30.01.2008
le ps, l'europe et la Patrouille de France
Dans le dernier hebdo des socialistes, c'est à une véritable prouesse de haute voltige que se livre le parti pour expliquer "la position des socialistes" sur le traité de Lisbonne. Je crois qu'on est bon pour intégrer la Patrouille de France.
Quelques morceaux choisis (mes commentaires en bleu):
"Quelle conséquence juridique aurait le rejet du projet de révision constitutionnelle (étape 1)?
Si la Constitution n'était pas révisée, cela interdirait tout simplement de passer à l'étape 2, celle de la ratification du traité de Lisbonne. Inversement, l'adoption de la révision ne préjuge ni de l'adoption ou non du projet de traité lui-même, ni du mode de ratification, parlementaire ou référendaire.
Donc, si on vote pas, on peut pas signer le traité de Lisbonne...Ainsi, le 28 février 2005, la révision préalable à la ratification du traité constitutionnel avait été adoptée par le Congrès de Versailles par 73 voix contre 66 ; cela n'avait pas interdit ensuite au chef de l'État de soumettre au vote des Français le projet de traité, et aux Français de le rejeter le 29 mai 2005. Les parlementaires socialistes avaient approuvé cette révision par 86 voix (1 seul avait voté contre, 57 s'étaient abstenus). "
Je résume : on s'est planté la dernière fois, on va pas se replanter à nouveau. On a voté pour un référendum qui a donné un résultat contre nous, on ne va pas aller contre un projet qui nous est favorable (signer le traité...) Ou : on n'est pas pour d'être contre, mais contre l'approbation des oppostitions qui confirmeraient un rejet...
Là, on est carrément dans les noeuds marins...
Quid du référendum sur lequel les socialistes se sont engagés lors des deux dernières campagnes électorales?
Les socialistes ne renoncent pas à l'exigence d'un référendum.1I est légitime que le peuple français soit à nouveau consulté sur les suites données à son vote de rejet du 29 mai 2005. C'était un engagement du PS lors des campagnes présidentielle et législative. C'est la raison pour laquelle les parlementaires socialistes déposeront une motion référendaire. Ce qu'elle contient? Une demande de référendum.
On ne renonce pas, camarades... petite explication de texte au passage : que contient un motion référendaire? Des fois qu'elle aurait contenue de la confiture de fraise...On nous explique bien les choses (et ça fait autant de lignes de gagnées).
Sur quoi peut-elle déboucher? Si elle est adoptée, sur un référendum. Si cette motion est repoussée, la droite portera seule la responsabilité du choix de l'adoption par voie parlementaire.
C'est confirmé, si ça passe, on n'aura pas de la confiture de fraise (tant mieux, je préfère la myrtille). Si elle est repoussée - ça serait étonnant, quand même :):)- eh ben, ce sera pas notre faute... La méchante droite aura encore frappé.
Pourquoi s'abstenir le 4 février et dire oui les 5 et 6?
L'argument de cohérence est avancé. D'abord, le traité de Lisbonne, s'il est loin de correspondre à nos attentes, présente l'intérêt de relancer une Europe aujourd'hui en panne.
A force de faire des noeuds et des loopings, on se télescope. Le Traité de Lisbonne est bon , on va pas le bloquer.Ce n'est pas l'avis de tout le monde ,et en tout cas, on n'a rien demandé au peuple, qui pourrait sottement penser que c'est le même traité, vendu sous une autre appellation...
Mais on est quand même "attachés à la procédure référendaire" (excusez moi si ça fait répétition, mais c'est dans le texte).
Alors on va se battre très fort pour un truc perdu d'avance, mais on aura bonne conscience. Moi, je veux bien passer pour un débile (je reste poli), mais des fois, je sature un peu. Là, on décroche le pompon, ça rame sévère....
Comme tout meeting aérien, il faut un bouquet final :
22:10 Publié dans humeur | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : ps, europe, contorsions, traité de lisbonne, 4 février
20.01.2008
Que choisir?
On continue dans les parallèles historiques.
Selon Wikipédia :
"Le serment du Jeu de paume est un engagement d’union pris le 20 juin 1789 à la salle du Jeu de paume, à Versailles, par les 577 députés du tiers état aux états généraux de 1789. Face aux pressions du roi de France Louis XVI, ils firent serment de ne pas se séparer jusqu’à l’écriture d’une Constitution. Si ce serment n’a pas de portée juridique, son impact symbolique est très fort."
J'insiste un peu sur la fin de l'extrait. Le serment du Jeu de paume n'avait pas de portée juridique. Diantre, et cela a fait autant de bruit???
Alors passons du 20 juin 1789 au 4 février 2008. La donne a un peu changé. Les socialistes se lancent courageusement dans la bataille : ils iront à Versailles, ils siégeront. Et moi qui voulait les faire bosser sur l'immigration...ça sera pour plus tard.
Après, chacun se dem... Enfin la majorité officielle est pour une abstention forte et affirmée. Mais chacun fait ce qu'il veut, on aura du oui, du non, de l'abstention, on sent bien, là, une unité et une résolution inébranlable du parti.
Et si le 20/06/1789, l'union fut forte pour l'écriture d'une constitution, le 4/05/2008, la débandade sera générale pour le détricotage de la souveraineté du peuple et du pouvoir des députés.
Un certain Jaurès a déclaré : «La République c'est le droit de tout homme, quelle que soit sa croyance religieuse, à avoir sa part de la souveraineté.»
On est bien parti...
Et l'abstention sera, de facto, une acte de collaboration à ce détricotage. J'ai dit collaboration? comme c'est bizarre...
"L'humour noir étant la politesse du désespoir" (Achille Chavée), pas de musique pour finir, un grincement de dent permanent par un maître du genre!
10:20 Publié dans construire, liberté, résister | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : choix, débandade, ridicule, ps, desproges, serment du jeu de paume, traité de lisbonne
15.01.2008
Il n’y a pas de bon vent pour le marin qui ne sait pas où il va…
"Ce que je vais proposer, c’est qu’après le prochain congrès socialiste, le futur ou la future premier secrétaire s’achète une boussole. En souvenir de Sénèque, qui, il y a fort longtemps, nous expliquait qu’il n’y a pas de bon vent pour le marin qui ne sait pas où il va."
Cette phrase de Emmanuelli, dans le Libé du 15/01/08, méritait d'être reprise. Merci à la webtrice qui me l'a signalée.
Ça résume assez bien l'ambiance au parti : on ne sait plus trop où aller, mais de toutes façons, pas trop vite...
Je vois trois groupes : ceux qui veulent se bagarrer, les Emmanuelli, Melenchon, Dolez, Hamon, Lienemann et les autres, je vais en oublier...
Ceux qui disent : "tout est perdu fors l'honneur" sauf que l'honneur on va se le perdre bien comme il faut, si ce n'est déjà fait : les Ayrault, Hollande et compagnie qui proposent d'aller à la pêche le 4 février.
Enfin les ventre mous, les "faut voir", chacun fait comme il veut, dont Montebourg est les premier porte parole.
Si si, Montebourg ventre mou, c'est bien ce que vous avez lu et que j'ai écrit. C'est fini, le héraut des tribunes, le héros des tribunaux, le Zorro de la 6ème République. Aujourd'hui, il dit : "que chacun fasse selon sa conscience", il ménage la chèvre et le chou, il ne se mouille pas. Lui il va aller voter contre, c'est bien, mais n'a pas signé l'appel des parlementaires à l'heure où j'écris, et ne va pas se fâcher avec ses petits camarades qui seront ailleurs.
"De l'audace, encore de l'audace, toujours de l'audace..." Non, n'est pas Danton qui veut...
L'heure est à la retraite (de Russie). Si on veut pantoufler plus tard, il faut bien faire quelques concessions, s'adapter, enfin bref, rentrer dans le moule.
Alors pour la boussole, il ne faut plus compter sur lui. Parce que cette boussole, il faudra savoir la lire et tenir le cap...Aujourd'hui le ps navigue sans azimut, azimuté, complètement à l'ouest... C'est la panique chez les géographes...
Je me répète, mais bloquer Sarkozy à Versailles, c'est lui infliger d'abord une défaite politique. Si après on veut se bagarrer pour ou contre le traité de Lisbonne, rien de tel qu'un petit référendum, comme on l'avait promis...
Bon, puisqu'on est dans le maritime, deux monstres sacrés du bretonnisme militant, autour d'un classique du genre (et moi, ça me rappelle mes vacances de Noël, que du plaisir...)
19:10 Publié dans construire, résister | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : ps, deboussolé, emmanuelli, montebourg, versailles, traité de lisbonne, congres

