05.07.2009

Le PS, la rénovation et internet

1201628773_f.jpg Une des raisons qui ont précipité mon départ du Ps est la conception différente que nous avions de l'utilisation d'internet.

Si on refait mon historique au sein de la section de Cluny, c'est déjà la raison qui m'a fait postuler au secrétariat de section. La secrétaire d'alors (on était en 2007) filtrait tous les mails à la section.Rien ne passait sur la toile sans son aval.

Alors lorsque j'ai voulu transférer une information relative à une entrave au mariage d'un couple mixte (française/étranger sans papier) peu flatteur pour le maire PS de Dijon, et relayé par les Amoureux au Ban Public, je n'ai pas eu l'imprimatur. "C'est pas radio corbeau, ici", et mon mail n'a pas été transmis à mes petits camarades. Autant dire que j'étais un peu furax (c'est signé...).

Mais il faut croire que j'avais attrapé un virus malsain, type RESF, et j'ai continué, par différents moyens, d'alimenter la toile. Ce blog, d'ailleurs, est un des avatars de cette grogne.

Et j'ai vite entendu l'argument massue : internet n'est pas la démocratie. on ne débat pas par mail, on ne décide rien sur la toile.

Un peu diplomate (ça m'arrive) j'ai concédé que la section était le lieu de décision. C'est vrai qu'on se retrouve à...au moins 7 ou 8, quand on touche 50 personnes par mail. Mais admettons, il faut savoir arrondir les angles parfois (là, soit on me le reproche, soit on me dit que j'en suis incapable...c'est pas les mêmes qui disent ça. Pour la Nomenklatura, je suis trop anguleux...).

2007, donc, début de ce blog. Il avait eu un petit frère avant, mais trop de boulot, trop destroy aussi, et trop reservé aux initiés. Je le garde quand même dans mes archives, pour le plaisir.

Je vous passe 2008, 2009, mon regard navré sur le site désespérement inerte de la fédé du PS 71, son absence totale de mise à jour. A tel point que, gag suprême, le lien vers le site de Montebourg envoie, encore à cette heure (dimanche 5 juillet 2009, 18h56) vers un lien mort...

On a là un crime de lèse Nono premier, dirait une mienne connaissance.... Le site s'est un peu ravigoré, c'est un hymne au sus nommé Montebourg, qui se met à rivaliser avec Sarkozy, mais comme ce site est le seul média à sa disposition, on est tranquille.

J'en viens au dernier avatar interneto-socialiste, qui traduit à lui seul ce que fut l'ambiance de 3 mois de campagne pour le congrès, de 6 mois au bureau fédéral.

Or donc, un beau soir, il y a une quinzaine à peine, mon conseiller général préféré, celui là-même qui est maire de mon village, m'appelle pour me dire, en gros :

"ON m'a fait un copié collé de ce que dit Flo de chambé sur sa page Facebook, c'est pas tolérable, de dire des choses pareilles, la citation est passé par le premier fédéral, qui me l'a transmise. Tu te rends compte, si on dit tout ça sur internet, c'est n'importe quoi, tout le monde peut lire..."

J'avais quitté le parti, autant dire que le problème m'affectait peu.

Ce genre de discours, si je ne l'ai pas eu dix fois, je ne l'ai jamais eu. Le premier féd est un expert en la matière.

" On m'a transmis un de tes mails," " tu aurais écrit que..."" tu dis n'importe quoi dans ce mail..." chaque fois que je lui demandais de me transférer, en l'anonymant si il voulait, le mail ou la citation avancée, silence radio. Car bien sûr, tout cela se faisait au téléphone (comme mon conseiller général l'a fait).

J'ai l'impression d'avoir affaire à des hémyplegiques de la communication, des gens qui ont des oreilles, mais pas d'yeux pour lire, pas de doigts pour utiliser un clavier.

Car enfin, on n'est pas trop bête, on sait bien quand on écrit un mail, un billet, qu'il risque de circuler, d'être lu par tout le monde et n'importe qui. C'est même un peu fait pour.

Alors ces allures de conspirateur pour dire "on a intercepté une de tes communications mail", ça laisse pantois. Pour "eux", Internet reste un outil diabolique, dont on mesure mal les effets. Ils en ont la même approche que la presse papier : c'est écrit, les gens vont y croire, forcement.

Oh, camarade, c'est pas de l'encre, c'est des pixels. Les internautes, même de base comme moi, savent bien que tout comme la parole, Internet n'est pas d'or, qu'il faut vérifier et croiser les sources, que ce qui est mis en ligne, c'est bien souvent d'abord une opinion, un regard personnel sur le monde, pas une vérité vraie.

Alors eux, ils lâchent de la prose d'énarque, de l'info dûment validée par le parti. Les francs-tireurs qui créent des listes, des blogs, s'aventurent sur Facebook pour d'autres raisons que d'avoir un max d'amis, sont trés trés mal vus (et c'est un doux euphémisme).

La rénovation ne passe pas que par Internet, mais ce qui est sûr, c'est que sur cet axe, le PS, et le PS 71 en particulier, est à mille lieues des collectifs citoyens, voire même de quelques syndicats qui ont franchis le cap et lâchent la bride à leurs militants.

Cet outil reste étranger à leur culture, qui est faite surtout de prise de pouvoir, de blocage de la parole, sur un fonctionnement vertical : du haut vers le bas.

Internet, c'est du fonctionnement horizontal, de l'échange et de l'info, brute ou déformée, à vérifier, à confronter, bref, de l'outil à faire réfléchir le militant de base. Et au PS comme à l'armée, réfléchir, c'est commencer de désobéir.

Donc aujourd'hui que je suis porté déserteur (on ne m'aurait pas encore classé parmi les traîtres), je me fais plaisir en sortant quelques secrets de familles, quelques élèments d'ambiance. Et qu'on ne m'accuse pas de cracher dans la soupe : j'y ai pas goûté, à cette soupe, à laquelle vous tenez tant.

Et je conclus avec un artiste que je rate le moins possible, tout en restant bien pour une fois, dans le ton du billet ci dessus.

Post scriptum : j'ai tout lieu de croire (espérer?) que quelques membres de la majorité fédérale suivent ce qui s'écrit sur ce blog depuis quelques temps. N'ayez pas zonte, camarades, laissez un message...

24.06.2009

Depuis que j'ai quitté le marigot, j'en perçois chaque jour mieux la turpitude.

croco.jpgC'est par cette phrase que je commence un commentaire sur le post de ma copine Flo de Chambé.

La pauvre postule au secrétariat de section de Cluny, ce à quoi je l'ai encouragée, je l'avoue. Elle a les compétences, le dynamisme, la connaissance du parti, une vraie envie de changer les choses. Bon, elle est royaliste, mais ça, on lui pardonne. Je suis de loin ses mésaventures, on a beau avoir quitté un port, on ne l'oublie pas du jour au lendemain. Mais je ne regrette pas d'avoir largué les amarres. Elle est en train de vivre ce que j'ai vécu : des coups bas, des attaques sur sa personnalité, ses petits défauts, on la soupçonne d'être mal dans sa peau, un peu dérangée, les méthodes habituelles, quoi. Et comme "ils" n'ont personne à mettre en face, un groupuscule suspend le processus électoral et met la section sous tutelle.

Au demeurant, hormis l'amitié que je porte à Flo et à quelques camarades de la section (ça diminue vite en nombre), je m'en moque un peu. C'est leur problème, si ils ne respectent pas leurs propres statuts ( ça, c'est 6 mois de bagarre au niveau fédéral) et si la chasse à la place est renforcée par les édiles locaux : conseiller général, adjoint à la comm de Cluny en premier. Il est urgent de préserver les pouvoirs en place. On m'avait toléré (avouons que j'ai quelques heures de vol à mon actif et une petite notoriété locale), elle on va l'achever.

Et ceux là même qui ont souffert du système s'y plient, sans le remettre en cause, sans vouloir le réformer, même un tantinet. C'est que, quand on tient un poste, faut plus le lâcher.

Ce qui me dérange vraiment, c'est le peu de cas que fait la fédération du PS 71 de la plus élémentaire humanité. Entendez par là qu'on est prêt à piétiner, massacrer, lapider, déchiqueter -moralement, sans doute - tout opposant n'ayant pas un baron dans sa manche. Une certaine conception du socialisme que je n'ose pas qualifier plus, mais dont on devine les dérives possibles, il suffit de rajouter un préfixe nominal (ça existe, facteur?) et on passe dans l'horreur.

Vraiment, allez lire la prose de Flo, ça vous donnera une juste idée de la vie au sein du PS 71.

Pendant ce temps là, au plan national, le PS respire : ouf, pas de transfuge dans le nouveau gouvernement Sarko. C'est un progrès.

En interne, le " président de conseil général/député/secrétaire nationale du parti à la rénovation/chef de fait du PS 71" (excusez le non-cumul) nous pond un superbe rapport sur la rénovation qui fait tousser au sein même de son parti. Je m'y attarde un peu, parce que depuis que je ne suis plus au PS, j'ai l'impression de faire plus -et mieux- de politique, et de gauche. Et comme ce rapport concerne toute la gauche, voyons ce qu'il propose.

Selon le Nouvel Obs :

"faire émerger un candidat légitime,

des primaires seraient "ouvertes" à l'ensemble des partis de gauche,

une campagne qui doit être "longue et compétitive" afin de faire émerger "le meilleur",

permettre "la réunification de tous les partis et militants" derrière le gagnant

signer une déclaration de principes, se dire sympathisants de gauche et s'engager à voter pour le vainqueur des primaires."

Bon, j'aurais bien quelques critiques moi aussi (notamment sur le dernier point), mais admettons.

Alors comme je ne veux pas être que le mauvais coucheur empêcheur de penser en rond, j'apporte mon soutien à mon ex-camarade Arnaud : ne te laisse pas impressionner par ces médisants, et pour leur prouver que c'est possible, organise toi-même ces primaires lors des prochaine cantonales en Saône et Loire.

Dans ce département semi rural, pas besoin de s'inquiéter des infiltrations du Modem : on les connait tous les 4...

Quant aux sympathisants de gauche, dans nos cantons, on les connaît aussi, on a fait assez de campagnes (électorales) ensemble : municipales, cantonales, etc...Pas besoin non plus de louer des chapiteaux, comme j'ai lu quelque part. On trouvera bien des mairies sympathisantes pour prêter des salles.

Inutile d'attendre les présidentielles, les primaires ouvertes à gauche, c'est demain, aux cantonales, en 71. Il paraît qu'on a de la marge en nombre d'élus, et part deux grandes villes (Mâcon et Chalon) acquises à Rénover Maintenant, tout le département, et donc la fédé en premier, te suivra comme un seul homme.

Et pour finir, on va me demander : maintenant que tu es parti, pourquoi tu critiques encore le PS? C'est exact et judicieux. Mais comme je le dis plus haut, on ne rompt pas du jour au lendemain, et politiquement, ce parti reste incontournable dans la structuration des gauches françaises. Si on ne lui dit pas ce qu'on lui reproche, de l'intérieur comme de l'extérieur, si on n'essaie pas de faire passer quelques messages pour qu'il joue vraiment un rôle fédérateur, sans hégémonie, on ne travaille pas à l'union de ces gauches.

Mais je peux me tromper...

Et on continue dans mon panthéon musical, la vidéo n'est pas top, allez vite acheter l'original, ou faites vous le prêter (et à mort hadopi...)

Dick Annegarn, Bruxelles

Depuis que j'ai quitté le marigot, j'en perçois chaque jour mieux la turpitude.

croco.jpgC'est par cette phrase que je commence un commentaire sur le post de ma copine Flo de Chambé.

La pauvre postule au secrétariat de section de Cluny, ce à quoi je l'ai encouragée, je l'avoue. Elle a les compétences, le dynamisme, la connaissance du parti, une vraie envie de changer les choses. Bon, elle est royaliste, mais ça, on lui pardonne. Je suis de loin ses mésaventures, on a beau avoir quitté un port, on ne l'oublie pas du jour au lendemain. Mais je ne regrette pas d'avoir largué les amarres. Elle est en train de vivre ce que j'ai vécu : des coups bas, des attaques sur sa personnalité, ses petits défauts, on la soupçonne d'être mal dans sa peau, un peu dérangée, les méthodes habituelles, quoi. Et comme "ils" n'ont personne à mettre en face, un groupuscule suspend le processus électoral et met la section sous tutelle.

Au demeurant, hormis l'amitié que je porte à Flo et à quelques camarades de la section (ça diminue vite en nombre), je m'en moque un peu. C'est leur problème, si ils ne respectent pas leurs propres statuts ( ça, c'est 6 mois de bagarre au niveau fédéral) et si la chasse à la place est renforcée par les édiles locaux : conseiller général, adjoint à la comm de Cluny en premier. Il est urgent de préserver les pouvoirs en place. On m'avait toléré (avouons que j'ai quelques heures de vol à mon actif et une petite notoriété locale), elle on va l'achever.

Et ceux là même qui ont souffert du système s'y plient, sans le remettre en cause, sans vouloir le réformer, même un tantinet. C'est que, quand on tient un poste, faut plus le lâcher.

Ce qui me dérange vraiment, c'est le peu de cas que fait la fédération du PS 71 de la plus élémentaire humanité. Entendez par là qu'on est prêt à piétiner, massacrer, lapider, déchiqueter -moralement, sans doute - tout opposant n'ayant pas un baron dans sa manche. Une certaine conception du socialisme que je n'ose pas qualifier plus, mais dont on devine les dérives possibles, il suffit de rajouter un préfixe nominal (ça existe, facteur?) et on passe dans l'horreur.

Vraiment, allez lire la prose de Flo, ça vous donnera une juste idée de la vie au sein du PS 71.

Pendant ce temps là, au plan national, le PS respire : ouf, pas de transfuge dans le nouveau gouvernement Sarko. C'est un progrès.

En interne, le " président de conseil général/député/secrétaire nationale du parti à la rénovation/chef de fait du PS 71" (excusez le non-cumul) nous pond un superbe rapport sur la rénovation qui fait tousser au sein même de son parti. Je m'y attarde un peu, parce que depuis que je ne suis plus au PS, j'ai l'impression de faire plus -et mieux- de politique, et de gauche. Et comme ce rapport concerne toute la gauche, voyons ce qu'il propose.

Selon le Nouvel Obs :

"faire émerger un candidat légitime,

des primaires seraient "ouvertes" à l'ensemble des partis de gauche,

une campagne qui doit être "longue et compétitive" afin de faire émerger "le meilleur",

permettre "la réunification de tous les partis et militants" derrière le gagnant

signer une déclaration de principes, se dire sympathisants de gauche et s'engager à voter pour le vainqueur des primaires."

Bon, j'aurais bien quelques critiques moi aussi (notamment sur le dernier point), mais admettons.

Alors comme je ne veux pas être que le mauvais coucheur empêcheur de penser en rond, j'apporte mon soutien à mon ex-camarade Arnaud : ne te laisse pas impressionner par ces médisants, et pour leur prouver que c'est possible, organise toi-même ces primaires lors des prochaine cantonales en Saône et Loire.

Dans ce département semi rural, pas besoin de s'inquiéter des infiltrations du Modem : on les connait tous les 4...

Quant aux sympathisants de gauche, dans nos cantons, on les connaît aussi, on a fait assez de campagnes (électorales) ensemble : municipales, cantonales, etc...Pas besoin non plus de louer des chapiteaux, comme j'ai lu quelque part. On trouvera bien des mairies sympathisantes pour prêter des salles.

Inutile d'attendre les présidentielles, les primaires ouvertes à gauche, c'est demain, aux cantonales, en 71. Il paraît qu'on a de la marge en nombre d'élus, et part deux grandes villes (Mâcon et Chalon) acquises à Rénover Maintenant, tout le département, et donc la fédé en premier, te suivra comme un seul homme.

Et pour finir, on va me demander : maintenant que tu es parti, pourquoi tu critiques encore le PS? C'est exact et judicieux. Mais comme je le dis plus haut, on ne rompt pas du jour au lendemain, et politiquement, ce parti reste incontournable dans la structuration des gauches françaises. Si on ne lui dit pas ce qu'on lui reproche, de l'intérieur comme de l'extérieur, si on n'essaie pas de faire passer quelques messages pour qu'il joue vraiment un rôle fédérateur, sans hégémonie, on ne travaille pas à l'union de ces gauches.

Mais je peux me tromper...

Et on continue dans mon panthéon musical, la vidéo n'est pas top, allez vite acheter l'original, ou faites vous le prêter (et à mort hadopi...)

Dick Annegarn, Bruxelles

05.04.2009

Le PS est-il un parti de lutte ?

Grandjouant8H.jpgLa question en elle même est incongrue. Parti Socialiste, lutte ? On  n'a pas l'habitude d'associer ces termes.

Il est vrai que le parti a abandonné la notion de lutte des classes depuis quelques temps déjà, et que l'Internationale ne résonne plus lors de ses congrès. Le parti est un parti "RESPONSABLE", de gouvernement, de réforme, de changement, de rénovation, on peut en rajouter des kilomètres, mais pas un parti de "lutte".

Sur ce terrain, on a (avait?) Lutte Ouvrière, avec la chère Arlette. Alors bien sûr, pas question de fricoter avec ce concept, gauchiste irresponsable, et d'utiliser le même vocabulaire.

La CGT, en Saône et Loire,  tenait récemment son congrès. Extraits du canard local :

"Pour conclure ce congrès, Jean-Pierre Gabriel a appelé les 180 délégués présents, de la CGT et des autres syndicats, « à mettre en œuvre une véritable lutte des classes du XXIe siècle, pour affronter la perversité du système capitaliste »."

Bon, eux ils chantent encore l'Internationale, alors on peut pas comparer. Eux, ils sont dans les usines, les ateliers, les bureaux, les manifs et les défilés, peut-être qu'on n'a pas le même point de vue, le nez sur le bitume, que du haut des chaires électives. Eux, ils proclament la lutte permanente, forcément, si on suivait, on aurait du mal.

Mais attention, le PS voit bien qu'il se passe des choses dans le pays, que les gens ne sont pas trop contents. Il y en a même qui s'énervent. Alors on agit.

On visite quelques usines en grève, on va dans quelques manifs, quand la mayonnaise est déjà bien montée, on interpelle gravement à l'Assemblée, dans les conseils généraux, régionaux, etc...

On ose même affirmer, dans l'Hebdo de mars 2009, numéro spécial, " Les Socialistes à l'écoute de la colère sociale".

Difficile de ne pas la voir, cette colère, et elle est facilement illustrée dans l'Hebdo. Difficile de ne pas la comprendre, l'analyser, la montrer.

Plus difficile apparemment de la partager, de s'y associer. On est à "l'écoute", pas avec, pas dedans. L'écoute, en travail social au moins, est une technique de base : en écoute, on reformule, mais on reste bien en distance du malaise des personnes, on ne rentre pas dans "leurs problématiques", pour jargonner un peu.

Le PS est donc bien à l'écoute, pas avec, pas dedans, à l'extérieur. La colère, il ne la partage pas, la craint même un peu : des débordements sont si vite arrivés. Et surtout, que faire?

Ah si, on a trouvé.

" L'Europe : la première réponse des socialistes." Je ne rigole pas, c'est texto le sommaire du numéro spécial. Les prochaines échéances sont justement les élections européennes, n'y voyez là qu'une coïncidence.

Et je reviens à mes luttes.

Non, le parti n'est pas dans les luttes, les combats quotidiens de toutes les catégories de salariés (y compris les chômeurs) pour améliorer ou seulement préserver les conditions de vie, de travail, de santé, etc... le parti est dans les campagnes électorales, internes, nationales, locales, européennes, etc.

Il est dans le jeu des chaises musicales, "je te pique ta place, mais tu en auras une autre la prochaine fois, promis juré".

Alors plus que la lutte des classes, c'est la lutte même que le Parti a abandonné. Il a remplacé ce mot par stratégie, ce qui n'est quand même pas la même chose. C'est la lutte des places (désolé, j'ai pas pu m'empêcher).

Et quand des millions de français bouillent de colère, le Parti leur répond " je vous ai compris". Pas bête, les français, ils ont un peu de mémoire et se souviennent de De Gaulle, on leur refera pas deux fois.

Allez, pour se la remettre en tête :


09.12.2007

le changement, c'est maintenant

b5e34169b5da8ee82a67d398e0a6311e.jpgLe commentaire que Félix (pas le chat)- voir lettre à un premier fédéral...- est de ceux que j'appelle constructifs : il permet de préciser des points de non-doctrine qui me semblent importants.

Ce blog est un outil parmi d'autres, un vecteur, pas un acteur. Si les remarques, coups de gueule, applaudissements (il y en a), ont la faveur du webtorat, cela ne fait de l'auteur de ces notes ni un leader, ni un porte parole. Cela serait gravement contraire à ce que  je souhaite : que chacun puisse s'exprimer là où il est, à sa manière, avec ses mots et ses arguments, et ne pas suivre tel ou tel chef de file...

Alors oui, il y a des réunions que je zappe, où je pourrais porter mes coups de colère face à des gens bien assis sur leur chaud  coussin de convictions et d'intérêts, et moi bien installé dans mon rôle d'opposant. C'est un exercice, je l'avoue, que j'aime plutôt bien, mais quid de ceux qui sont dans le même état d'esprit, à quelques dièses et bémols près, ou pas d'accord sur tout??

Ils assistent à une joute oratoire, comptent les points...et repartent rassurés ou déçus....

"oui, mais toi tu..." moi, j'aurai les arguments, la facilité de parole, un statut ???

Que nenni, camarades, je suis un lambda, comme toi, un sans grade qui n'a pas plus de légitimité que le dernier des adhérents, mais j'en réclame autant que le premier des adhérents...

Ce qui compte, c'est que TU prennes la parole, avec tes mots, tes arguments, tes facilités et difficultés, et qu'ON t'écoute et TE respecte. Là, je sais qu'il y a encore du chemin, pas pour toi, pour les ON qui "nous dirigent" sur le sentier de LEUR DESTINEE...

En ce moment, j'ai trois casquettes, alors je me suis mis des priorités :

1) un engagement Droit de l'Hommiste, où l'on voit certes des individus membres du parti, mais que le parti, à quelques exceptions notables (dans toute ses acceptations) a du mal à suivre. Il est des silences au plan national qui font du bruit.

2) un engagement syndical, où là effectivement j'ai un statut, un rôle de représentation (et les avantages du droit syndical...) et que je découvre : je suis en apprentissage.

3) un engagement politique au sein d'un parti.

C'est classé dans l'ordre, c'est à dire celui où je sais pouvoir faire le mieux et le plus vite bouger les choses. La chasse à l'éléphant et aux lionceaux n'est QUE le prolongement des deux engagements précédents.

Sur la toile, j'envoie comme des bouteille à la mer des commentaires, des infos, des questions....Si ça réagit, comme Félix, c'est bien, un débat s'instaure. Si on me snobe, au moins ça me défoule, et c'est toujours ça de pris.4c698eb357a90514baa88caabe73dd4d.gif

Je souhaite un changement de pratiques, qu'on sorte de ces combats des chefs stériles, ce n'est pas pour me faire hisser sur un pavois.

Pour bien illustrer tout ça musicalement, une tite chanson que "je kiffe trop grave" (ça fait djeun) d'un mec qui aurait du éviter les hélicoptères comme un autre un putain de camion.

Je vous collerai Lazziza un de ces 4!

Le genre espèce disparue, quoi...

  

 Et comme je vous ai entraîné un peu dans mon espace personnel, je n'hésite pas, je double avec la même, interprétée par un métèque suisso-moldave, ou un truc comme ça, vous ferez votre choix...

 

02.12.2007

renovation ou andouillette?

Vendredi soir, j'ai honteusement séché une réunion du parti sur la Rénovation (bien mettre la majuscule...) Je sortais d'une réunion sympa avec quelques copains/copines sur un sujet léger : les sans papiers, et une andouillette m'attendais à la maison. Mon choix rabelaisien fut radical : at home, les pieds dans les pantoufles, plutôt qu'une figuration même intelligente sur un sujet où tout est déjà cadré.

 

T'es de mauvaise foi, vont me dire les camarades...Euh, je ne fais que suivre les consignes : "La question n’est plus de savoir s’il faut accepter ou non le compromis entre la démocratie et le marché (c’est le produit du siècle) mais porte sur la nature du rapport des forces qu’implique ce compromis." Donc première question qu'on ne pose pas.

 

Ensuite : "Il faut en effet, d’abord caractériser clairement le capitalisme contemporain fondamentalement financier dans une économie de marché mondialisée. Le critère souvent exclusif de la valeur de l’action en bourse amène à oublier le long terme et à tout externaliser en causant des coûts sociaux et environnementaux dont le traitement est abandonné à la collectivité publique. Il faut donc dire quelles sont les régulations nécessaires à mettre en place au niveau de l’entreprise, au niveau national, au niveaux européen et mondial lorsqu’ils sont pertinents. Cela engage à redéfinir le rôle des États. Cela amène aussi à s’interroger sur les moyens de faire que le système productif participe à la réduction des inégalités au lieu de les développer, en internalisant les coûts sociaux et environnementaux, car tout ne peut plus être attendu d’une redistribution qui atteint ses limites. Une réflexion claire sur ce qui est du ressort des services publics et sur ce qui est de celui du secteur privé est nécessaire, ce qui n’exclut pas de s’interroger sur les partenariats non moins nécessaires. Dans ce domaine, il faut aussi nettement poser les bases de ce que doit et peut être un modèle de développement socialiste intégrant l’efficacité économique et la responsabilité écologique"

Là, je vous en ais mis long, pour ceux qui ne connaissent pas le dialecte socialiste, ça vous donne une idée. Pas obligé de tout lire ni de tout comprendre, c'est pas fait pour, c'est fait pour bien montrer que ça cogite dur dans les cerveaux de l'état major. Ce petit surf m'a conforté dans mes choix :

 

1) l'andouillette, aux coquillettes, était excellente, comme d'habitude...

 

2) rentrer dans un débat où tout est déjà bien cadré par la rue de Solférino, je ne pouvais que me cogner aux cadres (théoriques et physiques!) et en revenir tout énervé. Je reserve mon adrénaline pour ce qui avance vraiment.

 

Vous avez encore un doute? Essayez de visionner les vidéos du ps sur ce sujet :

 

Donc c'est clair : on touche pas à l'économie de marché, mais il doit bien y avoir des petits trous où on pourra faire un peu de politique de gauche...Comment aider les patrons à être mieux de gauche? Et un super reportage sur une coopérative bio, sûrment fort respectable, mais je les connais, les RMIstes et autres chômeurs, ils sont capables de préfèrer les ailes de poulet pas chères, pas bio, élevées en batteries, à un bon poulet bio de bresse. Salauds de pauvres qui ne jouent pas le jeu...
Allez jusqu'au bout de la vidéo (oui, je sais, c'est dur, mais faites un effort, que diable!) et visionnez le passage hallucinant sur la gratuité.
Vieux militant parent d'élèves, je me demandais ce que le ps avait à dire la dessus. La belle Anne Hidalgo ne m'a pas déçu : un exercice de langue de bois dans le plus belle tradition, et l'intervenante en face qui s'emmele les fils sur Internet, j'ai pas tout compris , mais selon elle, c'est super bien. y'a plus qu'à équiper tout le monde et apprendre aux gens à s'en servir, mais ça, elle oublie d'en parler....
Alors si j'avais eu deux secondes de mauvaise conscience (tu fais pas ton boulot, camarade), je suis libéré : je n'aurais rien apporté dans cette mascarade : comment rénover sans rien changer...
Et pour finir sur une note concréto-musico-humoristique :

06.11.2007

Les vrais enjeux du PS

8c5780eeb0c84fd1d6bd8413522ad1a1.jpg Attrapé dans Libé en ligne ce jour :

 http://www.liberation.fr/actualite/politiques/289452.FR.php

Traité européen. Le PS doit trancher ce soir sur une ratification par voie parlementaire.
MATTHIEU ÉCOIFFIER

"Ouistes et abstentionnistes ne veulent pas aller au clash. «On n’est pas d’accord, il y a une majo pour le oui et une mino pour l’abstention et on avance», explique un dirigeant pour qui «l’ambiance est plutôt à laisser filer et à ne pas s’emmerder sur ce sujet. Ce n’est pas sur le traité européen que doit se faire la future majorité du parti». «J’espère que tout le monde aura la sagesse d’être sage»,ajoute un responsable fabiusien."

La messe est dite. Le sujet ne mérite pas.... on ne va pas s'emmerder...

Ce qui compte VRAIMENT, c'est QUI va diriger le parti demain, en haut, et en dessous, qui seront les chefs, sous chefs et sous chefs adjoints....

Après, avant, ils nous parlent de démocratie participative, de se rapprocher du peuple. Pipeau, le conseil national est ce soir, la décision est prise, même les militants ne sont pas, ne seront pas consultés.

Ne parlons pas des retournements de vestes, attendons les re retournements... Ils ne  vont pas tarder.

Je râlais hier sur l'absence de réaction du parti, c'est devenu plus qu'une habitude, une marque de fabrique....Regardons au loin, vers l'horizon pur de nos aspirations les plus nobles, mais ne mettons pas les pieds dans la bouse fangeuse dans laquelle nos concitoyens se démènent...

Ce qui se joue au niveau national est le reflet des pratiques sur le terrain. pas un seul mail d'interpellation, pas un seul questionnement sur ce sujet dans mon département (71) théoriquement noniste.

Une trés rapide recherche sur la toile, la réponse se profile....

On trouve sur le Journal du Dimanche de ce jour :

Les socialistes entre oui et rien

Par Florence MURACCIOLE
Le Journal du Dimanche

http://www.lejdd.fr/cmc/politique/200745/les-socialistes-...

Arnaud Montebourg, qui ne désespère pas de jouer un rôle sur le devant du PS, il cherche quelle est la meilleure stratégie pour lui: il se verrait bien jouer les réconciliateurs du camp du "oui" et de celui du "non".

le 24 octobre, le Figaro écrivait :

« Demander un référendum, c'est un minimum », expliquait la semaine dernière Arnaud Montebourg.

Le pape bressan a parlé : soyons d'abord stratèges, les débats d'idées....pschitt, c'est pas fondamental. Et entre les chefs, les sous chefs, les contre chefs et les couvre chefs, il y a besoin de médiateurs... C'est une façon comme une autre de gravir son petit escalier.

Alors revigorer la gauche, la rénover... Changer les têtes, ça oui, il y a des partisans. Changer les méthodes... j'ai l'impression de pisser dans un violon.

J'entends déjà les commentaires (comment peuvent-ils encore leur plaire???...)

"Tu comprends, il faut voir plus loin (d'où : voir plus haut) ne pas se laisser embarquer par la stratégie de Sarkozy, on a des cartes à préserver, des échéances à préparer...."

On est loin de mon litre de gasoil et du prix de la baguette de mon voisin...

Et là je deviens populiste... N'en jetez plus, on me l'a assez répété. Si populiste c'est poujadiste, certes non, mais si par populiste, vous entendez langage du peuple, alors là je revendique ce mot tombé en désuétude. Quant à ce peuple dont on ne parle plus, il est en désespérance d'un projet de société.

Mais je ne désespère pas de retrouver quelques utopistes, maisoixantehuitards attardés sûrement, pour rêver quelques secondes d'un autre avenir possible, et pas ailleurs ou autre part....

Pour résumer, on se concentre sur l'essentiel : le combat des chefs. La suprématie de la loi du marché sur celle des solidarités, c'est bien joli, mais ON n'a pas le temps....

Je crois que je vais aller tailler mes rosiers, ça me fera du bien....