29.11.2009

6 mois après

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Étonnant, mon dernier billet date du 5 juillet, mais la fréquentation de ce blog est en hausse.

D'août à novembre, visiteurs uniques : 192, 178, 198, 231.

Visites mensuelles : 809, 973, 1374, 1488.

Je  ne cherche pas à comprendre, le web à ses raisons que la raison ignore.

5 mois sans rien écrire ici, parce que je "poste" plus, ( ici pour ceux qui n'ont pas l'adresse), que je facebouque un peu ( j'ai testé : si on y est, c'est bien, si on n'y est pas, pas grave...).

5 mois pour me désintoxiquer du PS 71, et prendre un recul astronomique : je compte en années lumières. Autant dire que je n'ai plus aucun ressentiment à l'égard de ce microcosme égomorphique, juste un regard amusé sur les scories médiatiques nationales, voire locales, des luttes intestines que se livrent les caciques, barons et seconds couteaux du parti social démocrate, pour le seul enjeu qui en vaille la peine à leurs yeux : la lutte des places.

L'avant pré-campagne a compté son lot de morts au combats, d'expulsés manu militari des listes de postulants, de coups tordus et musclés. Car bien sûr j'ai encore quelques antennes à l'intérieur, mais de moins en moins. Tout ce que le PS 71 comptait de rénovateurs, de militants très à gauche, est mis à l'écart, stigmatisé. D'où des fuites, avec éclats, ou sans bruit, mais certaines.

Au final, ne reste que deux clans : un agrégat montebourgien, ou l'obséquiosité le dispute à la vénération du chef. En face, une nébuleuse siruguienne ( tendance DSK), qui attend, les mains croisées sur le ventre, que le fruit pourrisse juste assez pour lui tomber entre les mains ( le fruit, c'est la fédé PS).

Voilà, c'était la rubrique "astronomie" de ce blog.

Côté parti de gauche, ça démarre plutôt fort, presque trop d'ailleurs. plusieurs chantiers à mener de front..

1) Les régionales, avec la volonté de faire l'union PC/NPA/PG/CUAL (CUAL, ou FASE : organisation dont j'ignorais tout il y a peu).

2) La création du comité sur la première circonscription. On est passé sans effort de...3 à 12 adhérents. 400 % d'augmentation ! Au delà de ce constat trop simpliste, on sent bien une grosse attente de nombreux sympathisants de "l'autre gauche" à notre égard. Sympa, la pression des copains, mais on n'est pas des surhommes ou des surfemmes. On fera ce qu'on pourra.

3) Enfin, la construction d'un programme dont les grandes lignes sont tracées, mais qu'il faut détailler, thème par thème.

Celà étant, ça fait plaisir de retrouver des collectifs où on peut parler politique sans arrière pensée, être en désaccord sans être en guerre, voire même ne pas avoir de réponse immédiate à une question donnée.

Ca fait plaisir d'avoir des rencontres avec d'autres partis, où on met d'emblée sur la table ce qui pose problème, où on trouve une solution honnête et franche.

Bon, aujourd'hui, c'est un peu compliqué avec un PC bourguignon dont le vote n'est pas clair, et qui ne sait pas encore si il va ou pas avec le PS au premier tour.

Alors tout n'est pas idéal dans la gauche anticapitaliste, et écologiste ( là, il me faudra des formations...) mais bon sang, quelle sérénité, quel plaisir à retrouver les fondamentaux. Tout est à faire, tout est à inventer, pour adapter à la société actuelle la seule philosophie qui s'oppose à la loi du plus fort, autre nom du capitalisme. Cette philosophie, c'est celle de la solidarité, de l'humanisme, qui dans l'histoire de la civilisation, constitue une avancée par rapport à l'individualisme forcené.

Là, c'était la rubrique " zénitude dans l'action".

Pour finir, un classique qui colle bien à mon humeur.

05.05.2009

Avant que je n'oublie.

solferino3.jpg Pendant que c'est encore frais dans mon esprit, je me propose de vous décomposer un peu le fonctionnement d'un parti. Je vais prendre mon vécu, donc on s'appuiera sur le Parti Socialiste. Considérons que tous les partis fonctionnent peu ou prou sur le même mode.

On mélangera la sociologie de base, en s'appuyant sur une petite typologie, succédané de la socio classique, et l'éthologie, l'homme étant un animal social, ça me parait pertinent.

Notez déjà que je conserve de mon immersion dans le milieu le vocabulaire propre à ce milieu, c'est un moyen de reconnaissance : il ne faut pas parler trop simplement, on s'exclut du groupe.

Or donc, on partira d'une typologie simple qui se décompose (comme le parti) en quatre grandes composantes à l'échelle d'un territoire départemental.

- les adhérents

- les groupies

- les apparatchiks

- la noblesse du terroir.

On laissera de côté la noblesse de cour, qui sévit à Solférino (dans l'exemple étudié), et dont les moeurs sont régulièrement étudiées dans vos journaux préférés.

Les adhérents.

C'est la grande masse du parti, celle qui fait nombre, et pas l'ombre, les petites mains qui collent les enveloppes, distribuent les tracts, font les tournées des boîtes à lettres, votent régulièrement lors des consultations internes. Notons au passage que les partis politiques affichent entre 150 et 250 mille adhérents individuels, et se proclament ainsi représentatifs. Plus représentatifs que la première fédération de parents d'élèves, la FCPE, 300 mille familles, plus que les syndicats, dont les deux premiers -CGT et CFDT- oscillent entre 700 et 900 mille salariés syndiqués chacun.

Si on rapporte ça aux prospects potentiels : tous les français majeurs pour les partis, seulement les familles ayant des enfants scolarisés pour la FCPE, les salariés pour les syndicats, on peut estimer que ce critère de représentativité est erroné.

La différence se fait bien sur par : les financements des différentes campagnes électorales, les couvertures médiatiques (vous vous souvenez de celle des prud'hommales ?) les enjeux en terme de pouvoir.

Attention à ce mot, c'est un concept clé de la sémantique non verbale et du positionnement individuel dans la schématique sociale des groupes politiques. Si là, j'ai pas jargonné comme il faut...

Dans la vie du groupe, l'adhérent paye sa cotisation, appartient à une section, dont la taille définira le rang du secrétaire de section dans l'appareil (voir plus loin),  vote pour un clan de temps en temps (tous les trois ans environ au PS) et donne ainsi aussi du poids à son clan.

Voilà résumé le fonctionnement du groupe social, qu'on appelle "démocratie interne".

L'adhérent ne s'individualise pas. Dès lors qu'il le fait, il passe dans une des catégories suivantes, que nous allons décrire selon la hierarchie du groupe.

Les groupies

C'est un adhérent idôlatre, le premier stade de la conscience politique pour certains, le dernier pour d'autres. Dans le domaine du Show bizz, ça donne ça :

La (le) groupie a choisi son mâle (sa femelle) alpha. Tout ce qui qui émane de lui est vérité révélée, saintes écritures auxquelles nul ne peut s'attaquer.

La phase "groupie" est soit le premier stade d'une évolution dans l'appareil, soit le stade final. Un groupe de groupies est toujours utile dans un meeting, une campagne interne, ou pour booster une section un peu atone.

La groupie offrira son corps, drapeau au vent, poitrine ouverte comme chez Delacroix, pour protéger son hérault adoré contre les perfidies de l'ennemi intérieur. Car l'ennemi est toujours " de l'interieur".

Second  concept à intégrer : l'ennemi. A la différence de l'adversaire, auquel on s'oppose dans le respect des usages et des règles démocratiques en vigueur dans notre pays de droit, et qui est d'un autre parti, l'ennemi est du même parti. Dès lors tous les coups sont permis pour l'anéantir et le "tuer politiquement".

Les apparatchiks

Tout d'abord, otons aux communistes le monopole de ce mot : ils les ont juste rendu un peu plus visibles.

Cette catégorie est mal aisée à décrire, tant elle est protéiforme, ses individus ont des origines diverses, leurs profils sont aléatoires, ils sont surtout réunis par la place centrale qu'ils occupent dans l'appareil. Ils sont sur les premiers échelons du pouvoir. Quelques grands types.

- La groupie qui a réussi. Elle est devenue secrétaire, de section, fédérale, élue sur une liste quelconque. Son adoration s'est teintée de réalisme (quelques couleuvres à avaler), elle a diversifié ses techniques. La Marianne de Delacroix a appris quelques astuces chez Lucrèce Borgia et connait quelques potions et filtres plus discrets pour protéger son hérault et démolir l'ennemi.

- Le men in black est le plus facile a repérer. Il travaille pour le maire d'une grande ville, pour le président d'un conseil général, pour  un député. Avec son costume gris foncé ou gris clair, son attaché case, son téléphone portable, trois pas en arrière du chef de clan, il règle sa vie quotidienne, filtre les appels, octroie quelques passe droits (je lui en parlerai...). Elevé au grain dans une grande école (pas d'élevage en batterie comme chez les militants) il porte son bac plus beaucoup avec discrétion au  service du grand homme.

A noter que tous les men in black ne sont pas encartés, du moins officiellement, ce qui complique encore notre typologie.

- La groupie men in black est une groupie embauchée par le chef. Variante de la groupie qui a réussi, elle a professionalisé son ascension, ce qui fait qu'elle peut être aussi groupie qui a réussi, en dehors de ses heures de travail.

- L'élu est l'élu de base. Il est dans la meute, simple conseiller municipal, adjoint, conseiller général, mais ne dirige pas la meute. Le chef conscent à écouter parfois son avis (pas le suivre, l'écouter). Selon qu'il est élu dans une majorité ou une minorité (municipale, par exemple) son poids sera différend.

Notons que certains élus, encartés, restent à l'écart de l'appareil. Encartés, ils ne prenent pas de fonction dans le parti, se contentent de faire ce pour quoi ils sont élus. On les regarde souvent avec un peu de condescendance, eu égard au peu d'avenir potentiel qu'ils ont au sein de l'appareil.

- Le responsable politique va du secrétaire de section option groupie (ils ne le sont pas tous) au secrétaire fédéral (une tripotée : éducation, environnement, trésorerie, adhésion, vie militante, relation avec les syndicats, parce que tu es mon copain, etc..)

- L'homme de paille enfin se rencontre à tous les niveaux. Quand un chef de meute (ou un mâle béta) ne peut assumer toutes ses prérogatives, il installe un(e) groupie à sa place. L'efficacité s'en ressent: son rôle n'est pas de faire mieux fonctionner l'appareil mais de garder la place au chaud pour le mâle dominant.

Ces grands types se mélangent à souhait, il existe bien sûr d'autres variantes, mais ce groupe mériterait une étude plus approfondie. Ce qui ne serait pas sans risque eu égard au climat particulier qui règne au sein de cette population : issus de milieu très différents, aux aspirations très complexes, assis sur des sièges éjectables, avec des pouvoirs limités et très contrôlés par les mâles alphas des différentes meutes, ses composantes sont très anxiogènes.

C'est dans cette population qu'on trouve le plus haut niveau de violence directe. Les coups de dents et de griffe, au delà de leur aspect purement défensifs ou aggressifs, sont autant de preuve de la loyauté envers le dominant, et la promesse d'une meilleure place auprès de lui. Le taux de mortalité dans cette catégorie est surement le plus élevé de tous.


- la noblesse de terroir domine tous ces groupes. Composée d'un nombre trés restreint d'individus, ces mâles (femelles) alpha ont dompté leur aggressivité naturelle en la transférant aux apparatchiks, auxquels ils laissent le soin d'exécuter les besognes les plus fastidieuses. Eux se réservent les combats contre l'adversaire (voir plus haut), déclarent ne pas avoir d'ennemis dans le parti (seuls les apparatchiks ont des ennemis), et combinent le raffinement des joutes oratoires, dans lesquelles ils brillent bien souvent, et la gestion des grandes affaires locales, voire nationales quand ils sont admis à la cour parisienne du Parti (pour mémoire : Solférino dans notre étude).

A la fois clés de voutes et moteurs du système, ils perpétuent un mode de reproduction sociale, dont Bourdieu se serait délecté, en affichant généralement une volonté farouche de tout rénover.

Cette population est difficile à observer, car outre sa rareté, ses moeurs sont souterraines, de cabinets feutrés en couloirs discrets, sans oublier les coups de fil " à qui tu sais"... et laisse peu de trace de son activité réelle. Elle produit des monceaux de déclarations, propositions de loi, de projets locaux, départementaux, régionaux, etc..., souvent prédigérés par les men in black ( et toujours finalisés par eux), mais ce n'est là que la partie diurne de leur activité.

Pour reprendre la théorie freudienne, l'instinct de mort étant prévalant, ils consacrent un maximum d'énergie à rester en vie, et donc à entretenir l'appareil ci dessus décrit en état de fonctionnement.


Cette esquisse n'a d'autre but que d'éclairer le béotien sur le monde malconnu de nos amis les politiques.

Il faut savoir les aimer, les traiter avec respect, comprendre leur différence, et ne pas les abandonner au bord des routes lors des départs en vacances.

Et la virgule musicale qui s'impose :


 

02.05.2009

Et logiquement...

carte barrée_WEB.jpg A la lecture de la précédente note, certain(e)s l'avait deviné: il ne va pas rester longtemps, le gars.

Effectivement, depuis le 29 avril très exactement, j'ai quitté le parti auquel j'avais adhéré en 1997. Aucun regret, aucun état d'âme, juste un énorme soulagement. Ne plus avoir à se poser la question : "quel sera le prochain coup foireux?", ne plus s'énerver sur une comm' interne ni faite ni à faire (des mails sans objet particulier, avec toute l'info en pièce jointe, des annonces de réunion départementale qui arrivent deux heures avant, dont le lieu est erroné, etc..), ne plus réflechir trois jours avant de pondre un communiqué de presse évident contre les barons de la droite locale, enfin bref, ne plus militer à la petite semaine en zigzaguant entre les envies de carrière des un(e)s et les prés carrés des autres.

Avouons que ça va me poser un problème nouveau : pour la première fois depuis 97, je vais devoir lire mieux les programmes des partis - de gauche, faut pas abuser non plus - et aller à l'isoloir libre de toute discipline. J'ai même cette liberté de ne pas aller dans l'isoloir. Mais ça, ce serait dommage pour tous ceux qui se sont bagarrés, et plus, pour qu'on ait cette liberté.

J'ai d'un coup libéré aussi plusieurs soirées dans mon agenda, des réunions qui s'annonçaient chaudes, les régionales étant démarrées. Ce sera sans moi.

Alors quelques regrets, c'est sûr, pour les ami(e)s de la section, du courant, mais pas de remord. De toutes façons, on se retrouvera dans les différentes luttes qui s'annoncent. Pas parce que le PS y sera très présent, mais parce qu'ils (elles) en seront.

Et comme je ne suis même pas rancunier, je ne vais pas balancer les noms des ex-petits camarades pas sympa, incompétents, carrièristes, etc....

Çà serait rompre la sérénité que je viens juste de retrouver, alors restons zen...

La virgule musicale colle trés bien à mon état d'esprit :



14.04.2009

Fatigant, trés fatigant !

ange-aux-fleurs-chagall.jpgDans une vie de militant, on ne gagne pas toujours. Je dirais même qu'actuellement, pour les militants tendance humaniste, on gagne de moins en moins, les coups sont de plus en plus rudes.

Et pourtant, on continue. Parce que dans les luttes se créent des solidarités, des amitiés, une certaine fraternité, issues du combat commun, des déconvenues communes, et encore meilleur, de chaque petit bout de victoire, acquis plus ou moins facilement. Cette fraternité, j'ose le mot, ne se créé pas au regard de l'issue, en fonction du résultat, mais dans les réunions, les échanges, même si ils sont parfois un peu vifs, dans la découverte du respect mutuel, dans les accords et les désaccords assumés et surmontés pour aller vers un objectif commun.

Enfin ça, c'est ce que j'avais vécu pendant quinze ans, que je vis encore dans certains mouvements militants, où il n'y a rien à gagner, que des coups à pendre, qu'un idéal à défendre.

Dès qu'il y a un panier garni au bout du champ de course, une carotte au plus méritant, ça change tout.

C'est ce que j'ai découvert au PS. Encore que je le soupçonnais bien un peu, mais là, je le vis, c'est du concret.

Là où, ailleurs, on se met d'accord sur une action, on s'organise, on informe, on mobilise, au parti, on fait pareil, et on attend de savoir comment les gens du parti vont dégommer votre action.

Parce qu'il faut bien comprendre plusieurs règles du parti.

1) L'action pour l'action, c'est inutile. Agir, réagir parce que, tout simplement on n'est pas d'accord avec une loi, une déclaration, ça ne sert à rien. il est urgent de s'abstenir.

2) Toute action doit être pensée en fonction de la victoire à venir (ou en tous cas l'élection prochaine).

3) Donc celui qui agit a des visées électorales inavouées (ou avouées, mais c'est plus rare).

Partant de ce sophisme de bon aloi, dès que tu bouges dans le parti, tu es un candidat potentiel à une élection. on ne sait pas laquelle, mais comme "ils" sont tous en quête permanente, ils savent pour toi.

Et comme les places sont rares et chères (fameux sophisme : un cheval bon marché est rare, ce qui est rare est cher, donc un cheval bon marché est cher), donc ces places sont très convoitées, dès la défaite encaissée, on vise la prochaine fois, ou c'est sûr ça va passer...Mais pas question de se laisser piquer cette place.

Et comme il est plus facile de descendre d'abord ses voisins que l'adversaire, première étape : dégommer dans son entourage tous ceux qui ont les mêmes ambitions. On les reconnaît facilement : ce sont ceux qui "agissent".

Retour à la case départ.

Alors toi, tu viens tout bêtement faire ce que tu fais depuis, pfuitt, quelques années, mais ailleurs, et là, tu ramasses.

D'abord, on t'explique que tu n'as de leçon à donner à personne, ce qui est une façon subtile de dire : nous n'avons de leçon à recevoir de personne. Mais admettons, j'avoue que j'ai encore beaucoup à apprendre.

Ensuite, on te dit que ton idée, là, c'est bien, on est d'accord, mais...

Et alors là, le grand déballage : c'est pas coordonné au plan départemental, régional, inter régional, c'est pas ce qui a été décidé, dans une réunion ou tu n'étais pas invité, c'est contre productif, etc...

Tu redécouvres la langue de bois, celle qu'on te sers sur les plateaux télé des grandes campagnes, tu la retrouve, bien dure, pour un petit tract, une petite réunion, une mini initiative lors de laquelle tu risques d'être un peu mis en valeur, et donc devenir dangereux.

Résultat final : j'avais appris à passer du temps dans les préparations d'action pour souder les énergies, les fédérer, se doper à l'adrénaline du groupe, je passe aujourd'hui mon temps à éviter les croches pieds des camarades, les coups de surins amicaux dans le dos. C'est fatigant.

Je parle du PS, à droite ils font pareil, mais là, ça me gêne mois, j'y suis pas.

Alors pour vous reposer de ce billet, lu en trois minute, je vous propose 15 minutes de pur bonheur, un texte peu connu du gigantesque Nougaro, un texte de poésie totale, un texte de sérénité dans ce monde de...(complétez à votre guise).

 

 

22.02.2008

Puisque c'est dans le journal...

48093b244e4264bbda3448f6a9559c13.jpgil serait hypocrite ou malhonnête de ne pas en parler.

A l'occasion d'un petit tour départemental et journalistique, j'ai eu la surprise(?) de constater que dans cinq secteurs au moins de notre cher département, des camarades se retrouvaient sur les listes concurrentes (dont une de droite, naturellement).

Se pose alors la question déontologique inhérente à tout militant bien discipliné : t'en causes-t-y, ou tu fais comme tout le monde (enfin, dans le parti), une savante politique de l'autruche : j'ai rien vu, pas au courant, circulez y'a rien à voir....

Mais "puisque c'est dans le journal", tout un chacun peut se faire sa petite revue de presse, et constater que l'unité, prônée de ci de là, a bien du mal a être respectée entre Revermont et Bourbonnais...

Alors : crise profonde au parti, syndrome local d'une fédération sans direction suffisamment au clair dans ses fonctions de pilotage, gueguerres locales entre egos sur dimensionnés??? Un petit peu de tout ça?

Staline se demandait :." le Vatican, combien de divisions?"

Moins brutalement (parce que quand même, Staline, c'était pas vraiment un mec sympa), je me demande : le ps, combien de divisions???  5 au moins  chez nous. En forçant un peu, on devrait pouvoir aligner une armée napoléonienne propre à reconquérir la Gaule. C'est d'ailleurs LA ligne officielle : c'est foutu au parlement, reconstruisons à partir des territoires, communes et départements....

Notre Arnaud préféré le répète d'ailleurs à satiété, voir un billet sur le libéblog La vie en rose. Moi, je le trouve courageux : partir à la conquête d'un département déjà acquis à la gauche, faut l'oser....

Et on va me dire (on m'a déjà dit) : chut, faut pas en parler, on réglera tout ça après les élections, de la discipline, les mains dans le cambouis, faut aller au taf et assurer la victoire....

De la part des copains qui sont en plein dans la mélasse d'une campagne toujours très prenante, je veux bien l'entendre.

De la part de responsables fédéraux, en charge de l'animation d'un collectif qu'est un parti, ça me gêne plus... Une once de questionnement -même pas d'autocritique-, un froncement de sourcil inquiet sur cet état de fait m'aurait rassuré : oui, on a un problème, on a du louper quelque chose quelque part... Même pas. On va gagner, de toutes façons, alors ces problèmes mineurs, tu parles si on s'en tape... Ne me harcelez pas de mails avec ça!!!

C'est vrai qu'en multipliant nos présences sur des listes concurrentes dans les mêmes villes, on peut se dire que statistiquement on multiplie nos chances...

Il est plus facile de taper sur des électrons supposés libres (mais qui restent dans le cadre du parti quand même, n'en déplaise au dit parti), que de désavouer ces sécessionnistes socialistes.... Surtout qu'on a parfois du poids lourd contre poids lourd (allez, là, je vous donne un indice : allez faire un tour à Montchanin, c'est intéressant..).

Et au dessus de tout ça plane une ambiance de pré congrès, comme seul le ps sait le faire : on va compter ses troupes, aligner ses divisions (cf plus haut), louvoyer pour se mettre dans le vent, nouer des alliances gagnantes à coup sûr (Montebourg / Cambadélis, j'ai hâte de voir ce que ça donnera...).

Allez, on va finir par une gentille chansonnette d'un brave garçon, italo-belge, qui ne pensait sûrement pas que sa chanson illustrerait un jour les mésaventures stratégiques du parti à la rose... (à écouter au premier, troisième ou quinzième degré, selon votre humeur).