet, c'est du fonctionnement horizontal, de l'échange et de l'info, brute ou déformée, à vérifier, à confronter, bref, de l'outil à faire réfléchir le militant de base. Et au PS comme à l'armée, réfléchir, c'est commencer de désobéir.

Donc aujourd'hui que je suis porté déserteur (on ne m'aurait pas encore classé parmi les traîtres), je me fais plaisir en sortant quelques secrets de familles, quelques élèments d'ambiance. Et qu'on ne m'accuse pas de cracher dans la soupe : j'y ai pas goûté, à cette soupe, à laquelle vous tenez tant.

Et je conclus avec un artiste que je rate le moins possible, tout en restant bien pour une fois, dans le ton du billet ci dessus.

Post scriptum : j'ai tout lieu de croire (espérer?) que quelques membres de la majorité fédérale suivent ce qui s'écrit sur ce blog depuis quelques temps. N'ayez pas zonte, camarades, laissez un message...

24.06.2009

Depuis que j'ai quitté le marigot, j'en perçois chaque jour mieux la turpitude.

croco.jpgC'est par cette phrase que je commence un commentaire sur le post de ma copine Flo de Chambé.

La pauvre postule au secrétariat de section de Cluny, ce à quoi je l'ai encouragée, je l'avoue. Elle a les compétences, le dynamisme, la connaissance du parti, une vraie envie de changer les choses. Bon, elle est royaliste, mais ça, on lui pardonne. Je suis de loin ses mésaventures, on a beau avoir quitté un port, on ne l'oublie pas du jour au lendemain. Mais je ne regrette pas d'avoir largué les amarres. Elle est en train de vivre ce que j'ai vécu : des coups bas, des attaques sur sa personnalité, ses petits défauts, on la soupçonne d'être mal dans sa peau, un peu dérangée, les méthodes habituelles, quoi. Et comme "ils" n'ont personne à mettre en face, un groupuscule suspend le processus électoral et met la section sous tutelle.

Au demeurant, hormis l'amitié que je porte à Flo et à quelques camarades de la section (ça diminue vite en nombre), je m'en moque un peu. C'est leur problème, si ils ne respectent pas leurs propres statuts ( ça, c'est 6 mois de bagarre au niveau fédéral) et si la chasse à la place est renforcée par les édiles locaux : conseiller général, adjoint à la comm de Cluny en premier. Il est urgent de préserver les pouvoirs en place. On m'avait toléré (avouons que j'ai quelques heures de vol à mon actif et une petite notoriété locale), elle on va l'achever.

Et ceux là même qui ont souffert du système s'y plient, sans le remettre en cause, sans vouloir le réformer, même un tantinet. C'est que, quand on tient un poste, faut plus le lâcher.

Ce qui me dérange vraiment, c'est le peu de cas que fait la fédération du PS 71 de la plus élémentaire humanité. Entendez par là qu'on est prêt à piétiner, massacrer, lapider, déchiqueter -moralement, sans doute - tout opposant n'ayant pas un baron dans sa manche. Une certaine conception du socialisme que je n'ose pas qualifier plus, mais dont on devine les dérives possibles, il suffit de rajouter un préfixe nominal (ça existe, facteur?) et on passe dans l'horreur.

Vraiment, allez lire la prose de Flo, ça vous donnera une juste idée de la vie au sein du PS 71.

Pendant ce temps là, au plan national, le PS respire : ouf, pas de transfuge dans le nouveau gouvernement Sarko. C'est un progrès.

En interne, le " président de conseil général/député/secrétaire nationale du parti à la rénovation/chef de fait du PS 71" (excusez le non-cumul) nous pond un superbe rapport sur la rénovation qui fait tousser au sein même de son parti. Je m'y attarde un peu, parce que depuis que je ne suis plus au PS, j'ai l'impression de faire plus -et mieux- de politique, et de gauche. Et comme ce rapport concerne toute la gauche, voyons ce qu'il propose.

Selon le Nouvel Obs :

"faire émerger un candidat légitime,

des primaires seraient "ouvertes" à l'ensemble des partis de gauche,

une campagne qui doit être "longue et compétitive" afin de faire émerger "le meilleur",

permettre "la réunification de tous les partis et militants" derrière le gagnant

signer une déclaration de principes, se dire sympathisants de gauche et s'engager à voter pour le vainqueur des primaires."

Bon, j'aurais bien quelques critiques moi aussi (notamment sur le dernier point), mais admettons.

Alors comme je ne veux pas être que le mauvais coucheur empêcheur de penser en rond, j'apporte mon soutien à mon ex-camarade Arnaud : ne te laisse pas impressionner par ces médisants, et pour leur prouver que c'est possible, organise toi-même ces primaires lors des prochaine cantonales en Saône et Loire.

Dans ce département semi rural, pas besoin de s'inquiéter des infiltrations du Modem : on les connait tous les 4...

Quant aux sympathisants de gauche, dans nos cantons, on les connaît aussi, on a fait assez de campagnes (électorales) ensemble : municipales, cantonales, etc...Pas besoin non plus de louer des chapiteaux, comme j'ai lu quelque part. On trouvera bien des mairies sympathisantes pour prêter des salles.

Inutile d'attendre les présidentielles, les primaires ouvertes à gauche, c'est demain, aux cantonales, en 71. Il paraît qu'on a de la marge en nombre d'élus, et part deux grandes villes (Mâcon et Chalon) acquises à Rénover Maintenant, tout le département, et donc la fédé en premier, te suivra comme un seul homme.

Et pour finir, on va me demander : maintenant que tu es parti, pourquoi tu critiques encore le PS? C'est exact et judicieux. Mais comme je le dis plus haut, on ne rompt pas du jour au lendemain, et politiquement, ce parti reste incontournable dans la structuration des gauches françaises. Si on ne lui dit pas ce qu'on lui reproche, de l'intérieur comme de l'extérieur, si on n'essaie pas de faire passer quelques messages pour qu'il joue vraiment un rôle fédérateur, sans hégémonie, on ne travaille pas à l'union de ces gauches.

Mais je peux me tromper...

Et on continue dans mon panthéon musical, la vidéo n'est pas top, allez vite acheter l'original, ou faites vous le prêter (et à mort hadopi...)

Dick Annegarn, Bruxelles

06.06.2009

De la communication interne, externe, ou pas...

3_singes.JPG

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La dernière fois, je vous ai parlé de la sociologie du parti. On va aborder un peu le thème de la communication interne, et de ses conséquences diverses.

Comme dans toutes structures, il y a un temps plus ou moins long entre le départ d'un membre et le moment où il ne reçoit plus d'infos de l'organisation. Je reçois donc encore les revues et les mails du département, du national, de la section.

Enfin, quand je dis : je reçois, avouons que  les mails du parti et de la fédération n'encombrent pas mon disque dur. En pleine campagne électorale, alors qu'il y a quand même un peu le feu au lac... les mails aux secrétaires de sections se comptent sur les doigts de la main droite.

Entre le 22 mai et le 3 juin, pas un seul mail du PS 71. Rien le 23, rien le 24...ça reprend le 3 juin, soit onze jours de silence radio sur la toile. Et le 3 juin, message politique fort : on cherche des assesseurs pour les bureaux de vote. 2 mails sur ce sujet.

Depuis (nous sommes le 6) pas d'autre message. Trop d'info tue l'info, l'info au PS n'est donc pas morte.

J'avais par ailleurs informé de ma démission du parti par un mail le 29 avril, à 21h38 (oui, je conserve quelques mails...). Je remercie au passage les amis qui m'ont demandé pourquoi, au moins ça prouve qu'il s'intéressent un peu à moi (et plus de 50 mails en retour, ça flatte mon égo).

Il fallait donc que la fédération organise une élection pour pallier à cette défection. C'est là aussi classique dans toute structure fédérée.

Rien ne se passait, il semblait que cela inquiétait quelques militants. Perso, ce n'était plus mon problème, mais je comptais ironiquement les jours qui passaient, avec une section sans secrétaire, en pleine campagne, avec des tracts à distribuer, des invitations probables à des réunions, etc... Enfin bref, le B. A. BA des campagnes.

Il a fallu un article de presse (à la demande du journal : La Renaissance) évoquant ma démission, avec interview de votre serviteur, pour que ça bouge un peu dans le Landernau.

Alors là, panique à bord. Le conseiller général de la section, qui se targue de "ne pas se mêler de ce qui se passe à la fédé", se scandalise de cet article, la veille d'une élection, et lance aussitôt une procédure d'élections, sous couvert du premier fédéral.

Premier fédéral qui m'avait :

1) laissé un message sur mon portable le 30 avril pour savoir de quoi est-ce qui se passe?

2) interpellé au Creusot le 9 mai (j'y étais pour RESF 71) pour savoir si j'étais vraiment en colère contre lui  (je ne vous résume pas notre conversation).

9 mai, 6 juin, il n'avait pas bougé. On se demande bien à quoi servent les secrétaires de section.

Mais un article dans un hebdomadaire local, plutôt bien lu par chez nous, et vlan, on déclenche les grandes manoeuvres. Sûr que si le PS fait un mauvais résultat, ça va être de ma faute. C'est trop d'honneur.

Quelques commentaires un peu perfides, maintenant, je peux y aller, la discipline ne joue plus.

Sur le premier fédéral : son seul souci est son image. Au Creusot, j'ai bien compris qu'il voulait savoir quelles vacheries je pouvais balancer sur lui. Je n'en ai pas vraiment, il est trop inconsistant pour qu'on s'y arrête vraiment. Si il n'est pas cité dans l'article de presse, ce n'est pas une fleur que je lui fait, mais les hommes de paille n'ont pas de nom, juste un chapeau de la même matière,  qu'ils doivent manger de temps en temps.

Et sur notre brave conseiller général, qui est certes un bosseur, ce qui l'empêche d'ailleurs de déléguer, et dont le caractère carré, utile dans son travail sur les dossiers, l'incite trop souvent à accepter les arguments d'autorité (et surtout, on ne critique pas l'Autorité), on peut s'étonner qu'il n'ait pas pris plus tôt l'initiative de lancer la procédure de vote.

Une section, c'est bien utile pour les cantonales, les régionales, les municipales. C'est vrai que pour les européennes... il n'est pas candidat, alors.

Mais là, dans Le Journal...c'est l'image de la section de Cluny, donc la sienne, qui va en prendre un coup. Vite, agissons.

Bon, j'arrête là, certains vont me croire aigri, d'autres vont l'affirmer. Non, c'est sans rancoeur, ni amertume, ces petits évènements me confortent dans le choix que j'ai fait de quitter ce parti archaïque, où les coups de couteau dans le dos valent arguments. Quand on n'utilise pas les termes d'hystérique, arriviste, aggessif (ve), etc... pour décrire les petits camarades. Saine ambiance, je vous dit.

Pour parfumer un peu, et aérer la pièce, et parce que je veux ME faire plaisir, une ch'tite chanson nostalgique de mon top 50 perso.


05.05.2009

Avant que je n'oublie.

solferino3.jpg Pendant que c'est encore frais dans mon esprit, je me propose de vous décomposer un peu le fonctionnement d'un parti. Je vais prendre mon vécu, donc on s'appuiera sur le Parti Socialiste. Considérons que tous les partis fonctionnent peu ou prou sur le même mode.

On mélangera la sociologie de base, en s'appuyant sur une petite typologie, succédané de la socio classique, et l'éthologie, l'homme étant un animal social, ça me parait pertinent.

Notez déjà que je conserve de mon immersion dans le milieu le vocabulaire propre à ce milieu, c'est un moyen de reconnaissance : il ne faut pas parler trop simplement, on s'exclut du groupe.

Or donc, on partira d'une typologie simple qui se décompose (comme le parti) en quatre grandes composantes à l'échelle d'un territoire départemental.

- les adhérents

- les groupies

- les apparatchiks

- la noblesse du terroir.

On laissera de côté la noblesse de cour, qui sévit à Solférino (dans l'exemple étudié), et dont les moeurs sont régulièrement étudiées dans vos journaux préférés.

Les adhérents.

C'est la grande masse du parti, celle qui fait nombre, et pas l'ombre, les petites mains qui collent les enveloppes, distribuent les tracts, font les tournées des boîtes à lettres, votent régulièrement lors des consultations internes. Notons au passage que les partis politiques affichent entre 150 et 250 mille adhérents individuels, et se proclament ainsi représentatifs. Plus représentatifs que la première fédération de parents d'élèves, la FCPE, 300 mille familles, plus que les syndicats, dont les deux premiers -CGT et CFDT- oscillent entre 700 et 900 mille salariés syndiqués chacun.

Si on rapporte ça aux prospects potentiels : tous les français majeurs pour les partis, seulement les familles ayant des enfants scolarisés pour la FCPE, les salariés pour les syndicats, on peut estimer que ce critère de représentativité est erroné.

La différence se fait bien sur par : les financements des différentes campagnes électorales, les couvertures médiatiques (vous vous souvenez de celle des prud'hommales ?) les enjeux en terme de pouvoir.

Attention à ce mot, c'est un concept clé de la sémantique non verbale et du positionnement individuel dans la schématique sociale des groupes politiques. Si là, j'ai pas jargonné comme il faut...

Dans la vie du groupe, l'adhérent paye sa cotisation, appartient à une section, dont la taille définira le rang du secrétaire de section dans l'appareil (voir plus loin),  vote pour un clan de temps en temps (tous les trois ans environ au PS) et donne ainsi aussi du poids à son clan.

Voilà résumé le fonctionnement du groupe social, qu'on appelle "démocratie interne".

L'adhérent ne s'individualise pas. Dès lors qu'il le fait, il passe dans une des catégories suivantes, que nous allons décrire selon la hierarchie du groupe.

Les groupies

C'est un adhérent idôlatre, le premier stade de la conscience politique pour certains, le dernier pour d'autres. Dans le domaine du Show bizz, ça donne ça :

La (le) groupie a choisi son mâle (sa femelle) alpha. Tout ce qui qui émane de lui est vérité révélée, saintes écritures auxquelles nul ne peut s'attaquer.

La phase "groupie" est soit le premier stade d'une évolution dans l'appareil, soit le stade final. Un groupe de groupies est toujours utile dans un meeting, une campagne interne, ou pour booster une section un peu atone.

La groupie offrira son corps, drapeau au vent, poitrine ouverte comme chez Delacroix, pour protéger son hérault adoré contre les perfidies de l'ennemi intérieur. Car l'ennemi est toujours " de l'interieur".

Second  concept à intégrer : l'ennemi. A la différence de l'adversaire, auquel on s'oppose dans le respect des usages et des règles démocratiques en vigueur dans notre pays de droit, et qui est d'un autre parti, l'ennemi est du même parti. Dès lors tous les coups sont permis pour l'anéantir et le "tuer politiquement".

Les apparatchiks

Tout d'abord, otons aux communistes le monopole de ce mot : ils les ont juste rendu un peu plus visibles.

Cette catégorie est mal aisée à décrire, tant elle est protéiforme, ses individus ont des origines diverses, leurs profils sont aléatoires, ils sont surtout réunis par la place centrale qu'ils occupent dans l'appareil. Ils sont sur les premiers échelons du pouvoir. Quelques grands types.

- La groupie qui a réussi. Elle est devenue secrétaire, de section, fédérale, élue sur une liste quelconque. Son adoration s'est teintée de réalisme (quelques couleuvres à avaler), elle a diversifié ses techniques. La Marianne de Delacroix a appris quelques astuces chez Lucrèce Borgia et connait quelques potions et filtres plus discrets pour protéger son hérault et démolir l'ennemi.

- Le men in black est le plus facile a repérer. Il travaille pour le maire d'une grande ville, pour le président d'un conseil général, pour  un député. Avec son costume gris foncé ou gris clair, son attaché case, son téléphone portable, trois pas en arrière du chef de clan, il règle sa vie quotidienne, filtre les appels, octroie quelques passe droits (je lui en parlerai...). Elevé au grain dans une grande école (pas d'élevage en batterie comme chez les militants) il porte son bac plus beaucoup avec discrétion au  service du grand homme.

A noter que tous les men in black ne sont pas encartés, du moins officiellement, ce qui complique encore notre typologie.

- La groupie men in black est une groupie embauchée par le chef. Variante de la groupie qui a réussi, elle a professionalisé son ascension, ce qui fait qu'elle peut être aussi groupie qui a réussi, en dehors de ses heures de travail.

- L'élu est l'élu de base. Il est dans la meute, simple conseiller municipal, adjoint, conseiller général, mais ne dirige pas la meute. Le chef conscent à écouter parfois son avis (pas le suivre, l'écouter). Selon qu'il est élu dans une majorité ou une minorité (municipale, par exemple) son poids sera différend.

Notons que certains élus, encartés, restent à l'écart de l'appareil. Encartés, ils ne prenent pas de fonction dans le parti, se contentent de faire ce pour quoi ils sont élus. On les regarde souvent avec un peu de condescendance, eu égard au peu d'avenir potentiel qu'ils ont au sein de l'appareil.

- Le responsable politique va du secrétaire de section option groupie (ils ne le sont pas tous) au secrétaire fédéral (une tripotée : éducation, environnement, trésorerie, adhésion, vie militante, relation avec les syndicats, parce que tu es mon copain, etc..)

- L'homme de paille enfin se rencontre à tous les niveaux. Quand un chef de meute (ou un mâle béta) ne peut assumer toutes ses prérogatives, il installe un(e) groupie à sa place. L'efficacité s'en ressent: son rôle n'est pas de faire mieux fonctionner l'appareil mais de garder la place au chaud pour le mâle dominant.

Ces grands types se mélangent à souhait, il existe bien sûr d'autres variantes, mais ce groupe mériterait une étude plus approfondie. Ce qui ne serait pas sans risque eu égard au climat particulier qui règne au sein de cette population : issus de milieu très différents, aux aspirations très complexes, assis sur des sièges éjectables, avec des pouvoirs limités et très contrôlés par les mâles alphas des différentes meutes, ses composantes sont très anxiogènes.

C'est dans cette population qu'on trouve le plus haut niveau de violence directe. Les coups de dents et de griffe, au delà de leur aspect purement défensifs ou aggressifs, sont autant de preuve de la loyauté envers le dominant, et la promesse d'une meilleure place auprès de lui. Le taux de mortalité dans cette catégorie est surement le plus élevé de tous.


- la noblesse de terroir domine tous ces groupes. Composée d'un nombre trés restreint d'individus, ces mâles (femelles) alpha ont dompté leur aggressivité naturelle en la transférant aux apparatchiks, auxquels ils laissent le soin d'exécuter les besognes les plus fastidieuses. Eux se réservent les combats contre l'adversaire (voir plus haut), déclarent ne pas avoir d'ennemis dans le parti (seuls les apparatchiks ont des ennemis), et combinent le raffinement des joutes oratoires, dans lesquelles ils brillent bien souvent, et la gestion des grandes affaires locales, voire nationales quand ils sont admis à la cour parisienne du Parti (pour mémoire : Solférino dans notre étude).

A la fois clés de voutes et moteurs du système, ils perpétuent un mode de reproduction sociale, dont Bourdieu se serait délecté, en affichant généralement une volonté farouche de tout rénover.

Cette population est difficile à observer, car outre sa rareté, ses moeurs sont souterraines, de cabinets feutrés en couloirs discrets, sans oublier les coups de fil " à qui tu sais"... et laisse peu de trace de son activité réelle. Elle produit des monceaux de déclarations, propositions de loi, de projets locaux, départementaux, régionaux, etc..., souvent prédigérés par les men in black ( et toujours finalisés par eux), mais ce n'est là que la partie diurne de leur activité.

Pour reprendre la théorie freudienne, l'instinct de mort étant prévalant, ils consacrent un maximum d'énergie à rester en vie, et donc à entretenir l'appareil ci dessus décrit en état de fonctionnement.


Cette esquisse n'a d'autre but que d'éclairer le béotien sur le monde malconnu de nos amis les politiques.

Il faut savoir les aimer, les traiter avec respect, comprendre leur différence, et ne pas les abandonner au bord des routes lors des départs en vacances.

Et la virgule musicale qui s'impose :


 

02.05.2009

Et logiquement...

carte barrée_WEB.jpg A la lecture de la précédente note, certain(e)s l'avait deviné: il ne va pas rester longtemps, le gars.

Effectivement, depuis le 29 avril très exactement, j'ai quitté le parti auquel j'avais adhéré en 1997. Aucun regret, aucun état d'âme, juste un énorme soulagement. Ne plus avoir à se poser la question : "quel sera le prochain coup foireux?", ne plus s'énerver sur une comm' interne ni faite ni à faire (des mails sans objet particulier, avec toute l'info en pièce jointe, des annonces de réunion départementale qui arrivent deux heures avant, dont le lieu est erroné, etc..), ne plus réflechir trois jours avant de pondre un communiqué de presse évident contre les barons de la droite locale, enfin bref, ne plus militer à la petite semaine en zigzaguant entre les envies de carrière des un(e)s et les prés carrés des autres.

Avouons que ça va me poser un problème nouveau : pour la première fois depuis 97, je vais devoir lire mieux les programmes des partis - de gauche, faut pas abuser non plus - et aller à l'isoloir libre de toute discipline. J'ai même cette liberté de ne pas aller dans l'isoloir. Mais ça, ce serait dommage pour tous ceux qui se sont bagarrés, et plus, pour qu'on ait cette liberté.

J'ai d'un coup libéré aussi plusieurs soirées dans mon agenda, des réunions qui s'annonçaient chaudes, les régionales étant démarrées. Ce sera sans moi.

Alors quelques regrets, c'est sûr, pour les ami(e)s de la section, du courant, mais pas de remord. De toutes façons, on se retrouvera dans les différentes luttes qui s'annoncent. Pas parce que le PS y sera très présent, mais parce qu'ils (elles) en seront.

Et comme je ne suis même pas rancunier, je ne vais pas balancer les noms des ex-petits camarades pas sympa, incompétents, carrièristes, etc....

Çà serait rompre la sérénité que je viens juste de retrouver, alors restons zen...

La virgule musicale colle trés bien à mon état d'esprit :



05.04.2009

Le PS est-il un parti de lutte ?

Grandjouant8H.jpgLa question en elle même est incongrue. Parti Socialiste, lutte ? On  n'a pas l'habitude d'associer ces termes.

Il est vrai que le parti a abandonné la notion de lutte des classes depuis quelques temps déjà, et que l'Internationale ne résonne plus lors de ses congrès. Le parti est un parti "RESPONSABLE", de gouvernement, de réforme, de changement, de rénovation, on peut en rajouter des kilomètres, mais pas un parti de "lutte".

Sur ce terrain, on a (avait?) Lutte Ouvrière, avec la chère Arlette. Alors bien sûr, pas question de fricoter avec ce concept, gauchiste irresponsable, et d'utiliser le même vocabulaire.

La CGT, en Saône et Loire,  tenait récemment son congrès. Extraits du canard local :

"Pour conclure ce congrès, Jean-Pierre Gabriel a appelé les 180 délégués présents, de la CGT et des autres syndicats, « à mettre en œuvre une véritable lutte des classes du XXIe siècle, pour affronter la perversité du système capitaliste »."

Bon, eux ils chantent encore l'Internationale, alors on peut pas comparer. Eux, ils sont dans les usines, les ateliers, les bureaux, les manifs et les défilés, peut-être qu'on n'a pas le même point de vue, le nez sur le bitume, que du haut des chaires électives. Eux, ils proclament la lutte permanente, forcément, si on suivait, on aurait du mal.

Mais attention, le PS voit bien qu'il se passe des choses dans le pays, que les gens ne sont pas trop contents. Il y en a même qui s'énervent. Alors on agit.

On visite quelques usines en grève, on va dans quelques manifs, quand la mayonnaise est déjà bien montée, on interpelle gravement à l'Assemblée, dans les conseils généraux, régionaux, etc...

On ose même affirmer, dans l'Hebdo de mars 2009, numéro spécial, " Les Socialistes à l'écoute de la colère sociale".

Difficile de ne pas la voir, cette colère, et elle est facilement illustrée dans l'Hebdo. Difficile de ne pas la comprendre, l'analyser, la montrer.

Plus difficile apparemment de la partager, de s'y associer. On est à "l'écoute", pas avec, pas dedans. L'écoute, en travail social au moins, est une technique de base : en écoute, on reformule, mais on reste bien en distance du malaise des personnes, on ne rentre pas dans "leurs problématiques", pour jargonner un peu.

Le PS est donc bien à l'écoute, pas avec, pas dedans, à l'extérieur. La colère, il ne la partage pas, la craint même un peu : des débordements sont si vite arrivés. Et surtout, que faire?

Ah si, on a trouvé.

" L'Europe : la première réponse des socialistes." Je ne rigole pas, c'est texto le sommaire du numéro spécial. Les prochaines échéances sont justement les élections européennes, n'y voyez là qu'une coïncidence.

Et je reviens à mes luttes.

Non, le parti n'est pas dans les luttes, les combats quotidiens de toutes les catégories de salariés (y compris les chômeurs) pour améliorer ou seulement préserver les conditions de vie, de travail, de santé, etc... le parti est dans les campagnes électorales, internes, nationales, locales, européennes, etc.

Il est dans le jeu des chaises musicales, "je te pique ta place, mais tu en auras une autre la prochaine fois, promis juré".

Alors plus que la lutte des classes, c'est la lutte même que le Parti a abandonné. Il a remplacé ce mot par stratégie, ce qui n'est quand même pas la même chose. C'est la lutte des places (désolé, j'ai pas pu m'empêcher).

Et quand des millions de français bouillent de colère, le Parti leur répond " je vous ai compris". Pas bête, les français, ils ont un peu de mémoire et se souviennent de De Gaulle, on leur refera pas deux fois.

Allez, pour se la remettre en tête :


01.04.2009

Quand les oeillères servent d'analyse

brueghel.jpgComme je vous l'ai déjà dit, on a dans notre fédération un canard interne, qui nous tient au courant et distille les bonnes nouvelles. De temps en temps, quand même, je suis secoué.

Le dernier édito ( numéro de mars 2009) est un modèle de langue de bois et de ...cul de plomb.

On y apprend que :

"Le 12 mars dernier; les mili­tants de Saône-et-Loire ont adopté à une très large majo­rité la liste des candidats aux élections européennes pour la région Nord-Est. Si ce type de désignation cristallise parfois les oppositions, 'cela ne s'est pas traduit dans les résultats du scrutin dans notre fédération"

Ben voyons ! Pour ceux qui n'ont pas suivi, rappel des résultats :

Sur 1871 inscrits, 969 seulement se sont déplacés, soit moins de 52 %. Sur ces 969, 611 ont voté pour la liste, soit 1 électeur sur 3 inscrits. Au final, la liste passe avec 66 % des suffrages exprimés, ce qui sur un scrutin à un seul choix, n'est pas un plébiscite : d'habitude, on a plutôt des scores de 90 à 95 % des suffrages. Un votant sur trois a fait l'effort de se déplacer pour s'abstenir ou voter contre.

Si on veut aller plus loin dans l'analyse, un coup d'oeil sur le tableau suivant :



pour contre abst
1ere 69,83 18,1 12,07
2ème 75,49 8,82 15,69
3ème 47,44 31,41 14,1
4ème 68,75 14,38 16,25
5ème 46,15 39,74 14,1
6ème 84,95 6,9 8,19
71 66,27 19,52 12,91

Etonnant, non, dirait Monsieur Cyclopède.

La 1ère circonscription, celle DU candidat local fait à peine mieux que la moyenne départementale. Quel enthousiasme!

En Bresse (6ème circonscription, pour les béotiens de la politique) ça cartonne à 85 %. La consigne du député a été suivie...

Dans la troisième : Autun, Le Creusot, patatras, on est en dessous de 50 %. Effet Billardon, maire du Creusot.

Dans la cinquième : Chalon et alentour, idem. Effet Sirugue...

Donc la large majorité... on repassera.

Quand au profil du candidat qui attire tant les militants du département. Je ne vais pas refaire la polémique dans laquelle certains se sont complus dans la presse. Passons donc sur le mode de désignation en amont des primaires.

Son panégyrique dans le même édito :

"Le candidat de notre dépar­tement est jeune, talentueux et sa réussite profession­nelle témoigne aussi de celle de notre école républicaine. Son élection serait un mes­sage fort envoyé à la fois à nos concitoyens, notam­ment ceux issus de l'immi­gration, et aux représentants de l'UMP qui se servent de la diversité à des fins uniquement politi­ques. Si j'en juge par certaines réactions relatives à cette liste dans notre dépar­tement, le chemin qui mène à la rénova­tion de la vie politique, y compris dans notre parti, promet d'être long et difficile, ne nous le cachons pas. Les tentations conservatrices demeurent fortes, parfois même, paradoxalement, chez nos cama­rades les plus jeunes."

Pas bien compris ce qu'on reproche aux jeunes (lesquels?), mais le laïus sur la diversité, la réussite de notre belle école républicaine, etc...me fait grincer les dents. Qu'on présente ce candidat, issu de l'immigration, bref un fils de maghébin, voire un maghébin tout court, comme un symbole de la rénovation, m'inquiéte quant à l'idée que se font certains de la rénovation.

Soyons clair, il n'est pas le premier à s'appeler Mustapha, Mohied, Ali, Rachida, etc... présenté (e) par un parti. Il n'y en pas assez, d'accord.

Mais ensuite : bonnes études, un profil de premier de la classe, bon parcours professionnel (fonctionnaire international), propre sur lui, causant bien la France, avec plein de mots compliqués si vous voulez, physiquement correct (non, je ne le drague pas..), bref, le profil habituel du futur élu de la République, tel que les partis, et le PS en premier, en fabrique depuis des décennies.

Si on avait le même, Abdel, Mohammed ou Boris, voire Azziza, Anzhéla, Anouchka, sans diplôme, causant le français des quartiers, ayant eu juste assez de galère pour savoir ce que c'est, voire même un peu handicapé (le style Djamel Debbouze, quoi), alors là, peut-être qu'on aurait fait bouger quelque chose dans le parti.

Mais problème: ce modèle là, on ne l'a pas en stock, même pas au catalogue, ma bonne dame, cherchez pas, ça existe pas chez nous.

Alors Mustapha, pas meilleur ni pire que d'autres (on pourrait aussi parler de Lien Hang Ngoc, numéro deux sur la même liste). Pas de quoi non plus en faire un fromage : ses chances d'être élu sont minimes, il faudrait que le PS fasse 27 % pour qu'il passe...c'est mal barré.

Pour finir, un savant mix' de Djamel, Gainsbar et Eddy Mitchell, dans un coulis de Drucker...


21.03.2009

come back

jaganjci5.jpgComme me l'a fait remarquer mon bretteur médiéval préféré, je me suis fait rare ces temps ci au Poirier Bouchot.

Bien sûr, c'est à cause de ce foutu ordinateur qui agonisait, et que j'ai mis à la retraite au bout de 7 ans de plus ou moins loyaux services. Je tiens là un super alibi.

Parce que j'ai par ailleurs découvert les polars américains, Westlake, Mac Bein et autres Connely  (sans oublier Chandler et Ellroy bien sûr) et que je me suis fait une indigestion de sérials killers, meutres à intrigues et autres découvertes de la société des bas fonds américains.

Deux supers bonnes raisons bien avouables, vot' honneur.

Mais dans la série "serial killer" (alitération) rien ne vaut le réel.

A cet égard... les européennes, vues de l'intérieur du parti, dépassent toutes les intrigues noires des meilleurs auteurs. A la fin, on ne sait plus qui sont les bons, les méchants, les flics, les assassins, les témoins,  les victimes. C'est chacun son tour, le colonel Moutarde a été tué avant d'assassiner Madame Rose, complice elle même du viol du chandelier par la clé anglaise. Les polars revisités par Kafka et Ionesco, je vous dit.

Alors maintenant que j'ai quelques petites responsabilités dans ce super tanker, j'ai quelques scrupules à vous détailler le menu des arrières cuisines, mais d'un autre côté, vous en saurez autant en lisant la presse ou les sites qui font des millions de lecteurs. Mes scrupules sont sûrement d'un autre âge.

Donc pour les européennes, Nono 1er, comme l'appelle ma copine ségolèniste (si, j'ai une copine ségoléniste, comme d'autre ont "même" un copain noir, comme quoi..etc..) Nono 1er donc a sorti de son chapeau un phénomène presque de cirque, un jeune homme bien sous tous rapports : maghrébin  - appelons un chat un chat - maconnais, docteur en plein de trucs, d'origine modeste, etc...

Inconnu ou presque, mais le CV idéal pour arriver quatrième sur la liste des européennes du grand est.

Précisons que pour qu'il soit élu, il faut qu'on fasse un carton, au moins 27 %, quand les plus optimistes nous placent à 22 (avant la grande saga: mes listes européennes, par Martine).

Je ne vous repasse pas le feuilleton, vous l'avez lu dans les quotidiens : ça a flingué de tous les côtés, O K Corral à côté était une charmante buvette de village, les sérials killer cités plus hauts de piêtres écraseurs de mouche.

C'était à qui criait le plus fort dans le journal, et nous bêtement, petits nouveaux dans ce monde des "Grands de la pohlittikk", on se la jouait discipline, discipline, on n'est pas d'accord mais on s'étale pas dans le journal. Naïfs que nous sommes.

Et en plus, on croyait que c'était les Zeuropéennes, le problème, alors on se disait : bon, vu la gamelle qu'on va prendre, avec nos listes de guingois et notre programme hyper light, on va pas y mettre toute notre énergie.

On est vraiment des billes !

En fait, on a joué le premier tour des...régionales. Et peut-être même aussi des cantonales, allez savoir. Je ne suis pas sûr, mais pour les présidentielles, il vient peut-être de se passer des choses importantes.

J'ai peut-être laisser passer ma chance d'entrer à l'Elysée, damned !!!

Il faut se dépêcher d'en rire avant que d'avoir à en pleurer (vous me retrouverez l'auteur, ça sera sympa), mais ça m'a pas trop plus, ces numéros de trapézistes lanceurs de couteaux dans le dos.

Alors évidemment, pendant ce temps là, le petit Naboléon, il se balade tranquille et peut mépriser la populace qui réclame du pain, alors qu'ils ont même pas une Rolex à 50 ans.

Et ne venez pas parler d'idées, de programmes, d'idéaux, soyez ré-a-lis-tes ! Il y a des places à prendre, des intérêts perso à défendre, à court, moyen et long terme, alors venez pas nous embéter avec vos utopies, les gars!

Bon pour finir, et pas parce qu'il est mort, lui aussi, mais pour retrouver un peu d'élégance et d'humour, un peu de Bashung, que j'avais trop négligé jusqu'alors:

 

07.02.2009

Besson, ou la délation plus forte que les Droits de l'Homme

Judas-2.jpgIl avait déjà fait très fort, en passant du PS au gouvernement Sarko premier. Sous prétexte d'ouverture, il avait choisi un vague sous maroquin. Bien sûr, le PS avait crié à la trahison mais dans un contexte de naufrage politique, on aurait pu aussi bien dire que les rats quittaient le navire.

De sous maroquin en maroquin, le voilà maintenant promu ministre de la rafle, du drapeau et de la honte. Un maroquin spécial pour marocains...et autres maghrébins, africains, asiates, européens de l'est, etc... De quoi faire re-voir leur pays à ceux qui ne pouvaient plus là bas.

Il semble qu'il y ait pris gôut, qu'il se soit dit que sa stratégie avait du bon. Traître, peut-être, mais avec de la suite dans les méthodes et les idées. Alors ce qui a marché pour lui, pourquoi ne pas le proposer à ceux qui font tache dans le paysage, ces sans papiers traine savattes qui nous mangent le pain sur la laine de nos moutons?

Ni une ni deux, à peine débarqué dans le bureau du camarade Brice, il jette son idée fulgurante :

"Sans papiers, tu es venu en France on ne sait pas pourquoi, et on s'en fout un peu. Mais si tu dénonces ton passeur, et tout le réseau, peut-être que, je dis bien peut-être, tu pourras avoir des papiers, au moins temporaires, un mois, deux mois, et après..on verra."

Mirobolant, quelle bonté, votre seigneurie. Peu importe si le réseau a des moyens de pression sur la famille au pays, si il n'a pas laissé son nom et son adresse à ses clients (qu'il débarque souvent n'importe où, d'ailleurs), peu importe si tu as fuit ton pays pour des raisons politiques, économiques, pour échapper à la guerre civile, au viol, à la misère. C'est pas ça qu'on te demande. Ce qu'on veut, c'est le passeur.

Bon d'accord, ce sont des gens peu recommandables en général. Et certains réseaux sont vraiment mafieux. Il est donc normal de démanteler ces réseaux. Mais il parait qu'on a des services de police, très efficaces, des inspecteurs du travail...pas très nombreux, et en plus on les inculpe quand on ne les assassine pas, plus simplement... Il n'y aurait pas des choses à faire de ce côté là?

Bon, je délire, il est sûrement plus simple de faire appel au sens civique de ceux qui ne sont pas citoyens français (si, j'ai lu ça comme argument), qui n'ont aucuns droits, et de leur faire des promesses vagues (qui n'engagent que ceux...).

Ah, on se sent bien au doux pays de France...

Tiens, je l'avais un peu oubliée, cette chanson...

 

25.01.2009

enfin, le parti ouvre un oeil !

 

gaston-lagaffe-sieste.jpg Oui, il semble que ça bouge un peu. On a commencé par voir Hamon aux manifs (la Poste, par exemple) et les députés ont fait une grosse colère à l'assemblée. Se masser au pied du perchoir, chanter la Marseillaise, c'est pas totalement révolutionnaire, mais ça fait faire un peu d'exercice.

Là où ils ont commis un crime de lèse télévision, c'est en boycottant les questions d'actualité, rite médiatique et soporifique du mercredi où il est bon de se montrer.

Du jamais vu de mémoire de journaliste télévisuel. Quel scandale, un peu plus on les traitait d'ultra gauchistes et on les mettait en garde à vue pour 96 heures. Mais comme ils n'avaient pas de fer à béton dans les poches, ils s'en sont bien tirés.

Martine nous a sorti son plan de relance, pas forcément le top, mais difficile de dire qu'on ne propose rien. Tout au plus que ce n'est pas suffisant.

Alors qu'on raillait la cacophonie dans les rangs du parti, on raille maintenant l'excès de d'autoritarisme supposé de la caporale en chef de Solférino. Vas comprendre ce que veulent les journalistes !

Mais pas d'illusion, il y a encore du chemin à faire pour reconquérir la confiance du populo. Le 29 janvier, tous dans la rue, les socialos aussi, et visibles, s'il vous plait. Premier test en live, on verra bien.

Sans oublier les barons et marquis qui sévissent encore un peu partout sur le territoire, plus préoccuppés de conserver leurs places que de révolutionner les pratiques politiques. Non, je ne parlerais pas du mandat unique !

Allez, préparez vos polaires, vos mitaines et vos bonnets, on se retrouve le 29 et on en recause plus tard.

Bonne manif !

Petit rappel de ce que peut être une Marseillaise subversive,  Gainsbar à Strasbourg :

Pour le plaisir, le clip :

Toutes les notes