01.10.2008
Sarko, Bush, Wall Street, tous de gauche !
Incroyable, depuis quelques jours, tout le monde est d'accord pour dire que seule la puissance publique et financière des états peut sauver le monde. J'entends à longueur de journée les chroniqueurs financiers parler de nationalisation, de prise de pouvoir indispensable, de sauvetage par les états, l'Europe, de nos pauvres banquiers en déroute.
On va même, c'est pas sûr mais on y pense, utiliser l'argent des ces salauds de pauvres (petits épargnants) qui planquent leur fric sur les livrets A. On ne rigole pas avec ces choses là, c'est sérieux, il pourrait même y avoir des PDG ruinés. Mais Super Etat est là, avec ses petits bras costauds, qui va vous régler tout ça.
Notre Super Duponzy national nous a refait le siège de Toulon, mais ne s'est pas endormi sur un tambour après la bataille. Comme l'autre historique, quelques minutes de sommeil suffisent au grand stratège, réveil au clairon le lendemain à 5 heures, tout le monde de la finance au garde à vous, et que je vais vous rassurer les marchés, et que je vais sauver les entreprises.... J'ai 2 ou 3 milliards qui sommeillent, servez vous....
La veille, c'était le marasme, la dette publique , l'obligation de se serrer la ceinture pour les français, les suppressions d'emplois de fonctionnaires, la privatisation de la Poste, etc.... Aujourd'hui, c'est Miterrand au pouvoir, on rachète des boites (qui coulent...), l'intervention de l'état bénie par les ultra libéraux.
Certains, si ils étaient malins, ou bien de gauche, y verraient la preuve que le marché ne se civilise pas, ne se raisonne pas, qu'il n'a d'autre objectif que lui même, et que cette crise est bien la preuve qu'il faut sauver les services publics, contrôler les marchés financiers, interdire certaines pratiques douteuses, faire la chasse aux paradis fiscaux, au secret bancaire, nationaliser pour de bon une ou deux banques incontournables.
Mais non. J'ai entendu le sieur Hollande expliquer comment, en baissant certaines charges sociales, en facilitant le crédit aux entreprises, etc... ça pourrait aller mieux, mon brave monsieur. Mais augmenter les salaires, on dirait qu'il n'y pensait pas.
Ah si, il a suggéré de "relancer les négociations salariales". Monsieur le gentil patron, allez discuter salaires avec les syndicats (là où il y en a), et revenez nous voir... On se donne six mois, un an?
Et bien sûr tous les experts de tous bords (enfin, ils sont tous du même bord) de se lancer dans de savantes explications. Mais il y une chose où TOUS les français sont experts, c'est le caddie de la ménagère, le pouvoir d'achat. L'état est le premier employeur, qu'il montre l'exemple et augmente les salaires des fonctionnaires, surtout les basses catégories. Il a un autre levier, le SMIC. Au lieu de baisser les charges, augmentons le.
"Il n'a jamais été aussi facile d'être de gauche, vu la crise actuelle" a dit Hamon (cf le Temps, par exemple). Mais la gauche qui desespèrement essaye de se construite une bonne image social-démocrate : "le marché, je le respecte, faut être de son temps..." est paumée. Comment, le marché n'est pas parfait, c'est une impasse, on utilise l'argent des contribuables pour... la liste est longue...???Diantre, serait-ce possible?
Alors oui, Sarko, Bush et les autres utilisent les moyens censés être de gauche, parce que c'est la seule solution. Ca devrait donner à réflechir, non?
En attendant, je crois que je vais retirer mes petites économies de mon livret A, pas envie de les donner aux patrons...
La virgule finale s'impose naturellement, mais je ne connaissais pas le clip.... Je vous laisse interpréter les images.
23:06 Publié dans construire, humeur, résister, société | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : crise, sarkosy, bush
16.02.2008
De la perte des valeurs...
Ce tableau de Dali est l'image qui m'est venue à l'esprit quand j'ai parcouru les prises de positions sur la proposition de Sarkozy de "confier la mémoire d'un enfant victime de la Shoah à chaque élève de CM2".
D'un coté, un réaction sans appel de Simone Veil qui juge l'idée insoutenable (voir notamment l'article de Rue 89).
Extrait de ses propos cités dans l'Express.fr :
"A la seconde, mon sang s’est glacé". (...)
"C’est inimaginable, insoutenable, dramatique et, surtout, injuste. On ne peut pas infliger cela à des petits de 10 ans! On ne peut pas demander à un enfant de s’identifier à un enfant mort. Cette mémoire est beaucoup trop lourde à porter. Nous mêmes, anciens déportés, avons eu beaucoup de difficultés, après la guerre, à parler de ce que nous avions vécu, même avec nos proches. Et, aujourd’hui encore, nous essayons d’épargner nos enfants et nos petits-enfants. Par ailleurs, beaucoup d’enseignants parlent -très bien- de ces sujets à l’école."
Alors que de nombreuses associations, dont L'Union des Etudiants Juifs de France, la Licra, le MRAP, etc, et tout le milieu éducatif dénonce cette initiative malsaine (le mot est faible) et que certains socialiste font corps avec ces réactions, je suis resté SUR LE CUL en apprenant que François Hollande et Malek Boutih, secrétaire national aux questions de société, approuvent la position de Sarko (un lien presse parmi d'autres : le Parisien du 15 février).
Bien sûr l'UMP fait bloc derrière son chef, mais l'autorité morale de Simone Weil sur ce sujet balaie d'une pichenette cette position.
Ce qui m'inquiète le plus - hélas toujours sans surprise-, c'est la cacophonie du ps sur ce sujet, son incapacité à se positionner sur des grands principes, et à cet égard ce sujet est révélateur.
La Shoah, dont il faut certes respecter le drame et ne pas l'oublier, c'est l'extermination des juifs, hommes, femmes et enfants.
Mais cette extermination a eu d'autres victimes : les tsiganes et autres rRoms, les homosexuels, les opposants politiques, etc...
Pourquoi ne pas en parler?
Au delà du débat pédagogique - qui devrait se clore sur la réaction sans appel de Simone Veil - c'est une certaine conception de l'égalité devant la souffrance qui est mise en cause.
l'Egalité, ça figure bien dans une certaine devise, non?.
L'Egalité devant l'horreur, il semble que le ps ne soit pas au clair sur ce sujet...
Alors que certains nous disent : on est en campagne, silence dans les rangs (je sais, je me répète, mais ça me soulage...) nos grosses têtes tiennent des propos...inqualifiables.
Au delà de la colère, je me sens gagné par la honte... Dur à reconnaître, mais si je suis honnête avec moi-même (avec avec mes webteurs/trices), c'est bien le sentiment qui est le plus fort aujourd'hui sur ce sujet.
Et si on revient sur le terrain politique (mes états d'âme ne vont pas intéresser tout le monde), cela veut dire que certains socialistes auraient pu proposer la même chose...
Et certains utopiste au sein du parti qui réclament un vrai projet...
Pour la conclusion musicale, vous n'y échapperez pas, un classique de Jean Ferrat qui resitue bien le problème...
12:10 Publié dans construire | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : sarkosy, shoah, hollande, valeurs, nuit et brouillard, ferrat

